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Contre la misère et l’effondrement du service public, les manifestations se multiplient au Venezuela

Ce lundi 28 septembre, au moins 20 manifestations ont eues lieux dans différentes régions du Venezuela, contre les pénuries d'électricité, d'eau potable, de gaz domestique et d'essence. Dans l'État de Yaracuy, l'épicentre des protestations, elles étaient pratiquement généralisées.

mardi 29 septembre

Article initialement publié en Espagnol sur La Izquierda Diaro Venezuela

Le Venezuela traverse la pire crise de son histoire récente, avec l’effondrement des services publics, l’hyperinflation et près de sept ans de récession. Depuis la semaine dernière, une généralisation des centres de protestation s’est développée dans de nombreux régions du pays. Dans celle du Grand Caracas, des déploiements de police aient été observés lundi en prévision d’éventuelles actions.

Le fait est que la crise prolongée a conduit la population à descendre spontanément dans la rue, se confrontant à la répression des forces de police et la Garde nationale bolivarienne (GNB). Le salaire minimum officiel a atteint un dollar par mois. Une situation de misère absolue pour les masses ouvrières et populaires.

Si le premier épicentre de contestation se situé, la semaine dernière, dans l’État de Yaracuy c’est maintenant au tour de l’État insulaire de Nueva Esparta de ce retrouver au centre du mouvement. Ici, en un jour, il y a eu 17 sites de protestation dans huit municipalités de l’État. Les rues et les avenues ont été bloquées par des barricades pour exiger la restitution des services publics.

Tout comme cela s’est produit dans plusieurs municipalités de l’État de Yaracuy, plusieurs personnes auraient été officieusement arrêtées à Nueva Esparta pendant les manifestations.

Dans d’autres villes des États de Falcón, Aragua, Anzoátegui, Lara, Bolívar et Sucre, les manifestants ont pris le relais, tous écrasés par les mêmes graves problèmes auxquels toute la population est confrontée, l’effondrement des services publics auquel s’ajoute la grave pénurie de carburant qui oblige les gens à faire la queue pendant des jours devant les stations-service.

On a pu le constater dans l’État central d’Aragua, où les habitants de la ville de San Mateo, dans la municipalité de Bolivar, ont envahit les rues, dénonçant la faillite des services les plus élémentaires

Dans l’État d’Anzoátegui, les habitants ont repris les rues de Brisas del Mar à Barcelone, l’avenue Igor Rodríguez à Guanta et le secteur de La Caraqueña à Puerto La Cruz après plusieurs mois sans eau potable. Sur l’Avenida Libertador à Barquisimeto, les habitants de Bararida ont protesté contre les carences des services publics, tandis qu’à la station-service de San Luis, les conducteurs ont exigé des livraisons d’essence.

Dans le cas de l’État de Sucre, les forces de police ont dispersé avec des lacrymogènes et des coups de feu une manifestation réclamant le gaz domestique, un produit rare dans tout le pays et qui oblige des millions de personnes à cuisiner avec du bois de chauffage. Au moins une personne a été blessée par ce qui semble être des tirs de plombs. A Carúpano, des membres de la Garde nationale bolivarienne (GNB) et de la police ont réprimé à coups de chevrotine et de gaz lacrymogène les habitants du secteur de Playa Grande, qui sortaient de leurs maisons pour réclamer eux aussi du gaz domestique.

Depuis le début des manifestations à Urachiche, le mardi 22 septembre, les habitants de Chivacoa, Nirgua, Cocorote, Sabana de Parra et San Felipe sont sortis pour réclamer une amélioration des services publics. En outre, une trentaine de personnes ont été arrêtées et un bâtiment public a été endommagé après une série de manifestations antigouvernementales samedi dans cet État.

L’Observatoire vénézuélien des conflits sociaux (OVCS) a recensé depuis vendredi près de 100 manifestations dans presque toutes les régions du pays en raison des mêmes défaillances des services publics. Selon les chiffres de l’OVCS, le Venezuela a connu au mois d’août 748 manifestations contre la précarité et le manque de services, notamment la pénurie d’essence, mais aussi par la difficulté d’accès aux médicaments et à la nourriture et la pulvérisation des salaires.

Dans ce contexte général de misère et de pénueries, il est nécessaire, pour les masses populaires vénézuélienne, d’établir un programme d’urgence, avec des mesures radicales et anticapitalistes et qui visent à ce que les travailleurs prennent le contrôle des espaces clés de production et de distribution. Il s’agit là de la seule façon d’éviter une précarisation de masse, et que ce soit au peuple vénézuélien de payer cette crise féroce qui dure depuis six longues années.

Traduction : Julian Vadis




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