^

Notre classe

Covid et transports en commun

Coup de gueule d’un agent SNCF : « Hors de question qu’on devienne le bras de la répression à bord des trains ! »

Avec le déconfinement, le gouvernement et la direction de la SNCF veulent donner de nouvelles attributions aux ASCT (connus sous le nom de contrôleurs) pour les pousser à verbaliser les voyageurs qui n’auraient pas de masques. En somme, l’état et la direction de la SNCF ont recours à la répression au lieu de procurer des masques gratuits pour tous.

lundi 11 mai

Crédit : Bertrand GUAY / AFP

Dans le cadre de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet, les ASCT (connus sous le nom de contrôleurs) ont été désignés par le gouvernement pour devenir le bras de la répression à bord des trains et dans les gares. En effet, l’élargissement du pouvoir de verbaliser les infractions, telle que le non port du masque dans les transports, aux agents assermentés de la SNCF et de la RATP, montre une nouvelle fois que ce gouvernement ne pense et n’agit principalement que par la répression pour imposer ses décisions.

« Pour nous c’est un peu double peine », témoigne un ASCT de la SNCF. « La reprise des circulations nous projette encore plus en première ligne face à cette crise sanitaire, sans plus de garanties de protection que la communication très optimiste de la direction dans la droite lignée de celle du gouvernement. Nous demander en plus de verbaliser le non port du masque débouchera immanquablement sur des situations conflictuelles et donc une nouvelle mise en danger. Au delà de ces considérations factuelles, il nous parait incompréhensible que dans le même temps le gouvernement refuse la gratuité des masques et nous demande de verbaliser le fait de ne pas en porter. Dans le contexte anxiogène généré par cette pandémie, nous fournir, en quantité suffisante, des masques à distribuer gratuitement aurait été une bien meilleure solution que la répression. Lorsqu’on sait qu’il y a des familles entières qui ont d’ores et déjà du mal à remplir leurs frigos, c’est honteux de leur demander de débourser de l’argent pour payer des masques, dont les prix ont fortement augmenté par la spéculation des patrons de la grande distribution ! ».

Cette injonction à jouer le rôle de la répression dans les transports génère d’autant plus de colère chez les collègues cheminots que cela fait longtemps qu’ils demandent plus de moyens pour pouvoir travailler correctement, et que la réponse de la direction de la SNCF est de supprimer des postes sans cesse. « Nous n’oublions pas non plus que depuis des années nous subissons des baisses d’effectifs drastiques, qu’il y quelques mois M. PEPY, l’ancien PDG de la SNCF, clouait au pilori notre métier en disant « que le contrôleur soit la ou pas, cela ne change rien… », il est donc inacceptable aujourd’hui qu’on nous impose de verbaliser les voyageurs pour assurer la mise en place d’un plan de déconfinement totalement incohérent et dangereux pour les usagers, mais également pour nous et nos familles ! D’autant plus inacceptable que dès l’apparition du virus début février nous avons alerté, à travers les organisations syndicales, sur la dangerosité de continuer à faire circuler des trains avec cette épidémie qui s’apprêtait à toucher notre pays. A l’époque, le gouvernement était trop occupé à vouloir faire passer en force sa réforme des retraites par 49.3, avant d’expliquer à la population que les masques ne servaient à rien, pour au final aujourd’hui rendre le port de masque obligatoire sous peine de 135 euros d’amende !




Mots-clés

Transport   /    SNCF   /    Notre classe