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Notre classe

Couvre-feu, une baguette et une patate douce

Coup de gueule. Caissière licenciée pour avoir acheté du pain et une patate sur son temps de pause

Dans un Supermarché Leclerc de Strabourg, une caissière se voit licenciée pour avoir, le 13 janvier, acheté une baguette et une patate douce sur son temps de pause. Un scandale qui ne fait que rappeler le mépris envers ces travailleuses et travailleurs essentiels de la deuxième ligne face à la crise.

lundi 5 avril

Crédits photo : JOEL SAGET/AFP via Getty Images

Alors que les caissières ont montré pendant cette pandémie qu’elles ont à jouer un rôle essentiel dans le processus de distribution des marchandises, dans ce que l’on appelle la « deuxième ligne », littéralement au service de la société, risquant nos vies et celles des nos familles, une caissière d’un magasin Leclerc de Strasbourg s’est faite licencier pour avoir effectué l’achat d’une baguette et une patate douce pendant son temps de pause.

Cette pratique serait interdite par le règlement intérieur de l’établissement qui stipule que «  seuls les produits consommés sur place peuvent être réglés par le personnel  ». Ce type de situation, assez courante dans la grande distribution depuis des décennies, est acceptée et banalisée par les directions syndicales qui ont-elles mêmes signé ces « règlements intérieurs », ainsi que par les gouvernements successifs qui par leurs contre-réformes néo-libérales attaquant le code du travail et dégradant les conditions de travail, pour prioriser toujours plus les politiques patronales pour plus de profits, au détriment de nos vies.

Toute la législation est faite en faveur des patrons et contre les travailleurs. Imaginez une mère de famille qui travaille dans des horaires décalés, avec des coupures de trois ou quatre heures avant la reprise du poste, avec des horaires de débauche vers 20h ou 21h, quel temps lui reste pour faire des achats ?

La période du couvre-feu à 18H a été particulièrement éprouvante, avec des horaires réduits les gens s’entassaient dans les files d’attente, exposant les caissières au risque de contamination plus élevé et à des rythmes de travail frénétiques.

Sachant que faire un achat personnel dans ces conditions de travail était juste impossible, au lieu de nous remercier d’être là pour servir à la population ils ont décidé de manière impitoyable de faire appliquer cette « réglementation intérieure », mettant sur le carreau une travailleuse pour une baguette et une patate.

Ce ne sont ni les patrons ni les cadres dirigeants qui servent à la population aujourd’hui, ils sont bien au chaud dans leurs bureaux, loin de l’exposition au covid et loin de la population et de leurs besoins. Ce sont les caissières qui prêtent ces services essentiels, les petites mains, les petits bras, qui sont indispensables à la société. Travaillant pour un salaire minime, souvent au dessous du smic à cause des temps partiels imposés, tandis que les patrons de la grande distribution font des hyper profits et encore plus en temps de pandémie lorsque les petits commerçants doivent fermer et coulent sous leurs dettes. Ce sont aussi les écarts salariales que dénoncent aujourd’hui les employés de Carrefour entre le sous-smic des salariés et de l’autre le salaire des PDG qui gagnent 7 millions d’euros par an, ce qui fait 25000€ par jour.

Il est clair que la société, fonctionne, de fait, grâce aux travailleurs et non grâce aux patrons, et que nous sommes capables de gérer la production et la distribution sous la nationalisation de toute l’industrie et les services.
Faire appliquer ce « règlement intérieur » pour une baguette et une patate douce, d’un montant qui ne peut dépasser les 2 euros met en lumière non seulement la misère spirituelle et morale de ces dirigeants inhumains qui ne cherchent que l’appât du gain, mais aussi à quel point ils sont des parasites.




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