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Qui paye les actionnaires ?

Considérable restructuration pour Suez : dégager toujours plus de cash

Le géant mondial, Suez, doit annoncer une lourde restructuration, visant la vente de plusieurs filiales afin de satisfaire les demandes de dividendes de ses actionnaires.

vendredi 20 septembre

Le groupe Suez est le deuxième plus gros gérant d’eau courante et de déchets du monde, il possède dans de nombreux pays les entreprises gérant ces services. Un plan de restructuration était dans les esprits depuis quelques temps, il a été précisé ce mercredi 18 septembre durant le conseil d’administration et des annonces seront faîtes le 2 octobre prochain.

Selon BFM Business, ce sont trois secteurs qui seront visés, notamment sous la pression d’un des actionnaires, Amber, qui malgré les quelques pourcents de part réclame au groupe plus de dividendes et le conseil d’administration se dirigerait donc vers la vente de plusieurs filiales pour satisfaire ces actionnaires.

Les groupes United Water (filière américaine) et Agbar (filière espagnole) seraient donc cédés, toujours selon BFM Business, permettant au groupe de dégager plus de 3 milliards d’euros. Des doutes subsistent sur les contours exacts de la restructuration, mais les activités de traitement de déchets en Europe (Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne) seraient également ciblées pour 1 milliard de plus.

Dégager du cash, à quel prix ?

Le géant mondial est dans une passe difficile en bourse selon les observateurs, ce qui justifierait les ventes à venir. Pourtant, en 2018 le groupe a sorti plus de 17 milliards de chiffre d’affaire. Les injonctions aux profits dirigent bien sur le plan de restructuration à venir, il s’agira de suivre les conséquences concrètes de ces transferts d’activités, car « plus de profits » dans la bouche des actionnaires rime toujours avec « faire payer la note aux salariés ».

Pour ne donner qu’un exemple, suite à la cession de l’activité ‘’exploration-production‘’ d’Engie à la société britannique Neptune Energy, ce sont 111 travailleurs qui se retrouvent sur le carreau. En effet, suite au rachat l’entreprise a décidé de fermer l’activité, les syndicats ont récemment réagit dans une communiqué unitaire : « Quinze mois après son achat, Neptune Energy révèle son vrai visage de prédateur en décidant, après avoir pillé les activités et les données stratégiques, de fermer définitivement l’ancien centre névralgique de l’entreprise et de licencier tous ses salariés ». C’est un cas récurrent lors des changements de propriétaires.

Au-delà des cessions d’activités, les restructurations internes du groupe Suez sont également dévastatrices, depuis la fusion en 2008 des groupes GDF et de Suez en France, près de 2000 emplois ont été supprimés sur le territoire selon les syndicats.

La France à la tête des marchés mondiales de l’eau

Au-delà de ce plan, il faut constater l’hégémonie française dans la gestion des eaux mondiales, Suez étant deuxième derrière un autre groupe français : Veolia. Les deux géants gèrent à eux deux le traitement et l’accès à l’eau potable pour des millions de foyers. Alors que la gestion des eaux restent des charges publiques dans de nombreux cas, les deux entreprises s’emparent dès que possibles des marchés qui s’ouvrent, notamment en Chine.

Des marchés que les géants défendent évidemment bec et ongles, le cas du conflit entre le gouvernement Argentin et Suez en est un bon exemple. Suez a en effet fait payer 288 millions d’euros lorsque le gouvernement à souhaité récupérer la gestion de ses eaux à Buenos Aires, remplaçant Aguas Argentinas (filiale de Suez) par une entreprise majoritairement contrôlé par l’État.

Dans cette affaire, le gouvernement Argentin pointait le fait que Suez n’avait pas respecté le contrat, en investissant peut, notamment concernant la qualité de l’eau potable dans la capital Argentine. Cela pose une question importante, à qui laisse-t-on gérer l’accès à l’eau pour des millions de personnes ?

Ces entreprises françaises ne voient que le profit et leurs actes vont dans ce sens. Alors qu’une crise mondiale du climat est ouverte, que la question de la gestion de l’eau, une ressource vitale, est posée, ces entreprises prospèrent et profitent impunément sur une ressource aussi importante. D’autant plus que ce sont également elles qui sont en charges du traitement des déchets, autre enjeu important pour l’avenir environnemental.

C’est en ce sens que, comme pour le cas du secteur de l’énergie, face à l’urgence environnementale nous défendons la nationalisation sous contrôle des salariés des entreprises qui gèrent ces ressources vitales pour l’humanité et pour toute la vie dur la planète. Notre planète est trop précieuse pour la laisser entre les mains de ces actionnaires dont les seuls intérêts ce sont les profits. Dans le cas de Suez il s’agit aussi de préserver les emplois menacés par ce plan.




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