^

Politique

Télétravail

Coronavirus. Des applications surveillent les salariés en télétravail en les prenant en photo

Dans le contexte de cette crise sanitaire du coronavirus, le télétravail a été encouragé pour continuer à travailler tout en respectant les mesures de confinement. Face à cela, des applications comme ActivTrak, InterGuard, Teramind, Desktime ou Sneek proposent des moyens très variés pour surveiller à tout moment leurs employés, devenant un outil de plus en plus utilisé par les entreprises.

lundi 30 mars

Crédit photo : interface de Sneek

Dans le cadre du développement du télétravail par des nombreuses entreprises dû à l’extension de la pandémie du covid-19, les entreprises, toujours plus à soif de profit, craignent la diminution de la productivité de leurs salariés. Pour répondre à cette inquiétude, plusieurs applications offrent des manières pour le moins originales afin de surveiller le travail des employés à distance et leur mettre de la pression pour qu’ils travaillent le plus possible.

Une première application appelé « Desk Time » permet de faire des captures d’écran des ordinateurs des salariés, ainsi que de voir quelles applications ils utilisent et calculer la productivité de chacun. Cette application a déjà plus de 184 000 téléchargements. « Sneek », de son côté, passe à un autre niveau, donnant la possibilité d’avoir un « mur de visages » avec les différents salariés où leur photo sera prise toute les 1 à 5 minutes afin de s’assurer qu’ils sont bien en train de travailler. Également, les patrons peuvent les appeler à n’importe quel moment sans avoir le moyen d’y refuser.

Suite au scandale provoqué par ce type d’applications, les créateurs de « Sneek » ont assuré que leur but n’était pas de créer une plateforme de vigilance mais plutôt d’aider les personnes en télétravail et d’entretenir les liens avec ceux qui doivent travailler en équipe. De plus, pour diminuer la gravité de ce que cette application propose, ils utilisent de l’humour dans leur page de garde : « Voyez tous les jolis visages de vos coéquipiers sur un seul écran pendant que Sneek prend votre photo à intervalles réguliers. Oui, nous nous curons tous le nez, il n’y a pas de honte. ».

Totalement conscients qu’ils violent la vie privée des travailleurs : « Nous savons que beaucoup de gens penseront que c’est une invasion de la vie privée, on comprend ça à 100 %, et ce n’est pas la solution pour ces gens, mais il y a beaucoup d’équipes qui entretiennent des liens d’amitié et qui veulent rester connectées lorsqu’elles travaillent ensemble », a défendu le cofondateur de l’application dans une entrevue avec le site Business Insider. Evidemment, ce ne sera pas aux employé.e.s de décider mais au patron.

En effet, selon Europe 1, une banque a envoyé un mail en avertissant les travailleurs qu’ils feraient des captures d’écran grâce à une de ses applications toutes les dix minutes afin de voir « qui tire injustement profit du travail ». En dénonçant le fait que les travailleurs profiteraient de cette crise pour ne pas travailler.

Néanmoins, la réalité c’est que dans le télétravail, les salariés font face à différentes situations chez eux et il est impossible de continuer à travailler comme si de rien était. Les employés peuvent ne pas être dans les meilleures conditions, le télétravail implique d’avoir un espace sans bruit pour pouvoir travailler et d’avoir une bonne connexion a internet. Ainsi qu’au même temps, il faut s’occuper des enfants qui ne sont pas à l’école et ne peuvent pas sortir, ou de la possible maladie d’un proche sans parler des effets que ce confinement a sur la santé mentale.

Les patrons ne perdent pas le nord… Mais nous faisons face à une pandémie, c’est normal que les rendements diminuent et ce n’est pas une excuse pour mettre en place des systèmes de surveillance qui violeraient la vie privée des salariés.




Mots-clés

#NosViesPasLeursProfits   /    Patrons-voyous   /    Répression   /    Politique