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Politique

Offensive anti-sociale

Contre-réforme des retraites : Edouard Philippe veut repousser l’âge de départ à 67 ans

Dans une interview pour Challenges, Edouard Philippe a annoncé consécutivement son soutien à la candidature de Macron et son souhait d’un recul de l’âge de départ à la retraite à 67 ans. Sous pression, Castex a très vite temporisé, mais les classes dominantes restent déterminées à imposer cette réforme. Il faudra la combattre.

vendredi 1er octobre

Crédits photo : Charles Platiau, Reuters

Ce jeudi, l’ancien premier ministre de Macron, Edouard Philippe accordait une interview au magazine Challenges. Il y est revenu sur la nécessité de réduire la dette et a présenté en ce sens la réforme des retraites comme « la première réforme » à faire. Pour lui, « la seule solution raisonnable est d’allonger la durée de vie active en repoussant l’âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans ».

La déclaration venait ponctuer une interview dans laquelle Edouard Philippe a réaffirmé son « soutien complet » à la candidature d’Emmanuel Macron aux présidentielles de 2022 ainsi que le lancement de son parti politique le 9 octobre prochain. Sans surprise, l’ancien premier ministre venu de la droite est au diapason de l’agenda des classes dominantes qui réclament depuis des années une telle réforme. Quand on sait que l’espérance de vie en moyenne en France, en bonne santé est de 64,1 ans pour les femmes et de 62,7 ans pour les hommes, celle-ci n’entérine rien de moins qu’une volonté que les travailleurs se tuent au travail.

Face à une déclaration aussi radicale, l’actuel premier ministre, Jean Castex a été obligé de temporiser, expliquant au Midi Libre qu’il fallait « attendre le bon moment » pour mettre en place la réforme des retraites, tout en critiquant le niveau de recul de l’âge de départ à la retraite proposé par son prédécesseur. « Je n’ai pas souvenir que, dans le projet de loi qu’il avait lancé, il y avait écrit cet âge de 67 ans... » a expliqué Castex.

Pourtant, si les deux locataires successifs de Matignon affichent un léger désaccord, c’est probablement que Edouard Philippe jouit d’une plus grande liberté de ton, tandis que Castex souhaite éviter de mettre de l’huile sur le feu à quelques mois des présidentielles. Mais ce pseudo-désaccord cache mal le fait que, Macron et l’ensemble des classes dominantes sont déterminées à imposer une réforme des retraites violemment anti-sociale.
Revenue sur la table à plusieurs reprises ces derniers mois, celle-ci ne l’a d’ailleurs quitté que par crainte de déclencher un mouvement social d’ampleur. Toujours plébiscitée par la bourgeoisie, la mesure est vouée à revenir. Alors qu’entre la crise sanitaire, l’augmentation du coût de la vie et la réforme de l’assurance-chômage les travailleurs en première ligne sont toujours plus attaqués, il est impératif de se préparer à répondre à cette offensive des classes dominantes.




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