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Politique

Casse de l’hôpital public

Coronavirus. A l’hôpital de Creil, plus de services d’urgence et de réanimation

A l’hôpital de Creil, la fermeture des services d’urgence et de réanimation dans le cadre de la crise du coronavirus va aggraver l’accès aux soins. Un plan de secours qui montre bien les conséquences de la casse de l’hôpital public.

vendredi 28 février

A l’hôpital de Creil, où le premier patient mort des suites du Coronavirus avait été pris en charge, le plan blanc a été déclenché. Ce plan, propre à chaque établissement et censé “mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de patients, ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle” selon le ministère de la Santé, signifie pour l’hôpital de Creil la fermeture du service de réanimation et le confinement de l’équipe médicale pour quatorze jours.

“Cela se défend, mais vu la situation de l’hôpital public, rincé par les politiques d’austérité, quand on prend une telle mesure, du coup, on arrête la médecine du quotidien” explique Loïc Pen, urgentiste et syndiqué à la CGT https://www.humanite.fr/creil-la-fe.... Car en isolant les soignants pour que l’épidémie ne démarre pas, les patients se retrouvent sans soins et doivent être transférés ailleurs. “En clair, on se retrouve avec un bassin de population, près de 150 000 habitants, qui n’ont plus de secours primaires ni de réanimation”, continue Loïc Pen.

Cette mesure, pour le moins insuffisante et dangereuse pour les patients, prouve bien que nous ne pouvons rien attendre d’un gouvernement qui casse les services publics, que ce soit au niveau des transports, de l’éducation, comme de la santé. “On ne peut pas imaginer, alors que les urgences sont engorgées toute l’année, que des médecins et des infirmières rendent leur tablier, que les hôpitaux seraient tout d’un coup en pleine forme”, ajoute l’urgentiste.

Entre fermetures de lits et diminution du personnel, l’hôpital public est en effet la cible d’attaques néolibérales depuis des dizaines d’années visant à transformer celui-ci en une entreprise avec pour seul objectif la rentabilité. De plus, l’accès aux soins devient de plus en plus compliqué pour les classes populaires des grandes villes et les habitants des zones rurales. Ainsi, une étude de la Drees parue le 14 février mettait en avant une augmentation de 6% du nombre de personnes vivant dans “un territoire en sous-densité médicale, soit ayant accès à moins de 2,5 consultations par an”.

C’est ce manque de moyens et l’accroissement des inégalités entre les classes sociales et les territoires vis-à-vis de l’accès aux soins qui a poussé les urgentistes, rapidement rejoints par l’ensemble des personnels des hôpitaux, à sortir dans la rue et à se mettre en grève, réclamant depuis maintenant onze mois “des lits pour accueillir les patients, des personnels hospitaliers en nombre suffisant, des salaires décents pour garder le personnel”.

Face à cette situation de crise dans les hôpitaux qui risque encore de s’aggraver au vu du risque d’épidémie de coronavirus, il devient plus qu’évident que nous ne pouvons pas laisser notre santé entre les mains de Macron et de son gouvernement qui, au lieu d’investir massivement dans la santé et la recherche, n’a de cesse d’appliquer des mesures austéritaires. Alors que le mouvement des Gilets jaunes et les grévistes de la RATP et la SNCF ont pointé du doigt le manque de moyens dans les services publics, il est urgent de construire et consolider les cadres de coordination à la base pour se doter d’un plan de bataille à même de faire plier Macron et son monde.

Crédits photo : REUTERS/Yves Herman




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