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Jeunesse

L’ISLAMOPHOBIE N’EST PAS UN DROIT, ELLE SE COMBAT !

Communiqué du NPA Jeunes. L’islamophobie n’est pas un droit, elle se combat !

Alors que nous vivons depuis une vingtaine d’années en France un climat de stigmatisation des musulman-e-s entretenu par les médias dominants et les gouvernements successifs, il est légitime que la défense d’un « droit à l’islamophobie » provoque l’indignation.

jeudi 5 septembre

Source du communiqué : ici

Henri Pena-Ruiz distingue le racisme antimusulman de l’islamophobie, qui se réduirait selon lui à la seule critique de l’Islam en tant que religion. Mais même replacé dans ce contexte, le propos ne peut qu’encourager le racisme ambiant envers les musulman-e-s parce qu’il prend de plus en plus les apparences respectables d’une certaine critique de la religion et d’une instrumentalisation du principe de laïcité. Les tentatives récurrentes d’interdire aux femmes voilées l’accès aux espaces et services publics en sont un exemple frappant, et Henri Pena-Ruiz y a participé en tant que membre de la “commission Stasi” qui a préparé la loi d’interdiction du voile à l’école de 2004. Tout cela participe de la représentation d’un « ennemi intérieur » adhérent d’un Islam “incompatible avec la république” bien commode à l’impérialisme français pour faire accepter ses interventions militaires dans les pays du Moyen-Orient. L’islamophobie doit être considérée comme une forme de racisme. Et le racisme n’est pas un droit, il se combat !

En choisissant comme priorité politique la défense "du droit de critiquer l’Islam", Henri Pena-Ruiz choisit de se battre contre le fantasme d’un “Islam politique” français qui serait assez puissant pour menacer ce droit, plutôt que de se ranger du côté des travailleur·euses des quartiers populaires, des migrant·es et des victimes de l’impérialisme directement menacé·es par cette offensive de la bourgeoisie. Il manipule les mots de façon abstraite, alors que le mot “islamophobie” s’est imposé avec un sens qui désigne l’hostilité à l’égard des musulman-e-s y compris du point de vue de ces dernier-e-s, tout comme le mot “antisémitisme” s’est imposé avec un sens qui désigne l’hostilité à l’égard des juifs.

Nous condamnons fermement l’agression physique par un cadre de la FI de Taha Bouhafs, journaliste et militant, qui s’est indigné des propos d’Henri Pena-Ruiz sur les réseaux sociaux. Le “droit à la critique” ne semble pas valoir dans tous les sens : en réponse, Sophia Chikirou a associé les militants antiracistes présents de “petits caïds”.

L’invitation d’Henri Pena-Ruiz est révélatrice des ambiguïtés politiques de la France Insoumise, qui se sont illustrées dans les débats autour du voile de Myriam Pougetoux (UNEF), de Ilham Moussaïd (candidate du NPA) ou plus récemment lorsque le coordinateur de la France Insoumise Adrien Quatennens a assimilé le port du burkini à un “intégrisme religieux”. Maintenir des positions fermes contre l’extrême-droite religieuse qui se nourrit de la misère sociale ne nécessite pas ce genre d’amalgames. Ces ambiguïtés sont en partie liées à la stratégie électorale de la FI qui cherche à chasser sur le terrain du Front National.

Or, ce n’est pas par la compromission que nous vaincrons le Front National, mais par la construction d’une conscience de classe internationaliste, partagée entre croyant-es et non-croyant-es, par la lutte contre les véritables causes de misère. En cela, nous nous retrouvons dans ce qu’écrivait Lénine sur la religion, le 3 décembre 1905 : “L’unité de cette lutte réellement révolutionnaire de la classe opprimée combattant pour se créer un paradis sur la terre nous importe plus que l’unité d’opinion des prolétaires sur le paradis du ciel. ”




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