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Course au capital. En pleine crise économique Bernard Arnault redevient la 1ère fortune mondiale

L'espace de quelques heures, Bernard Arnault est devenu l'homme le plus riche du monde, devant Jeff Bezos. Pendant que des millions de travailleurs voient leurs conditions de vie se dégrader, les milliardaires ont vu leurs richesses augmenter de manière phénoménale avec la crise.

mardi 25 mai

Alors qu’avec le Covid-19, notre classe fait face à une offensive patronale qui redouble de violence et à une crise sociale et économique de grande ampleur, les médias français se délectent depuis deux jours de la première place du classement FORBES prise, entre deux ouvertures de place financière, par Bernard Arnault qui a détrôné pendant quelques heures Jeff Bezos. Les chiffres sont indécents et le discours l’est tout autant : une fortune évaluée à 186,5 milliards de dollars, d’après Le Figaro, qui cite aussi le PDG de LVMH qui déclarait en avril "Les crises nous rendent plus forts". Ce qui nous donne à penser que les crises ajoutent aussi à l’abjection ordinaire du capitalisme.

Depuis lundi, en effet, tous les médias récitent la même louange à l’adresse des "40 milliardaires français" du classement FORBES, dont le patron de Moderna qui, grâce au vaccin, vient d’entrer dans ce cercle très sélect où la richesse s’allie à la vulgarité.
Entre louanges chauvinistes et étalage obscène, la bourgeoisie croit sans doute pouvoir nous faire partager son extase en présentant son "meilleur profil" : ses grandes fortunes, son récit d’une crise sanitaire vécue comme une "opportunité" - comme n’hésite pas à l’indiquer sur son site le fournisseur français des auto-tests qui a passé contrat avec l’Education nationale.

Avec la pandémie, on compte plus de cent mille morts en France, plus de 3 millions de décès dans le monde, mais voilà les médias bourgeois fascinés par la course de vitesse qui s’est jouée lundi entre les deux milliardaires les plus riches du monde, le patron d’Amazon et le patron de LVMH. Un face à face au chronomètre entre le patron d’Amazon qui pratique une exploitation des plus brutales et le patron du luxe français dont les Paradise papers ont révélé en 2017 les montages juridiques qui lui servent à échapper au fisc. Une richesse construite sur la prédation sociale du travail et sur l’évitement de l’impôt : de quoi être fiers, vraiment, pour cette classe qui a gommé du paysage médiatique les travailleurs et les travailleuses du quotidien et qui pratique la censure de tout discours sur l’exploitation du travail, pourtant constitutive de son enrichissement.




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