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Débats

Hebdo l'Anticapitaliste

Contre tout projet de scission, un congrès démocratique pour relancer le NPA en tant qu’organisation révolutionnaire utile à notre classe

Nous relayons ci-dessous une tribune publiée dans l'Anticapitaliste contre la scission du Nouveau Parti Anticapitaliste, pour un congrès démocratique afin de relancer le NPA en tant qu’organisation révolutionnaire utile à notre classe. Un texte signé par des militants des courants de gauche du parti : le Courant Communiste Révolutionnaire, Anticapitalisme et Révolution, et Démocratie et Révolution (Anasse Kazib, Daniela Cobet, Gaël Quirante, Armelle Pertus, Yvan Lemaître, Galia Trépère, Jean-Philippe Divès, Marie-Hélène Duverger).

samedi 31 octobre

Article publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste - 541 (29/10/2020)

Début octobre, des camarades du NPA publiaient dans l’Anticapitaliste un appel « Vite, un nouvel élan pour le NPA ! ». Ce texte, rendant compte des débats d’une réunion de la plateforme U (PfU) du Congrès de 2018, dresse un scénario catastrophe d’un parti rongé par le « fractionnisme » et les « invectives », et propose de « faire parti » pour « une organisation radicale, anticapitaliste, révolutionnaire, ouverte ».

Ils appellent à « se regrouper et à refuser que le NPA ne soit qu’un simple bloc de courants en concurrence les uns avec les autres. » Cela veut dire quoi quand ce sont les camarades de la plus grosse fraction du NPA qui l’écrivent ? Écarter les autres, scissionner ? « La séparation » ainsi que Philippe Poutou, porte-parole du NPA, l’a ­publiquement déclaré ?

Se renforcer en s’épurant, vous êtes sûrs ?

La grande majorité des camarades sont inquiets devant cette perspective de scission. Et dans quel objectif ? Qui empêche la dite majorité de faire sa politique, de développer l’influence du NPA, alors qu’elle compte dans ses rangs les trois porte-parole du NPA et contrôle les finances et les médias du parti ?

Le NPA a toujours comporté plusieurs tendances en son sein, défendant des orientations différentes et disposant d’un droit d’expérimentation et d’expression publique lorsqu’elles ne sont pas majoritaires. Pourquoi donc ce qui est la réalité du NPA depuis sa fondation justifierait aujourd’hui une scission ?

La politique de la PfU, la logique d’une majorité minoritaire dès le début

Les tensions sont, en réalité, la conséquence des choix de la PfU, qui, ayant recueilli 48 % des voix lors du dernier Congrès, a tout fait pour s’imposer comme majorité dite de travail, c’est-à-dire comme centre et axe unique de la direction en refusant d’associer les autres courants.

Le bilan est là, la dite majorité a toute raison de penser qu’elle sera encore plus minoritaire au prochain congrès, d’autant plus qu’elle a eu beaucoup de mal à doter le NPA d’une orientation pour la séquence de la lutte de classes marquée par le mouvement des Gilets jaunes et par la bataille des retraites. C’est ce qui explique une fuite en avant où les camarades se laissent la possibilité de se soustraire au congrès.

Relever le défi d’un congrès démocratique

Les signataires de cette tribune souhaitent, par-delà leurs désaccords, contribuer à la tenue d’un congrès démocratique dans les meilleures conditions en rompant avec le chantage à la scission pour rétablir la confiance politique nécessaire à un fonctionnement démocratique, codifié par nos statuts qui respectent le droit des différents courants et le droit d’expérimentation.
C’est aussi comme ça que l’ensemble des militants pourront se faire un point de vue sur les divergences politiques qui nous divisent au regard d’une situation totalement inédite créée par la crise globale du capitalisme. Cette situation, sa gravité, nous imposent un comportement responsable et aussi, et c’est lié, une discussion sur la période et nos tâches.

Pour le rassemblement des révolutionnaires, réaffirmer notre indépendance à l’égard du réformisme

Le seul projet concret auquel les camarades de la PfU semblent devoir se raccrocher est celui avancé par Philippe Poutou à Bordeaux, à savoir celui d’une alliance électorale durable avec La France insoumise. Et c’est sur cette base qu’à Bordeaux, la U organise, sans attendre, la scission ! Or, autant il est possible de faire front avec LFI dans le cadre de mobilisations concrètes, autant nous nous devons d’affirmer l’existence d’un courant révolutionnaire y compris lors des élections, en particulier au moment où l’offensive réactionnaire, raciste et xénophobe exige une réponse internationaliste sans faille.

Le NPA ne retrouvera un nouvel élan, ne s’affirmera et ne se renforcera en tant que courant révolutionnaire qu’à condition d’intervenir dans la situation, de prendre des initiatives, ainsi que d’affronter les discussions stratégiques qui ont été soigneusement évitées jusqu’ici pour se construire au cœur de la lutte de classes en toute indépendance des partis réformistes.

L’ensemble des militantEs du NPA qui se retrouvent dans cette démarche seront conviés à une réunion nationale qui se tiendra courant décembre.

Crédit Photo : Photothèque Rouge / Franck Houlgatte




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