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Conseil de défense : Castex annonce de nouvelles mesures répressives dans les écoles et sur les réseaux sociaux

A l’issue d’un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale, qui s’est tenu ce vendredi 23 octobre, Jean Castex a fait une série d’annonces qui viendront se greffer au projet de loi « contre les séparatismes », censé être présenté en conseil des ministres à la fin de l’année.

samedi 24 octobre

Jean Castex, accompagné de Gérald Darmanin et Eric Dupont-Moretti à l’issue du conseil de défense à l’Elysée le 23 octobre. Crédit photo : Reuters

Après l’assassinat d’un enseignant à Conflans, Jean Castex a annoncé de nouvelles mesures répressives visant la « protection » des écoles en plus d’une « surveillance » accrue sur les réseaux sociaux. Présidé par Emmanuel Macron, on peut s’attendre à ce que de nouvelles mesures répressives et sécuritaires soient prises régulièrement lors de ces nouveaux conseils, qui se tiennent désormais et ce depuis, l’assassinat du 16 octobre, chaque semaine.

Lors de ce dernier conseil de défense qui a permis selon le chef du gouvernement "de faire le point sur les mesures nouvelles pour renforcer notre capacité opérationnelle", le conseil a décidé de compléter le projet de loi de deux nouvelles dispositions : « Le renforcement de la protection des fonctionnaires et des agents publics » en sanctionnant ceux qui émettraient des propos faisant pression sur ces derniers, (référence à l’assassinat de Samuel Paty) et le renforcement de la plateforme « Pharos » censée « lutter contre la haine en ligne » mais qui est en réalité, un instrument de contrôle et de surveillance de la population, en terme d’effectifs de police. Un pôle spécialisé au sein du parquet de Paris sera créé pour centraliser les poursuites. Cette nouvelle plateforme repose sur la délation et sur le fait de « signaler un contenu suspect ou illicite », est constitue un outil de contrôle idéal dans la période où un quelconque post, tant qu’il sera en lien avec l’Islam pourra être signalé puis supprimé et son auteur, poursuivi.

Le premier ministre s’est par ailleurs félicité des 1279 signalements émis sur la plateforme, qui ont débouché sur 27 arrestations, des « 56 visites domiciliaires » selon ses mots, ont déjà été réalisées par la police, suite au lancement de la vaste opération policière, lancée une semaine auparavant dans les quartiers ainsi que de la fermeture administrative de la mosquée de Pantin. Il a ensuite annoncé que « D’autres dissolutions et fermetures interviendront dans les prochaines jours ». Ces fermetures de mosquées, visant ainsi directement les musulmans et musulmanes font suite aux annonces de lundi dernier sur la dissolution d’associations musulmanes, constituant la concrétisation de la loi sur le « séparatisme » sur fond d’islamophobie d’Etat, en plus une véritable attaque contre les droits démocratiques. De plus, Marlène Schiappa a annoncé à L’Obs qu’elle avait obtenu la création d’une « unité de contre-discours républicain sur les réseaux sociaux » pour selon ses mots « lutter contre le cyber-islamisme ».

L’offensive islamophobe débutée il y’a plusieurs années s’intensifie largement depuis ces dernières semaines et encore d’avantage depuis l’attentat à Conflans. Le discours de l’exécutif visant à stigmatiser les musulmans se durci toujours plus pour chercher à construire l’ennemi intérieur en la figure du musulman représentant l’altérité et un danger pour la République elle-même ainsi que pour les valeurs qu’elle est censée véhiculer. Depuis des années, ces valeurs, et notamment celle de liberté d’expression sont brandies par la classe politique pour pointer du doigt et réprimer la communauté musulmane qui vit déjà au quotidien, de nombreuses discriminations et violences institutionnelles. Castex a également annoncé que « d’autres mesures sont encore à l’étude » qui seront annoncées dans les prochaines semaines, il sera question notamment du renforcement de la sécurité des espaces scolaires ainsi que l’instauration de rondes et de patrouilles régulières.




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