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Politique

Requisition des médias

Collectif Stop Bolloré : une initiative contre la concentration des médias au service de l’extrême-droite

Mardi, le collectif StopBolloré publiait une tribune dénonçant la mainmise de Bolloré sur un vaste empire médiatique permettant de répandre son idéologie réactionnaire. Une initiative contre la concentration des médias et leur mise au service de l'extrême-droite

jeudi 17 février

Mardi, le collectif StopBolloré publiait une tribune suivie d’une conférence de presse mercredi dénonçant la concentration des médias dans les mains de Bolloré et d’une poignée de milliardaires. Sur son vaste empire médiatique Bolloré répand son idéologie réactionnaire. Rassemblant 80 associations, médias, maisons d’éditions et syndicats dont la CGT, Attac, Solidaires, Le Media ou encore Nantes Révoltée ainsi que 300 personnalités, le collectif pointe « cette entreprise visant à utiliser le pouvoir économique, pour asservir l’information, en vue d’acquérir le pouvoir politique et d’instaurer une hégémonie liberticide et antidémocratique. » Se présentant comme un « front de la société civile », le collectif est « déterminé à dénoncer et à entraver ce processus ».

A travers Vivendi, Bolloré possède C8, CNews, Canal +, Prisma Media, leader français de la presse magazine, une centaine de maisons d’éditions de livres représentant la moitié des livres de poche et bientôt 70% des manuels scolaires. Une concentration de médias entre les mains d’un réactionnaire assumé, connu pour sa mainmise sur les lignes éditoriales, notamment celles de ses chaines télé. (un peu redondant)

En 2020, après le rachat de Canal + par Bolloré, les employés relevaient ainsi un bouleversement de la ligne éditoriale dans un « climat de terreur », ayant entraîné le licenciement brutal de plusieurs figures de la chaine ainsi que le départ « volontaire » de plusieurs centaines d’entre eux. Une dynamique qui s’était déjà faite sentir lors du retour de Zemmour sur CNews en 2019. De même, la prise de contrôle d’Europe 1 cet été par Bolloré avait été marquée par un fort tournant à droite de toute la rédaction, l’arrivée d’une ancienne de « Valeurs Actuelles » à la tête du service politique et des licenciements contre les chroniqueurs et journalistes refusant la nouvelle ligne politique et de direction de la radio.

Cette ligne politique Bolloré, c’est une information traitée sous l’angle sécuritaire, des « débats » animés et alimentés par des polémistes proches de l’extrême droite et de la droite ultraconservatrice avec entre autres Zemmour ou encore Elisabeth Lévy et le tapis rouge à des penseurs d’extrême droite conspirationnistes comme Renaud Camus.

Si devant la très complaisante commission d’enquête sur la concentration des médias Bolloré affirmait n’avoir « jamais fait de politique », c’est un tout autre discours qu’il tient en privé. Selon Vincent Beaufils, journaliste auteur d’une biographie de Bolloré, celui-ci n’a aucun mal à assumer en privé son pouvoir de production idéologique et politique, affirmant « Je me sers de mes médias pour mener mon combat civilisationnel  » et pointant «  l’invasion migratoire  ».

En période de campagne électorale, cette mainmise de Bolloré, d’une poignée de milliardaires et de grands groupes comme Bouygues sur des médias de grande écoute se fait ressentir de manière particulièrement criante. Les relevés du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel montrent ainsi que les candidats ayant bénéficié du plus de temps de parole entre le 1er janvier et le 13 février sur CNews étaient Zemmour (plus de 18% du temps total de parole des candidats) et Le Pen (plus de 14%). Ces données sont uniquement quantitatives et ne permettent pas de refléter le climat réactionnaire général présent sur la chaine, de ses débats à son traitement de l’actualité.

Cette concentration médiatique, et la mainmise sur la ligne éditoriale qui va avec, est un phénomène qui s’étend au-delà de la galaxie Bolloré. Les médias sont tenus à 90% par les entreprises du CAC40, ainsi les industriels les plus riches de France comme Bernard Arnault, famille Bouygues ou encore la famille Dassault ont leur empire médiatique. Aussi, la "Bollorisation" des médias s’observe jusque dans les médias publics.

Ainsi, Zemmour a pu dérouler ses idées nauséabondes à la matinale de France Inter du 7 février. La radio a par la suite relayé avec complaisance ses interventions sur twitter.

Contre la Bollorisation des médias, c’est une lutte acharnée qu’il faut mener dans la rue et les entreprises contre ces milliardaires qui s’approprient des médias qui ne servent que leurs intérêts en répandant un flot d’idées nauséabondes. Il est également primordial de défendre les médias indépendants, harcelés et menacés par le gouvernement à l’image de Nantes Révoltée !



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