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Politique

Edito

Confinement général : des garanties pour les patrons, rien de concret pour les travailleurs !

Macron a décrété sans le dire le « confinement » du pays. Aussitôt décrété, Castaner a annoncé un déploiement de 100 000 policiers et gendarmes pour contrôler les contrevenants moyennant amendes. Des mesures répressives d’un nouveau type pour imposer la « discipline » combinée à toujours plus de garanties pour le grand patronat qui ne risquera pas « la faillite ». D’un côté, les entreprises bénéficient de garanties royales : pas de facture d’eaux, électricités…. Pour les salariés, que des paroles. Eux seront amenés à se déplacer « pour aller travailler » et risquer la contamination !

mardi 17 mars

Crédits photos Usine Nouvelle

Report des réformes en cours, dont celle des retraites, et du deuxième tour des municipales, aide de 300 milliards pour les entreprises avec annulation des taxes fiscales et sociales, fermeture de l’espace Schengen, restriction des déplacements avec potentielles sanctions, des amendes comme l’a précisé Castaner. L’allocution de Macron, ce 16 mars, n’a pas manqué d’annonces fortes pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Pourtant, en termes de mesures concrètes, le naturel est revenu au galop : Des garanties pour les patrons, rien de concret pour les travailleurs ! Des précisions sont attendues dans la soirée et les jours à venir.

« Nous sommes en guerre », a répété le président. « En guerre sanitaire certes, mais l’ennemi est là. Invisible, insaisissable », a t-il précisé. « Les regroupements extérieurs ne seront plus permis, retrouver ses amis ne sera plus possible : il s’agit de limiter les contacts au maximum au delà du foyer [...]Partout sur le territoire français, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires, pour faire ses courses, en respectant les distances, pour se soigner, pour aller travailler. [...]Toutes les entreprises doivent s’organiser pour faciliter le travail à distance. Et quand ça ne sera pas possible, elles devront adapter leur organisation »,a indiqué Macron, tout en ajoutant que « toute infraction sera sanctionnée ». En d’autres termes, et même si les termes n’ont pas été explicites.

C’est Castaner qui a précisé les modalités de ce confinement généralisé qui a été officieusement décrété par le Président. Des mesures accompagnées par « un dispositif de contrôle qui sera mis en place par les forces de l’ordre. Il reposera sur des points de contrôle fixes, mais aussi des contrôles mobiles, sur les axes principaux et secondaires, partout sur le territoire national. Il mobilisera plus de 100 000 policiers et gendarmes », a précisé le ministre de l’intérieur. « Toutes les personnes devront être en mesure de justifier les déplacements. […] Toute infraction sera punie d’une amende de 38 euros, voire 135 euros », a-t-il asséné. Si l’armée n’est pas pour l’heure mobilisée sur le terrain du « maintien de l’ordre », c’est un confinement par la matraque en bonne et due forme. Et il est, dans le même temps, demandé de passer par le télétravail si possible, sinon de se déplacer « pour travailler ».

Une incapacité à gérer la crise sanitaire Tout pour les grands patrons, rien pour les travailleurs !

En amont de cette déclaration solennelle à la nation, le discours du gouvernement et des représentants LREM visait à une forme de décharge sur la population de l’aggravation de la situation. Le discours de Macron n’a pas dérogé à la règle, et c’est même cet élément qui est avancé comme justificatif aux mesures les plus drastiques. « En bravant ces consignes, vous ne vous protégez pas vous-mêmes, mais vous ne protégez pas les autres. Même si vous ne présentez aucun symptôme vous risquez de mettre en danger la vie de ceux qui vous sont chers » , a ainsi déclaré le président.

Pire encore, si le président s’est engagé solennellement à aider les personnels soignants en masques et en matériel pour pouvoir faire face à la crise (encore heureux !), la seule mesure concrète annoncée a été, pour la région Grand Est, le concours de l’armée a été mobilisé l « pour déplacer les malades les plus infectés et réduire la congestion ». Une goutte d’eau, tant les retours du terrain montrent déjà un épuisement des effectifs dans les régions les plus touchées, en particulier le Grand Est, et un manque criant de matériel nécessaire, ouvrant la porte à un scénario à l’italienne où les personnels médicaux ont dû, face à l’afflux de malades, choisir qui soigner en priorité.

Aucune embauche annoncée, pas de précisions sur la production de masques et de matériels nécessaires, pas de réquisition du secteur privé de la santé pour soutenir l’effort contre le COVID-19. Pareillement, le président s’est contenté d’une prise de position solennelle pour le soutien aux personnes les plus précaires, précisant que personne ne sera laissé « sans ressources ». Là encore, on reste dans le flou, sans annonce, par exemple, de réquisition de logements vides pour les sans-abri, avec ou sans papier, qui se voient surexposer au Coronavirus dans la rue. Enfin, pour l’ensemble des travailleurs forcés à poursuivre les activités dans des secteurs non-essentiel, rien de concret !

Par contre, « aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite » a annoncé le président, sans s’arrêter pour le coup à une simple prise de position de principe. Ainsi, nous apprenons que 300 milliards d’euros d’aides seront apportés, quelle que soit la taille des entreprises. Comme si, au final, il était possible de mettre sur le même plan petite PME et multinationale. Les charges fiscales sont suspendues, tout comme les charges salariales, les factures d’eau, de loyer ou d’électricité. Une générosité réservée aux entreprises, et dont ne bénéficieront pas les particuliers. Solennellement, le président a précisé que « l’Etat paiera », sur le plan sanitaire comme pour le soutien aux plus grandes entreprises qui, jusqu’à présent, ont continué à maintenir la production et donc les profits, mettant en danger la vie des travailleurs.

Dans ce contexte, l’allocution de Macron ne confirme qu’une chose : Il est impossible de leur laisser gérer la crise ! Il est urgent d’exiger que les salariés travaillant dans les usines « non essentielles » n’aient pas à risquer leur vie, en devant produire des biens qui aujourd’hui sont inutiles, d’autant plus que la crise sanitaire chamboule nos vies ! Pas une usine d’armement ne doit rester en marche, de même pour les usines fabriquant des machines-outils, ainsi que l’ensemble des usines aéronautiques et industrielles. Si certaines usines ferment leurs portes, c’est une bonne chose, mais généralement, c’est lié aux baisses de commandes, et ce n’est en aucun cas pour des raisons sanitaires, laissant les intérimaires sur le carreau ! Il faut exiger le maintien des salaires à 100% par le patronat et non par la sécurité sociale, notamment concernant les grandes entreprises ! « Nos vies valent plus que leurs profits ! »




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