^

Politique

Un parti bien comme les autres

Corruption au FN : le candidat de Saint-Juste en Île-de-France arrive les mains sales aux régionales

Le trésorier du parti de Marine Le Pen, Wallerand de Saint-Just, a été mis en examen ce lundi, pour recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroquerie. Cette mise en examen a lieu dans le cadre plus large de l'affaire du financement du Front National au cours de la dernière campagne électorale.

mardi 22 septembre 2015

Léo serge

Wallerand de Saint-Just est la tête de liste du FN aux régionales en Ile-de-France et s’est récemment illustré par ses propos ultra-racistes contre les réfugiés. Il a le parcours typique des cadres de l’extrême-droite française depuis 60 ans : issu d’une famille bourgeoise, il fait des études de droit dans la fac facho par excellence, à Assas. Il y milite dans le groupe ultra-violent GUD (Groupe union défense) qui fournit énormément de cadres au FN, à la droite en général, et à l’entourage de Marine Le Pen en particulier. C’est aussi un membre des courants catholiques ultra-traditionnalistes, participant aux actions d’occupation de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Son parcours est une illustration du fait que le renouvellement du parti impulsé par Marine Le Pen n’est que façade, construite à renfort de discours et à l’aide des médias.

Il est aujourd’hui mis en examen, tout comme le vice-président du FN, Jean-François Jalkh et Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen et patron de l’entreprise. En effet, les juges soupçonnent la société Riwal d’avoir surfacturé des kits de campagne – comprenant affiches, flyers, journal de campagnes, et conventions de prêt – à taux usuriers pour les candidats. Ces kits de campagne, trop chers pour ce qu’ils contenaient, ont été payés par le micro-parti Jeanne à la société Riwal. Ensuite Jeanne revendait ces kits obligatoires aux candidats. Comme la loi prévoit que les partis réalisant plus de 5% des suffrages exprimés obtiennent le remboursement de leurs frais de campagne, le montage financier permettait de détourner de l’argent public vers les caisses des dirigeants de l’extrême-droite.

Tout montre l’arnaque : le prix des kits, beaucoup trop élevés par rapport à ceux des autres partis, leur caractère obligatoire pour avoir l’investiture du parti, le fait que la « conception » des tracts et affiches soit facturée à chaque candidat, alors que, de l’un à l’autre, seule change la photo figurant sur le document, le fait que les dates des prêts ne correspondent pas à la réalité... La liste est longue.

En 2012, les ventes de kits ont ainsi permis à Jeanne d’être la quatrième formation politique en termes de rentrées financières (9,6 millions d’euros), derrière le PS, l’UMP et le PCF… mais devant le FN. Enfin, un intime de Fréderic Chatillon, Axel Loustau est à la fois trésorier de Jeanne… et actionnaire de Riwal.

Ce n’est ni la première arnaque, ni la dernière, d’un courant politique dont le mensonge est la clef de voûte. La moralité des membres dirigeants du Front Nationale est l’image des actions historiques de l’extrême-droite : un soutien sans faille à tous les massacres du XXème siècle. Soutien au nazisme et à la collaboration (faut-il rappeler que le fondateur du FN éditait les chants de guerre de l’armée nazi dans les années 1970 ?), soutien à la colonisation, aux massacres et à la torture en Algérie, soutien aux pires dictatures, affaires de meurtres entre amis, contre les opposants ou de simples passants… Et on en passe. L’extrême-droite c’est le mensonge, la haine et le meurtre. Pour le parti qui se revendique en dehors des clous, hors du système, on voit bien que les dirigeants du FN n’ont rien à apprendre des magouilles de la droite, avec l’affaire Bygmalion, ni au PS, gangrené par les affaires sous le premier gouvernement d’Hollande.




Mots-clés

FN   /    Politique