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Anti-impérialisme

Côte d’Ivoire. Révoltes contre la réélection du président : la police réprime et tue 4 manifestants

Jeudi 13 août, des manifestations ont éclaté en Côte d'Ivoire pour s'opposer à la réélection d'Alassane Ouattara qui est à la tête du pays depuis 2010. Mais derrière la figure du président vendu à l'impérialisme français, c'est de l'ensemble du régime que le peuple ivoirien veut se débarrasser.

vendredi 14 août

Crédits photo : AFP

Ça n’est pas la première candidature d’Alassane Ouattara (ADO) qui soulève le peuple. Déjà en 2010 une crise pendant les présidentielles avait éclaté et 3000 personnes sont décédées lors des affrontements avec la police. Ensuite en 2015, pour sa seconde candidature, ADO était suspecté de fraude et avait largement augmenté le dispositif policier et militaire dans les grandes villes pour réprimer les contestation. Un article était parut sur Révolution Permanente intitulé Élections en Côte d’Ivoire : Ouattara continuera à « manger L’État » qui dénonce la stratégie économique de Ouattara qui sert les intérêts de l’impérialisme français.

Si cette année la candidature est jugée illégale, car anti-constitutionnelle, ça n’est pas la seule raison qui pousse le peuple ivoirien à manifester. Les conditions sanitaires et les mesures prises par l’État ivoirien contre la pandémie ont été catastrophiques. Nous écrivions alors « Le pays dispose en effet d’un peu moins de 80 respirateurs artificiels sur l’ensemble du territoire et d’une cinquantaine de places en réanimation pour une population de 25 millions d’habitants, selon les chiffres du Ministère de la santé et de l’hygiène publique. Une situation catastrophique, lorsque l’on sait que simplement du côté de la population urbaine, 46% d’entre elle vit sous le seuil de pauvreté et manque d’accès au matériel de soin et d’hygiène. La distanciation sociale est également impossible pour les habitants des quartiers populaires, vivants à plusieurs dans de petites surfaces. »

Ces émeutes sont donc le fruit d’un ras-le-bol croissant de la population qui face au mépris de la classe politique et du régime dans son ensemble. Et pour cause, la Côte d’Ivoire est une ancienne colonie française et le gouvernement ivoirien est complice de l’impérialisme français qui pille les richesses tout en laissant le peuple ivoirien dans la misère, et maintient sa domination par la répression.

C’est pourquoi ce jeudi 13 août avait été appelée journée de manifestation dans tout le pays. En prévision, le gouvernement avait interdit tout rassemblement. Mais cela n’a pas empêché la journée de mobilisation d’être suivie dans plusieurs villes par des centaines de personnes, majoritairement par des jeunes. Dans certains quartiers, les forces anti-émeutes ont été fortement déployées. Plusieurs affrontements ont éclatés, entre ceux qui tentaient de paralyser des grands axes de circulations internationaux, et les policiers. Le bilan de la répression s’élève à quatre mort chez les manifestants : un jeune à Bonova lors d’un heurt avec la police et trois autres à Daoukro lors d’affrontements entre les partisans de Ouattara et des manifestants. Comme lors des soulèvements qui concernaient la crise sanitaire, la seule réponse de l’État est une réaction très autoritaire.

En s’opposant au régime et à sa police, les manifestants ouvrent la voie à une remise en cause de l’impérialisme et de ses intérêts dans la région, comme au Liban ou en Biélorussie. Dans ce contexte il s’agit de dénoncer les crimes du gouvernement Ouattara et de l’impérialisme français. Car la solidarité internationale est notre drapeau.




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