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Société

Trafic de drogue à Saint-Ouen

Contre la répression policière, légalisation des drogues pour mettre fin au trafic !

Ce dimanche 10 mai, deux cents habitants de Saint-Ouen se sont rassemblés devant la mairie à l'appel du collectif « Saint-Ouen Debout » pour dire « stop » à la violence, après une série de fusillades, liées au trafic de drogue, dont la dernière, fin avril, a fait 3 blessés. Issues des quartiers populaires, ces femmes, qui constituent le collectif, s’expriment contre le l’augmentation des forces policières et réclament plus de prévention auprès des jeunes des quartiers, estimant ainsi que « rajouter, renforcer les forces policières, non ce n’est pas une réponse du tout ».

jeudi 14 mai 2015

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Le collectif, qui a demandé à être reçu « par le maire » mais aussi « par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors de sa venue à Saint-Ouen, en juin », n’a pas tardé à recevoir une réponse par médias interposés. Qu’il s’agisse de William Delannoy, le maire de droite, de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, ou du ministre de l’intérieur, une seule réponse : plus de répression ! Plus de 40 CRS seront ainsi déployés, en plus d’un renforcement de la « vidéosurveillance » et d’un travail plus étroitentre la police municipale, la police nationale et les douanes.

Si le gouvernement et ses relais locaux s’acharnent à renforcer l’arsenal répressif c’est bien parce que la « guerre à la drogue » est avant tout une guerre sociale et sert des objectifs politiques. En maintenant sa politique de prohibition du cannabis, le gouvernement maintient et légitime « de fait » le trafic, stigmatisant de la sorte, les jeunes des quartiers populaires, qui subissent eux tous les jours, la violence de ce système, en l’occurrence, chômage, précarité, répression policière, contrôles au faciès et racisme d’Etat. De ce fait, en s’attaquant au « problème » de la drogue, le gouvernement nous détourne du véritable problème, le chômage de masse, et la misère économique.

Après l’union nationale, l’interdiction des manifestations, la répression du mouvement social et syndical, et dans la continuité du flicage qu’il souhaite généraliser avec sa loi sur le renseignement, le gouvernement souhaite, sous prétexte d’une « chasse aux dealers », prévenir toute mobilisation de la jeunesse des quartiers populaires, contre ce système d’oppression et d’exploitation, à l’image de la révolte des banlieues en 2005 ou de la jeunesse noire de Baltimore, aux Etats-Unis, mobilisés contre les violences policières et la répression.

Alors que gouvernement et patronat sont à l’unisson pour maintenir le chômage de masse et augmenter la répression, la jeunesse et les travailleurs des quartiers populaires doivent leur opposer leurs propres solutions. Pour la fin des emplois précaires et du chômage de masse, pour un emploi stable pour tous et une allocation d’autonomie pour les jeunes ! Et pour combattre ces soit disant « mafias », la solution, ce n’est ni la répression des « dealers », ni celle des « consommateurs », le plus souvent venus des beaux quartiers parisiens, mais la légalisation des stupéfiants, à commencer par le cannabis, comme pour l’alcool ou le tabac, ainsi que leur commercialisation et leur vente par l’Etat, accompagnées d’une politique de sensibilisation et de prévention à l’école.

NPA Saint-Ouen




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Répression   /    Société