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Conforama en grande difficulté économique, des milliers d’emplois en danger

La situation de Conforama, l'enseigne d'ameublement française, en difficulté économique, menace des milliers de travailleurs de perdre leur emploi.

mardi 19 mai

 Crédit photo : Illustration, LaDepeche.fr. DDM, N.B. 

Avec ces 8600 salariés et 310 magasins, la chaîne de magasins Conforama est l’une des principales entreprises d’ameublement sur le territoire français. Cela fait plusieurs moi que l’entreprise dit être en grande difficulté économique, fermant 42 magasins et licenciant 1 900 travailleurs fin 2019. Les deux mois de confinement, où les magasins étaient évidemment fermés, n’ont pas arrangé les finances de l’entreprise.

Aujourd’hui, l’entreprise, qui risque la faillite, n’a réouvert qu’une vingtaine de ses magasins depuis le début du déconfinement et menace de mettre au chômage ses salariés ainsi que de baisser fortement l’activité, voire de faire licencier une partie des 20 000 travailleurs des fournisseurs et fabricants qui dépendent de l’enseigne.

Pour pallier à son déficit, Conforama demande un près de 322 millions d’euros pour lequel l’Etat s’est porté garant à 90%, mais sans aucune garantie du côté du maintien des postes des salariés de l’entreprise.

La BNP-Paribas, une des quatre banques à prêter à l’entreprise d’ameublement, bloque quant à elle les négociations, en jouant aux abonnés absents dans les réunions. La banque tient entre ses mains l’avenir de millier de travailleurs. Si la réponse concernant le prêt est négative, cela engendrera inévitablement un dépôt de bilan et donc le licenciement de la totalité des salariés de Conforama qui, selon Libération, « a fait savoir au ministère de l’Economie que les salaires ne pourront pas être versés au-delà du mois de juin » et dépend donc de ces 322 millions d’euros pour continuer son activité.

Boursedirect nous éclaire sur les tractations et les opportunités qu’ouvrent la quasi-faillite de Conforama pour d’autres grands patrons : « les malheurs de Conforama donnent des envies d’union au concurrent But, qui revendique la deuxième place sur le marché, derrière le géant suédois Ikea. Son PDG Alexandre Falck a évoqué auprès de l’AFP un "projet d’alliance de deux marques qui vivraient et seraient en saine concurrence sur le marché, pour qu’elles puissent continuer à se développer toutes les deux". Ce projet se ferait "sous conditions", détaille-t-il. "OK pour reprendre les magasins, le personnel et les outils logistiques, OK pour payer les fournisseurs car ce sont les mêmes que les nôtres et on a besoin qu’ils survivent". En revanche, But "ne mettra pas un sou pour assurer les retours sur investissements exorbitants qui avaient été prévus par les créanciers". But "cherche à profiter de la situation de blocage", rétorque la même source proche du dossier. "Ce qui les intéresse, ce n’est que certains actifs et non l’ensemble de l’activité et des salariés". »

Si BUT rachète Conforama, là non plus, aucune garantie pour les salariés de Conforama de ne pas subir de licenciements. Un responsable syndical confie à Libération : « Dans 90 villes de France, nous sommes en concurrence frontale et nous visons les mêmes clients. Je ne vois pas comment But et Conforama pourraient coexister ». Il serait donc peu probable que le rachat de BUT permette de sauver l’emploi des 8 600 travailleurs de Conforama.

Comme nous l’écrivions ce lundi, dans les nombreuses situations similaires causées par la crise, pour les patrons, administrateurs et actionnaires, c’est un jeu de poker qui engage éventuellement des bouts de leur portefeuille, mais qui ne les empêchera surtout pas de se recaser ailleurs. Pour les salariés, c’est la perspective du chômage, de la précarité et du flicage avec les nouvelles lois sur l’assurance-chômage. Pour des villes et des régions qui sont dépendantes de certaines industries, cela signifie aussi la perte potentielle de centaine de milliers d’emplois. Pour que ce ne soit pas aux travailleurs de payer la crise, il s’agit de revendiquer l’interdiction de tous les licenciements et le partage du temps de travail entre toutes et tous !




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