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Europe forteresse

Contre les migrants, la Grèce achète des canons à son capables de lésions irréversibles

Après le drame à Ceuta montrant le renforcement répressif aux frontières européennes, un nouvel arsenal a été développé par la Grèce à l’encontre des migrants. Une de ces technologies phares : une arme de harcèlement sonore capable d’atteindre le volume acoustique d’un réacteur d’avion.

jeudi 3 juin

Crédit Photo : David McNew / AFP

Le voici le voilà, le fameux « monde d’après » que nous n’attendions pas. La Grèce est en ce moment en train de tester des méthodes « non-létales » pour dissuader toute traversée de la frontière Evros avec la Turquie.

Au cœur de ce nouvel arsenal répressif les canons à son. Ces armes de dissuasion et de répression développées dans les années 2000 vont pour la première fois être utilisées pour surveiller les frontières européennes, en association avec une nouvelle muraille métallique, mais aussi divers drones, tours d’observations nocturnes, surveillance par intelligence artificielle, etc.

Mais les armes sonores ne sont pas choses nouvelles : du Vietnam au Panama en passant par la Palestine, elles sont historiquement utilisées à usage punitif visant une population sur le plan militaire. Le canon sonore, aussi appelé LRAD (Longue Range Acoustic Device) a dores et déjà fait ses preuves en tant qu’outil répressif lors de manifestations, notamment aux Etats-Unis, en Honduras, au Japon, en Israël, ou à Hong-Kong.

Pouvant tirer des rafales sonores qui atteignent les 162 dB, ce matériel émet un son orienté, extrêmement strident et aigu, aussi puissant qu’un réacteur d’avion. Or à partir de 85 dB les sons peuvent devenir nocif pour l’oreille tandis qu’ils dégradent rapidement l’audition dès 110 dB. De fait, sa capacité à mettre en danger la population n’est plus à prouver. Les vitres des bâtiments peuvent se fissurer. Le dispositif est capable de désorienter un homme mais aussi d’endommager son système nerveux.

Cela illustre bien la politique de chasse à l’homme que les pays européens mènent contre les peuples qui fuient les guerres, la pauvreté ou les crises politiques dont ils sont les victimes, et dont les pays impérialistes sont à l’origine.

Mais cette politique de surveillance des frontières maritimes est largement impulsée par la France et l’Allemagne à travers l’Union Européenne qui fait subir une pression énorme aux pays concernés, notamment la Grèce. C’est la Commission européenne qui « a fourni à la Grèce des centaines de millions d’euros depuis 2015 pour faire barrage, autant que possible, à la frontière extérieur de l’Union » déclare Tineke Strik, eurodéputée néerlandaise de retour d’une mission en Grèce. La présidente de la Commission européenne avait même remercié la Grèce de faire office de «  bouclier pour l’Europe  ».

Alors que l’UE prévoit encore de multiplier son investissement dans la protection des frontières avec un budget prévisionnel de 35 milliards d’euros, il est plus qu’urgent de dénoncer la responsabilité des pays impérialistes – au premier rang desquels la France et l’Allemagne- de revendiquer la nécessité d’ouvrir les frontières aux réfugiés, tout en mettant fin aux guerres impérialistes qui mettent à feu et à sang leurs pays d’origine.




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