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Corruption en macronie : Alain Griset condamné à 6 mois de sursis pour avoir détourné plus de 300 000 euros

Après des mois de poursuites judiciaires et son maintien en tant que ministre, Alain Griset vient d'être condamné à 6 mois de sursis pour détournement de fonds et déclaration mensongère de son patrimoine. Si le ministre a annoncé sa démission, il aura cependant joui de la protection du gouvernement jusqu'au bout, montrant à quel point la corruption est affaire courante dans les hautes sphères de la bourgeoisie.

mercredi 8 décembre 2021

Crédits photo : Ludovic MARIN/AFP

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, a été condamné ce mercredi 8 décembre à six mois de prison avec sursis et à trois ans d’inéligibilité avec sursis pour « déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale ». Une nouvelle qui ne manque pas de faire rire jaune quand on sait le nombre de ministres qui sont visés pour corruption. Par ailleurs, il était l’un des premiers ministres en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel pour avoir omis de déclarer une partie de son patrimoine et de ses intérêts. Ces omissions de déclaration de patrimoine ont eu lieu après sa nomination au gouvernement en août 2020. Ce ministre est accusé d’avoir caché à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), la détention d’un plan d’épargne en actions (PEA) de 171.000 euros ; mais aussi sa participation directe dans de grosses entreprises lucratives telles que la Française des Jeux ou encore Natixis.

S’il vient de prendre des condamnations par le tribunal correctionnel de Paris, il avait pourtant été maintenu au gouvernement pendant plusieurs mois malgré ses poursuites judiciaires. Une justice véritablement à deux vitesses, qui se montre bien complaisante envers les ministres encore en fonction pourtant bel et bien poursuivis.

De plus, de par sa position de président de la confédération nationale de l’artisanat des métiers de service et de fabrication (CNAMS), Alain Griset a détourné 130 000 euros (placés sur son PEA) appartenant à la confédération. Devant le tribunal, le ministre a justifié qu’il avait reçu le « mandat » de la CNAMS en août 2019, de « faire fructifier cette somme sur une courte durée afin d’acheter un bien immobilier », entraînant une plus-value de 19 000€ dont il s’était félicité.

Griset déclare qu’il s’agit d’« une maladresse » et en rejetant toute « malhonnêteté », il dit avoir été « mal conseillé ». Sa ligne de défense est en effet de rejeter la faute sur son entourage, à commencer par son banquier, ses comptables et les autres « sachants qui ne disaient rien ». Difficile de croire qu’avec une telle armée financière et bancaire une erreur pareille ait pu être commise.

Or malgré une démission pour sauver la face, Alain Griset conserve le soutien inébranlable des politiques. En effet, comme il l’avait souligné lors d’une interview accordée à FranceInfo : « J’ai eu la confiance renouvelée du président de la République, du Premier ministre, je les en remercie ». À cela, deux heures après sa condamnation tombée, s’est ajoutée la salutation du premier ministre qui a de la même manière renouvelé sa confiance, « saluant l’esprit de responsabilité qui a fondé cette décision ». « Le premier ministre tient à remercier Alain Griset pour le travail remarquable accompli au sein du collectif gouvernemental, en particulier au plus fort de la crise sanitaire ».

Cet exemple récurrent de justice de classe démontre la complaisance de cette justice envers des ministres accusés de détournement de sommes colossales., l’impunité dont bénéficie la classe dirigeante et la protection dont a joui Alain Griset pendant toute sa présence au gouvernement. Si ce ministre se retrouve sur le banc des accusés, c’est loin d’être une première pour la macronie, qui a pour ministre de l’intérieur Darmanin, accusé de viol. En matière de fraude fiscale, on a affaire à une belle brochette : entre le président lui-même qui bataillait pour éviter de payer l’ISF, le départ de la ministre des Sports suite à une plainte pénale pour fraude fiscale, le Garde des Sceaux pour prise illégale d’intérêts… la liste est longue. Tandis que la macronie ne cesse d’augmenter le pas des offensives sécuritaires et liberticides, où le ministre de la Justice porte le « projet de loi pour la confiance dans la justice », ces nouvelles accusations incarnent tout le mépris d’une classe dirigeante qui “omet” sans cesse de s’appliquer à elle-même ses propres lois. Alors même que le gouvernement fait la chasse aux pauvres et aux chômeurs, cette affaire ne peut que nous rappeler le caractère à deux vitesses des « lois » de la République.




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