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Monde

Confinement à double vitesse

Confiné sur son île, le milliardaire Richard Branson ose demander des aides de l’État !

Où sont les « assistés » ? L’histoire de ce multimilliardaire, racontée par Libération, dépeint avec brio et paillettes les magouilles des grands capitalistes qui n’hésitent pas à demander des millions aux États (c’est-à-dire l’argent des contribuables) quand eux même ont accumulé des milliards et qu'ils arrivent par tous les moyens à contourner la fiscalité !

jeudi 30 avril

C’est le journal Libération qui a révélé l’affaire. En pleine crise du Covid-19, 85% des avions de la compagnie Virgin Atlantic sont cloués au sol. L’actionnaire majoritaire, Richard Branson, rencontre alors certaines difficultés financières.
Pour y parer le multimilliardaire n’hésite pas à utiliser les matelas les plus abjects. Avec une fortune estimée approximativement à 4,2 milliards de dollars (sa fortune ayant bien grossi depuis 2009, malgré les secousses de la crise des subprimes, où elle n’était alors « que » de 2,6 milliards de dollars). Le multimilliardaire et propriétaire de la marque Virgin Group fait tant dans le transport aérien, que les sodas, les transports ferroviaires, la téléphonie mobile, la finance ou encore le tourisme spatial (liste non exhaustive). Un groupe qui emploie au total plus de 70 000 personnes.
Dans un premier temps, les ressorts ont été constitués de son personnel en leur faisant prendre huit semaines de congés sans solde au cours des trois prochains mois. Comment ces travailleurs et travailleuses vont-ils vivre avec l’équivalent de deux mois sans salaire ? Ce n’est pas son problème me direz-vous car, s’il est milliardaire, il l’a mérité par la sueur de son front ! (et aucunement par l’exploitation des travailleurs et travailleuses).
Enfin, pour éviter la faillite totale de l’entreprise, il a demandé au gouvernement britannique un prêt estimé à 572 millions d’euros en donnant comme garantie son île privée luxueuse de 30 hectares, depuis laquelle il télétravaille pendant le confinement. A ce propos, il n’hésite pas à se raconter et trop en dire : « moi et ma femme n’avons pas quitté le Royaume-Uni pour des raisons d’évasion fiscale mais pour notre amour des îles Vierges britanniques et particulièrement de Necker Island ». Il est pourtant bien un exilé fiscal et au regard de la grossièreté de sa demande, sous les projecteurs médiatiques, le gouvernement britannique répond, pour le moment, un catégorique « non ». Pourtant, le gouvernement anglais avait déjà versé 22 millions de livres sterling en 2018, et de 14 millions en 2017 à Virgin Altantic sous forme de crédit d’impôt.

Privatisation des pertes et socialisation des profits

En France le schéma est le même : pour le Plan d’urgence face à l’épidémie, l’État français a versé 20 milliards d’euros pour les « entreprises stratégiques » et seulement 1,3 pour le personnel de la santé. Dans le même sens, le gouvernement a prévu 24 milliards d’euros pour le chômage partiel. Une mesure qui, comme nous l’avions relaté, profite « à un grand nombre de patrons et d’entreprises – y compris les plus grosses – [leur permettant] de ne pas mettre la main à la poche et de préserver leurs bénéfices, qui se chiffrent pourtant en milliards d’euros pour certaines ».

Quand ces « entreprises stratégiques » font des milliards de bénéfices d’autre part : Airbus a annoncé, pour le premier semestre 2019 un bénéfice net de 1,197 milliard d’euros, l’entreprise PSA a enregistré elle un bénéfice net record en 2019 de 3,2 milliards d’euros. Et où l’évasion fiscale est estimée elle entre 80 et 100 milliards d’euros par an en France selon un rapport Oxfam.
L’exemple de Branson montre encore une fois l’absurdité du fonctionnement capitaliste en socialisant toujours les pertes et en privatisant toujours les profits jusqu’à atteindre des chiffres tels que 1% des plus riches détiennent plus de la moitié de la totalité des richesses mondiales selon un autre rapport Oxfam ; et ceci toujours au détriment de notre classe, des travailleurs et travailleuses.
Crédits photo : Photo Todd VanSickle. AP




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