^

Crise sanitaire

Covid-19. Entre hausse des hospitalisations et stagnation dans les services de réanimation

Quelques semaines après le pic de la deuxième vague et l’annonce du reconfinement, les cas stagnent voire sont en légère hausse. Alors que la population attend l'allègement du confinement le 15 décembre, les cas quotidiens restent loin de l’objectif de l'Exécutif et les scientifiques et médecins ne cessent d'alerter de l'approche d'une possible troisième vague à l'horizon.

lundi 7 décembre 2020

Crédit photo : JEFF PACHOUD / AFP

Avec la stagnation des cas quotidiens, voire une légère hausse avec l’enregistrement ce dimanche de 11.022 nouveaux cas en 24 heures, la barre de 5.000 cas donnée par le gouvernement comme critère essentiel pour le déconfinement, reste très loin. En effet, le chef de service en maladies infectieuses à la Pitié Salpêtrière, se dit très pessimiste par rapport à cet objectif : « Je pense que ce ne sera pas atteignable parce que la courbe arrête de descendre, elle se stabilise », réagit –il face à l’évolution des courbes. Depuis plusieurs jours le nombre de nouvelles contaminations oscille entre 10.000 et 13.000 mais ne semble pas changer radicalement. Le nombre de patients hospitalisés a également augmenté dimanche avec 222 personnes supplémentaires. Le seul point positif -mais qui reste fragile- est la lente diminution des patients en réanimation.

Dans le même sens, l’infectiologue Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, se dit « inquiète » sur BFMTV car « l’objectif du nombre de contaminations en dessous de 5.000, ca va être compliqué voire impossible », montrant bien l’échec de la stratégie du gouvernement et l’inquiétude que pourrait soulever l’évolution de la situation.

Une crainte qui semble notamment bouleverser la communauté scientifique est l’ « effet thanksgiving » qui s’est produit aux Etats-Unis, avec une hausse considérable des cas après les périodes de fêtes. Tout cela et l’allègement planifié par Macron avec l’annonce de la rentrée en présentiel possiblement plus tôt que prévue, sans aucun changement de protocole, pourrait faire que les chiffres de contamination repartent à la hausse. La préoccupation centrale du gouvernement en janvier pourrait donc devenir celle d’éviter une troisième vague, au moment où on sortirait à peine de la deuxième.

Alors que le gouvernement mise tout sur le vaccin et prépare sa campagne de vaccination qui devrait débuter en janvier, la troisième vague pourrait toucher la France plus tôt : « On a de fortes chances d’avoir une troisième vague. On se prépare. Le vaccin risque de ne pas l’empêcher car on va avoir des doses trop limitées au départ », explique l’inféctiologue Odile Launay sur BFMTV ce lundi, et tout cela si le vaccin est effectivement efficace dans la lutte contre la pandémie...

Cette stagnation et cette crainte de la troisième vague ne seraient donc que le reflet de la fragilité et l’échec des mesures mises en place par le gouvernement dans la lutte contre la pandémie.

La stratégie du gouvernement pour lutter contre l’épidémie est faible, il sera obligé de revoir son plan annoncé

Face à la menace de la reprise des contaminations après les fêtes, le gouvernement défend « la jauge raisonnable » de six adultes à table, mais manque de cartes à jouer sans toucher à l’économie. Des spécialistes défendent également l’idée de se faire tester avant et après les fêtes mais selon le président de l’UDI « Véran a fait l’effet douche froide car il n’y a pas les moyens humains », dans le cadre du Comité de contrôle et de liaison Covid-19.

Pour répondre à la polémique qui circule par tous les médias par rapport aux chiffres de contamination, Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé, s’est exprimé ce soir à ce sujet. Il accepte que le nombre de contaminations ne baisse plus et qu’il est encore « loin de passer sous la barre des 5.000 cas par jour » tout en alertant que « la saison hivernale sera très difficile ». Bien sûr en félicitant les Français de leur bon comportement pendant ces dernières semaines rappelant encore une fois « au bon sens » pendant les fêtes.

Il n’oublie pas de rappeler que la vaccination est un espoir majeur, sans doute pour faire miroiter une lumière au fond du tunnel, avec tout un discours comparant la France aux autres pays, visant à la mettre en valeur plutôt que de reconnaitre leur échec. Mais aucune information supplémentaire n’est ajoutée sur l’avenir, tout reste ambigu, et la troisième vague qui commence déjà à être discutée par les experts n’est même pas mentionnée. Il reste à attendre les décisions qui seront prises au Conseil de Défense ce mercredi à l’Elysée.

Mais en fait, le gouvernement montre une fois de plus que sa stratégie est très superficielle et fragile, et nous amène droit dans le mur. Le gouvernement n’a d’autres cartes à jouer dans sa logique, que de continuer le confinement made in MEDEF - qui montre déjà sa limite - avec un « stop and go » et attendre le miracle que serait le vaccin, qui n’est même pas encore une solution assurée.

Ces chiffres ne sont donc que le miroir de l’impossibilité du gouvernement à proposer une politique efficace pour lutter contre la pandémie. C’est pour cela que contre l’ingérence du gouvernement face à la crise, qui mise tout sur le vaccin et qui ne propose qu’un confinement made in MEDEF éternel, il faut un programme alternatif qui ne soit pas aux mains de ceux qui protègent les intérêts économiques de la classe dominante. Il est donc nécessaire de proposer et exiger la mise en place d’un programme de dépistage et de prévention à la hauteur de la crise actuelle afin de s’attaquer à la racine des contaminations. Un programme qui serait construit par et pour l’ensemble de travailleurs qui se retrouvent aujourd’hui à devoir payer les dégâts d’une crise qui n’est pas la leur !




Mots-clés

Vaccin   /    Deuxième vague   /    Olivier Véran   /    Covid-19   /    Coronavirus   /    gouvernement   /    Casse de l’hôpital