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« Sortez manger, continuez votre vie normale »

Coronavirus : Le président Mexicain propose des mesures dérisoires et met en danger les travailleurs

Alors que certains gouvernements ont décrété les confinements, la fermeture des frontières et l'annulation des vols et que l'économie du Mexique s'est effondrée, en raison de la pandémie (COVID-19), le président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) a exposé avec négligence la santé de la population

samedi 28 mars

Alors que certains gouvernements ont décrété les confinements, la fermeture des frontières et l’annulation des vols et que l’économie du Mexique s’est effondrée, en raison de la pandémie (COVID-19), le président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) a exposé avec négligence la santé de la population avec des déclarations telles que « nous devons nous serrer. Rien ne se passe » et « Sortez manger, continuez votre vie normale ». Il a également encouragé l’anticipation du lancement du T-MEC (anciennement ALENA) face à la décision de Donald Trump de fermer la frontière entre les deux pays. Mesure à prendre au sérieux après avoir envisagé la quantité des personnes infectées avec le virus aux États-Unis, qui occupe déjà la première place au niveau mondial avec près de 86 000 cas.

Face à la situation sanitaire mondiale, AMLO - la main sur ses « gardes du corps » (images religieuses) préfère ramener les faits à une simple crise sanitaire : « nous sommes médicalement préparés. Nous avons un plan de soins pour les malades », dit-il. Laissant la vie des Mexicains au jeu du hasard.

Ainsi, leur seule solution a été la mise en œuvre du plan appelé DN-III (Catastrophes naturelles) qui n’est pas adapté à une "pandémie", encore moins pour atténuer l’impact sur l’économie de ce pays de la catastrophe économique mondiale imminente qui arrive.

Le gouvernement fédéral feint des actions contre la pandémie

Le plan appliqué devrait servir à déployer les forces armées de l’armée et de la marine. « Nous avons des ressources, tout l’argent nécessaire et, surtout : il y a de l’organisation, il y a du commandement, il y a de la gouvernance dans le pays », explique le président le 19 mars.

Lors de la déclaration du matin du 20 mars, AMLO délègue sa participation et sa responsabilité au Secrétaire à la Santé (SS). Ainsi, quatre jours plus tard, la situation est considérée en deuxième phase (la transmission se produit localement chez les habitants), avec 585 cas, soit un taux de croissance journalier de 60%.
Il n’existe pas de protocole d’urgence et AMLO s’est limité aux « communiques techniques » matinaux qui ne montraient que le chemin et l’évolution de la maladie, ainsi que les mesures préventives recommandées dans d’autres pays. À savoir, historiquement, le pays a déjà connu des épidémies telles que la grippe aviaire H5N1 et la grippe en 2009-2010 H1N1. Le pays ne semble pas avoir un plan contre les imprévus épidémiologiques qui ont déjà commencé à se faire ressentir au cours de la crise sanitaire du coronavirus.

Bien qu’il existe au Mexique, le test COVID-19, celui-ci n’est autorisé que par 39 laboratoires dans 32 États, pour une population de près de 125 millions de personnes. En d’autres termes, il n’est pas à la portée de la population. Le salaire minimum est ridicule et ne permet pas de conditions de vie décentes, il n’est que de près de 5 euros par jour avec des journées d’environ 10 heures par jour, avec une population d’environ 50 millions de pauvres, selon CONEVAL (Conseil de Développent social). Ainsi, le coût d’un test, dans des laboratoires comme Olab et Jenner, équivaut à payer 30 salaires journaliers minimum.

Au lieu de proposer la mise en œuvre de tests massifs tels que recommandés par les médecins et les scientifiques à l’échelle international, de manière préventive, le président s’est chargé que de mobiliser l’armée, de créer un personnage virtuel appelé "Susana distance" et de proposer une trêve au G-20 pour stabiliser les marchés. Au Mexique, il continuera d’exposer non seulement la santé de la population, mais aussi de l’économie des plus pauvres.

Les mexicains ne doivent pas payer la crise sanitaire et économique !

Les Mexicains ne disposent pas de mécanismes garantissant leurs moyens de subsistance si un confinement total est nécessaire. La classe ouvrière n’y est pas prête. Il n’y a pas de "chômage partiel ou technique" comme en France. D’une part, il est préférable de risquer de travailler et de tomber malade que de rester à la maison et de mourir de faim.

Le problème est compliqué par le fait de savoir que le nombre de personnes exerçant une activité dans le secteur informel équivaut à 56% de la population active totale. De même, le Secrétariat du Travail et de la Sécurité Sociale (STPS) n’a pas eu d’intervention pour assurer tout type de mécanismes pour assurer les moyens de subsistance, comme ceux utilisables en France.

Les entreprises commencent à utiliser le prétexte d’une urgence sanitaire pour licencier les travailleurs et émettre des « pauses sans salaire » (pauses obligatoires de l’entreprise sans salaire). Au-delà de l’argument selon lequel ce fait « n’a pas de base légale et est injuste, abusif », il n’y a pas d’actions concrètes de la part d’AMLO.

Les syndicats, ne sont pas non plus apparus, ils n’ont pas proposé de mesures de sécurité pour les travailleurs, ni la réorganisation de la production, ni la sécurisation des emplois pendant la quarantaine. L’ensemble des organisations syndicales et politiques du pays ont pour le moment décidé d’opter pour une union nationale avec le gouvernement offrant à AMLO la possibilité de gérer la crise avec ces méthodes. C’est pourquoi la tâche de l’organisation des travailleurs mexicains doit s’inspirer de la lutte internationale pour faire face à la crise sociale, sanitaire et la récession économique qui l’accompagne.

Face au contexte de la crise du coronavirus, la classe ouvrière mexicaine doit reprendre ces affaires en main et n’avoir aucune confiance envers son gouvernement prétendument progressiste prêt à la mettre en danger de contamination pour assurer les profits des classes dominantes.




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