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Notre classe

Dictature patronale

Cora. Deux salariés licenciés pour avoir refusé de plein droit de travailler le dimanche

Deux salariés des magasins Cora ont été licencié pour avoir refusé de travailler le dimanche comme la loi l’y autorise pourtant. Une preuve de plus, s’il en faut, que les patrons n’hésitent pas à sortir des clous de la loi pour montrer à leurs employés qu’ils peuvent disposer d’eux comme bon leur semble. Derrière ce fait se cache une banalisation du travail le dimanche et un abaissement généralisé du niveau de protection des salariés contre leur patron.

mercredi 22 mai

Crédit photo : MAXPPP

18 ans de boîte et licenciée pour « faute grave »

Cela faisait 18 ans que Christèle travaillait chez Cora avant qu’elle ne soit licenciée sans indemnités pour « faute grave » pour avoir simplement refusé de travailler le dimanche alors que son contrat mentionnait explicitement que ses heures ouvrées devaient être effectuées du lundi au samedi. Selon elle, un de ses collègues, avec huit d’ancienneté, aurait été licencié pour les mêmes motifs. Jetée « comme un torchon, comme si [elle] n’existait pas » selon ses mots, la salariée n’entend pas se laisser faire et compte porter son cas aux prud’hommes malgré le fait que Macron et avant lui Hollande ne se soient évertués, au travers de leurs « lois travail », d’en limiter considérablement le pouvoir. Le droit n’est jamais une garantie pour les travailleurs qui n’ont de protection que dans leur capacité collective à résister face à ces patrons qui n’hésitent pas un seul instant à montrer à leurs employés qu’ils doivent être corvéables à merci, ce que dénonce explicitement le délégué syndical CFTC Cyril Lechevestrier qui n’hésite pas à parler d’esclavagisme. Encore une fois, le progrès selon Macron.

Le travail le dimanche, dans le viseur du patronat

Ces licenciements scandaleux sont aussi révélateurs des objectifs plus globaux du patronat à propos du travail le dimanche. Avec sa généralisation, il devient de plus en plus difficile de le refuser alors même que le droit le permet, travailler le dimanche ne pouvant se faire que sur accord explicite du salarié. C’était rappelons-le, l’objectif entre autres de la loi Macron promulguée en 2015 et qui a augmenté le nombre de dérogations possibles à propos du travail dominical. Les promesses de Macron portaient précisément alors sur le fait qu’il ne pourrait s’effectuer que sur la base du volontariat. Le cas de Christèle montre bien ce que valent ces promesses. Quatre ans après, le volontariat commence à passer à la trappe comme l’avaient craint précisément les opposants au texte de loi. Ces attaques fragilisent de toute évidence les salariés qui se trouvent, avec la banalisation du travail le dimanche, de moins en moins en mesure de protéger leur vie sociale, essentiellement organisée autour de ce jour comme le rappelle Me Bernard Schmid interrogé par Franceinfo. Sa normalisation, en plus de rogner de facto sur le droit des salariés à préserver leurs dimanches, est aussi un préalable à la disparition des avantages et contreparties qui encadrent (encore) les accords pour sa mise en place dans une entreprise. Si le dimanche n’est plus qu’un jour comme les autres, nul doute que le patronat remettra en cause ensuite les traitements spécifiques qui le concerne en vue d’un énième nivellement par le bas.




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