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Jeunesse

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Coup de gueule d’une étudiante travailleuse : « Sans revenus du jour au lendemain ! »

Comme beaucoup de jeunes précaires, avec la crise sanitaire, Gabrielle étudiante et travailleuse au CROUS a perdu son emploi du jour au lendemain, sans aucune compensation. « Qui va payer nos factures et nos loyers ? » Exigeons une allocation spéciale à la hauteur du SMIC pour couvrir nos frais, financée par un impôt sur les grandes fortunes ! Nous, la jeunesse précaire en première ligne, nous n'avons pas à payer leur crise !

dimanche 22 mars

Une crise qui révèle de plein fouet la précarité imposée par les contrats de travail étudiants

Avant la crise sanitaire, en même temps que ma cinquième année d’études, je travaillais au CROUS à la cafétéria de mon école. Mon contrat étudiant n’était pas défini sur une durée (qu’elle soit déterminée ou indéterminée) mais sur le nombre d’heures effectives par mois. Chaque semaine, je devais aller « déposer mes heures » à l’administration du CROUS et j’étais payée à la fin du mois au SMIC horaire en fonction du nombre d’heures effectivement réalisées. Rien de bien inquiétant à première vue.

Avec la crise, j’ai réalisé l’entourloupe : si il n’y a plus d’heures à faire, comme ton contrat ne te couvre pas dans la durée mais seulement au jour le jour, tu te retrouves sans emploi du jour au lendemain sans aucune forme de compensation. Concrètement, lors de mon dernier jour de travail juste avant le confinement, mon employeur m’a laissée dans la plus grande incertitude en me disant de ne pas revenir le lundi sans me donner aucune information quant à ma paye. Je me suis même faite engueulée parce que « je posais trop de questions ».

Quand Macron a annoncé des « mesures spéciales de chômage partiel », j’ai cru un instant que j’aurais pu en bénéficier. Mais, évidemment, non. Pour tous les contrats précaires comme le mien, on n’aura qu’à « traverser la rue » pour dénicher un nouveau job de merde, quand on aura le droit. Et en attendant : rien.

Plus que jamais, je vois la nécessité de se battre pour en finir avec les contrats précaires qui permettent aux patrons de nous exploiter, de nous mettre en compétition, puis de nous jeter sans lâcher un centime dès que ça devient un peu compliqué. Dès maintenant et à l’avenir, un CDI pour toutes et tous, ça me parait être la moindre des choses.

Dans la situation actuelle, qui est particulièrement dangereuse et incertaine, des mesures d’urgence doivent être prises et financées par un impôt sur les grandes fortunes. Pour moi, les patrons devraient tout simplement être interdits de licencier. Par ailleurs, les travailleurs mis au chômage partiel devraient toucher l’intégralité de leur salaire et ceux qui se retrouvent sans aucun revenu devraient toucher une allocation spéciale à la hauteur du SMIC pour couvrir leurs frais.

Unité nationale : « Mais de quelle unité tu parles frère ? »

Ce qui me met le plus en rogne dans cette situation, c’est le discours du gouvernement sur « l’unité nationale » - comme si on était tous égaux face à la crise et également responsables de la propagation de ce virus de merde. Comme si on avait le devoir moral de sauver leurs meubles, quitte à y laisser nos vies, dans une crise qu’ils ont eux-mêmes générées et qu’ils sont tout simplement incapables de gérer - car la recherche de profit d’une minorité n’est pas compatible avec la santé de la majorité.

Qui peut encore croire au discours sur « l’unité nationale » quand celles et ceux qui se retrouvent aujourd’hui en première ligne d’un virus mortel, les nouveaux « héros de la nation », sont aussi celles et ceux qui se faisaient réprimer hier par l’État et sa police parce qu’ils se battaient pour de meilleures conditions de travail et de vie et un meilleur système de santé pour tous ?

Il n’y a pas de "nation en guerre contre le virus", mais deux classes sociales opposées : celles et ceux qui vivent du travail des autres et se sont rapidement mis à l’abri, les riches n’ont pas besoin d’aller faire leurs courses, on ne les verra pas se battre par peur de manquer des produits de première nécessité, c’est pour leurs profits que l’hôpital et le système de santé ont été patiemment démantelés ; les autres ce sont celles et ceux qui travaillent, qui font tourner la société, dont certains secteurs (en particulier les femmes travailleuses) se retrouvent en première ligne de la lutte contre le virus, d’autres doivent se battre pour la fermeture de leur entreprise malgré le confinement imposé de manière autoritaire à toute la société, d’autres encore, comme moi, ont la "chance" de pouvoir se confiner mais au prix de perdre leurs revenus. L’affrontement entre ces classes est partiellement suspendu (il s’exprime lors des droits de retrait, des grèves pour la santé des salariés) mais aussi violemment révélé par la crise sanitaire. Seule l’une d’entre elles est à même de gérer la crise de manière cohérente et dans l’intérêt de tous, et ce n’est pas celle de Macron.

La jeunesse doit s’organiser : "On n’est pas tout seul !"

Nous les jeunes, nous sommes les plus exposés à la précarité. Parce qu’on est les premiers à se manger tous les job les plus précaires, parce qu’on ne sait pas ce qu’on va faire de nos vies - avec ou sans "corona". Et parce que c’est en grande partie sur notre dos que les patrons comptent s’appuyer pour faire un max de profit quand le confinement sera fini. Je pense qu’on doit s’y préparer dès maintenant en nous organisant autour de mots d’ordre qu’on pourra porter dans la rue, sur nos lieux d’études et de travail à la rentrée. Alors dès maintenant, qu’ils fassent péter la moula ! Leur crise on ne la payera pas.

Si tu es dans une situation similaire, licenciement, perte de revenus, ou encore pour raconter tes conditions de travail ou ton quotidien pendant le confinement, contacte-nous pour témoigner !




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