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Conforama : 1900 personnes licenciées, seulement un début ?

Le mardi 2 juillet dernier, la direction de Conforama a confirmé la suppression de 1900 postes et la fermeture de 42 magasins, dont 10 Maison-Dépôt. Si cette même direction, interrogée par l'AFP, a affirmé qu' « il n'y avait qu'un seul plan », un projet de liquidation totale de la chaîne en France semble être la volonté des créanciers aux commandes.

vendredi 12 juillet

Après plusieurs mois d’opacité et de manoeuvres, la direction de Conforama a confirmé mardi 2 juillet un « plan social » qui entraînera le licenciement de 1900 salariés, soit plus de 20% des effectifs du groupe au 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018.

Les dirigeants de la firme n’ont pas hésité à mentir pour étouffer dans l’oeuf la contestation des employés, retenant jusqu’au dernier moment l’information : c’est par la presse et non par l’entreprise que certains ont appris l’existence de ces licenciements !

La colère s’est pourtant exprimée, à travers plusieurs grèves et plusieurs manifestations. Les salariés méprisés, bien déterminés à faire entendre leur voix, ont investi le comité central d’entreprise du jeudi 11 juillet, destiné à l’origine à permettre la discussion entre les représentants syndicaux et la direction.

Cette dernière s’est saisie de cette « perturbation » pour décider de façon unilatérale le report de cette réunion au lendemain. Malgré le boycott des différents syndicats et élus, le groupe a maintenu et officialisé le lancement de son plan de suppression de postes.

Toutefois la bataille se déroule sur deux axes différents : non seulement le licenciement de 1900 travailleurs et travailleuses sur l’autel du profit est une attaque d’ampleur qu’il faut dénoncer et combattre sans relâche, mais les projets des capitalistes aux commandes semblent encore plus effrayants.

En effet, les différents créanciers de la dette du groupe Conforama envisagent plusieurs perspectives afin de tirer le maximum de profit de l’enseigne, et notamment par la vente des actifs immobiliers, c’est-à-dire la vente des magasins. Une vente « à la découpe » qui rapporterait jusqu’à 800 millions d’euros à ces créanciers qui n’ont que faire de l’emploi ou de ruiner des vies tant que leur profit financier est assuré. Certains de ces vautours sont des groupes bien connus, comme la banque d’investissement Goldman Sachs, spécialiste du démantèlement d’entreprises pour maximiser les profits en broyant les travailleurs.

C’est dans cette logique que ces groupes détenteurs de la dette de l’entreprise ont non seulement remplacé le PDG Alexandre Nodale en avril dernier au profit d’un binôme particulièrement efficace en matière de liquidation d’entreprises, mais aussi révoqué le directeur général Frank Deshayes sans donner de raisons précises.

Si Conforama fait la une cette semaine, la situation fait écho aux autres entreprises qui tentent d’imposer des « plans sociaux », joli nom pour des licenciements massifs, comme le géant de l’automobile Ford ou la septième plus grande entreprise mondiale General Electric.

A l’heure où nous parlons de milliers de vies bouleversées, de milliers d’existences brisées, de milliers de personnes dont le quotidien va s’effondrer du jour au lendemain, certains ne voient que leur profit et la défense de leurs intérêts financiers. Les grèves à Conforama vont certainement se poursuivre, mais face aux attaques qui se multiplient, il faut dès maintenant pousser à une unification de toutes ces luttes existantes !

Crédit photo : UL CGT LA GARDE




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