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Couvre-feu. Lallement mobilise une compagnie de police qu’il était censé avoir dissout

Selon Médiapart, la compagnie de police CSI 93 a été mobilisée dans le cadre du couvre-feu par le préfet Lallement. Le hic, c'est que ce dernier avait annoncé sa dissolution il y a trois mois, suite à plusieurs enquêtes judiciaires.

mercredi 28 octobre

Crédits photo : Philippe Lopez pour AFP

CSI 93. Ce sigle ne vous dit sans doute rien, mais il est au cœur d’un nouveau scandale touchant le préfet Lallement, dévoilé par Médiapart. En effet, cette compagnie de police de Seine-Saint-Denis a été réquisionnée pour faire appliquer les mesures liberticides du couvre-feu. Une information confirmée par la préfecture de police. Le problème, c’est que le préfet Lallement lui-même avait annoncé la dissolution de la CSI 93... le 2 juillet dernier. Une mesure à laquelle des syndicats comme Alliance et Unité SGP Police- FO se sont opposés.

En effet, la compagnie et une partie de ses membres sont au cœur de plusieurs enquêtes judiciaires, pour faux et usage de faux, violences en réunion ou bien encore détention de stupéfiants. Interrogé par Médiapart, un policier explique que « sa dissolution n’est pas encore actée. Une dissolution n’est d’ailleurs pas synonyme de sanction individuelle. On peut être recasé. Mais une dissolution reste néanmoins un geste fort qui devrait permettre de répondre à certains dysfonctionnements ».

Alors que les syndicats de policiers luttent contre cette dissolution, agitant l’éternel argument des « brebis galeuses », une source proche du dossier confie, toujours à Médiapart, que «  le problème est que ces agissements, sans être généralisés à l’ensemble des fonctionnaires de cette compagnie [qui sont 150 – ndlr], ne se limitent pas, pour autant, à un noyau dur. Ils sont diffus. Ce ne sont pas quatre mais plus d’une quinzaine de policiers de cette compagnie qui sont visés par près d’une vingtaine d’enquêtes ». Une autre source précise qu’ « au sein de la préfecture la hiérarchie a été avertie mais n’a rien fait. Plusieurs signalements ou alertes ont été faits par la BAC de Bondy, mais venant aussi de cette compagnie. Il faut s’interroger sur l’absence de réaction de la préfecture de police ».

Quoiqu’il en soit, les déclarations du préfet Lallement en juillet dernier sonnent donc comme un véritable mensonge, visant à faire retomber la polémique autour des agissements de cette compagnie de police. Une polémique qui revient aujourd’hui comme un boomerang, et qui témoigne de l’immunité totale des forces de répression.




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