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Jeunesse

Plus de 1000 étudiant.e.s demandent une aide alimentaire d’urgence à l’université Paris 8

Ce vendredi 17 avril, 110 colis alimentaires ont été distribués à l’Université de Paris 8. Étant donné l’énorme quantité de demandes, reflet direct de la précarité que vivent actuellement des millions d’étudiant.e.s dans toute la France, les colis continueront d'être répartis en plusieurs distributions.

vendredi 17 avril

Selon un courriel envoyé par trois associations de Saint Denis (RUSF Paris 8, Secours Populaire français et Solidaires étudiant-e-s), à la fin de la semaine dernière ils avaient déjà reçu plus de 1000 demandes d’aide alimentaire.

La première distribution des colis a eu lieu ce vendredi 17 avril à l’Université Paris 8, et d’après Kab, responsable de l’antenne universitaire Secours populaire, « 110 étudiants se sont déplacés afin de pouvoir s’assurer une alimentation minimale les jours suivants, dont la plupart vivent isolés dans de minuscules pièces de 8 ou 9 mètres carrés, au chômage et sans revenus » suite à la quarantaine. La première distribution des paquets contenait entre autres du riz, de la farine, de l’huile, des pâtes, du sucre, du yaourt et des compotes.

Précarité étudiante et crise sanitaire

Ce nombre très élevé de demandes montre une réalité effrayante : de nombreux étudiant.e.s ne parviennent même pas à se nourrir en cette période de crise sanitaire du fait de l’arrêt soudain de leurs emplois et de leurs revenus.

La précarité étudiante n’est pas particulière à cette crise sanitaire, mais elle est dénoncée depuis longtemps. En novembre 2019, un étudiant de 22 ans s’est immolé devant le CROUS de Lyon après avoir perdu sa bourse, dénonçant les politiques de précarité auxquelles les jeunes sont exposés (https://www.revolutionpermanente.fr/Un-etudiant-en-etat-grave-apres-s-etre-immole-J-accuse-Macron-Hollande-Sarkozy-et-l-UE-de-m-avoir). Suite à cela, de nombreux témoignages ont été mis en lumière à travers l’hashtag #LaPrécaritéTue, révélant la réalité que vivent les étudiants.

Cette précarité, à laquelle les jeunes étaient déjà condamnés, est encore aggravée par la crise sanitaire que nous traversons. De nombreux étudiant.e.s travaillent au noir dans des secteurs qui ont dû fermer (tels que les bars, les restaurants, les guichets, etc.), et se retrouvent du jour au lendemain sans travail et sans aucune compensation économique. Parmi eux, les étudiant.e.s étranger.e.s ou sans papiers qui se retrouvent aujourd’hui dans des états très critiques, où la majorité sont déjà sans loyer ou hébergés par des amis. Ces étudiant.e.s loin de leurs familles qui ne peuvent même pas consulter un médecin parce qu’ils n’ont accès ni à la sécurité sociale, ni au chômage et se refusent de sortir même pour s’aérer par crainte de se faire contrôler par la police et expulser.

Mais si tant d’étudiant.e.s sont aujourd’hui sans travail, tant d’autres font des heures de travail inimaginables, en première ligne de cette crise sanitaire, assurant des activités essentielles (livraison, caissières de supermarché, aide à domicile, garde d’enfants), et doivent multiplier leurs heures de travail pour un revenu dérisoire.

La contradiction entre les aides d’urgence et le maintien des examens

Le dénominateur commun de ces deux situations est l’impossibilité de poursuivre les études et les recherches comme en temps normal. Cependant, malgré le fait que le service social de l’université ait mis en place un dispositif pour faire face à ces situations d’urgence, la vérité est que l’université n’a pas déclaré l’annulation des partiels, et que la charge de travail de nombreux étudiant.e.s est immense (https://www.revolutionpermanente.fr/Paris-8-En-plein-confinement-les-devoirs-s-accumulent-exigeons-la-validation-pour-tous), malgré toutes ces difficultés.

L’université de Paris 8 est fermée depuis le 13 mars, et cet espace était essentiel pour la plupart des étudiant.e.s qui y trouvaient les livres nécessaires, avaient accès à des ordinateurs et à Internet, et profitaient de l’espace pour s’isoler et pouvoir se concentrer sur leurs études. En d’autres termes, la simple fermeture de cet espace aggrave considérablement les conditions de travail des étudiants, puisqu’un grand nombre d’entre eux doivent partager l’ordinateur, ne disposent pas de WIFI ou d’un espace propre pour s’isoler. Mais à cela, il faut ajouter un approfondissement de la précarité, de l’exploitation pour celles et ceux qui travaillent dans des secteurs essentiels, et un niveau très élevé d’angoisse et de stress qui empêche une rigueur telle que celle exigée pour passer les partiels.

C’est pourquoi, pour faire face à cette année exceptionnelle et éviter une sélection universitaire brutale qui condamnerait les étudiants les plus précaires, il est d’une importance fondamentale l’annulation de partiels et la validation automatique de tous les étudiants. Le maintien des examens à tout prix est un très bref aperçu des plans que le gouvernement et les grands patrons ont pour la jeunesse et les travailleurs et travailleuses. En envoyant les salariés au front sans armes en raison du manque de matériel de protection, en condamnant des millions de personnes au chômage et littéralement à la famine, en fermant les yeux sur la violence qui se déchaîne dans les foyers et en appliquant une sélection universitaire désastreuse à travers des examens en ligne, il devient évident que le patronat et le gouvernement cherchent à nous faire payer, une fois de plus, pour la crise qu’ils ont générée.




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