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Monde

L'Europe face à la deuxième vague

Covid-19 : L’Irlande et le Pays de Galles se reconfinent, d’autres pays optent pour le couvre-feu

Le continent européen est devenu le nouvel épicentre de la pandémie avec une deuxième vague qui frappe désormais la quasi totalité des pays. Partout, les chiffres de contamination ne cessent d'exploser. Partout, les mesures restrictives de couvre-feu local ou étendu ou un reconfinement partiel ou total sont mis en oeuvre.

mardi 27 octobre

Crédits : REBECCA NADEN/REUTERS

Durant la première vague du Covid-19, la plupart des pays européens ont mis en œuvre des mesures de confinement massif. Même le Royaume-Uni, très réticent dans un premier temps, s’est vu, sous pression de l’opinion publique, contraint de mettre en œuvre un confinement. Résultat de l’impréparation et d’une circulation incontrôlée du virus, le confinement est devenu l’unique moyen permettant de limiter la saturation des lits de réanimation et des personnels hospitaliers. Il révélait alors surtout les politiques désastreuses sur la santé, la casse des hôpitaux et la gestion catastrophique de l’épidémie. Pourtant il semble que la leçon n’ait pas été apprise, la seconde vague montre déjà un manque de moyens toujours aussi présent, des investissements toujours inexistants pour la santé et une impréparation toujours aussi grande.

Néanmoins l’arrivée brutale de la seconde vague, plus violente encore que ce que les épidémiologiques avaient prévu, montre des gouvernements plus démunis encore pour faire face. La progression est exponentielle avec un nombre d’infections qui dépasse les 8,2 millions de cas et les 258 000 décès. Le coronavirus démontre une fois de plus le manque d’organisation et d’investissements dans la santé de nombreux pays qui ont passé leur temps à pointer du doigt les responsabilités individuelles.

Partout des mesures restrictives et répressives

D’une part, l’Irlande et le Pays de Galles optent pour des mesures plus rapides et radicales. Ces deux pays sont les premiers pays européens à reconfiner. L’Irlande - avec 40% de nouveaux cas de contamination en moins que la France- a fermé les commerces non-essentiels et incite ses habitants à rester chez eux pendant six semaines. Le pays de Galle confine lui pendant deux semaines, tandis que d’autres préfèrent des mesures plus progressives dont l’efficacité reste à prouver et qui s’attaquent à la sphère de la vie privée. La mesure par excellence qui se répand dans plusieurs pays du continent est le couvre-feu. En France, un couvre-feu local a été mis en place, de 21h à 6h, alors qu’en Espagne cette mesure se répand à tout le pays, suivi par la Belgique.

En Angleterre, la même logique est appliquée, les réunions en extérieur sont interdites et les pubs qui ne servent pas de repas sont fermés. La République Tchèque, le pays avec le taux de nouvelles contaminations le plus haut, a également fermé les écoles, les bars et les restaurants.

Tout ces pays aux taux de contamination quotidiens parmi les plus élevés ont décidé de défendre le même logiciel : l’augmentation des taux de contagion serait dus aux réunions privées. Pourtant les chiffres et études montrent le contraire. Les principaux clusters sont les universités, les écoles et les entreprises.

Cette prise de position qui permet de faire continuer l’économie et de sécuriser les profits du capital, tout en stoppant la vie sociale à travers de mesures de plus en plus autoritaires, est accompagnée une nouvelle fois d’absence d’investissements pour la santé. Cependant, quoi qu’il en soit, ces mesures ne sont pas suffisantes et les gouvernements commencent presque partout à envisager un second confinement.

Un bilan de la première vague ?.. l’économie passe encore avant notre santé

Comme l’affirmait le président du Conseil scientifique en France, ce matin sur RTL : « Plus on prendra des mesures rapidement, plus elles auront une certaine forme d’efficacité » . Cependant pour des gouvernements comme ceux de l’Italie, la France et l’Espagne, les mesures avancent à pas de tortue alors qu’ils avaient assuré pendant le déconfinement être prêts pour une seconde vague et avoir retenu la leçon.

Des mesures qui non seulement restent insuffisantes mais qui s’attaquent également aux plus précaires comme comme le montre le reconfinement local à Madrid ou le couvre-feu en France.

C’est pourquoi, à l’opposé de la gestion répressive de la crise par les gouvernements, il faut que l’ensemble des travailleurs, qui risquent leur santé et leur vie chaque jour pour « la vie économique » du pays, appuient les bonnes revendications. Ce n’est pas un couvre-feu imposé de force dont on a partout besoin, mais de la formation et l’embauche massive de personnel soignant, l’ouverture de nouveaux services dans tout le secteur de la santé, l’ouverture de lits, des augmentations de salaires. C’est de centres de dépistage dont nous avons besoin, de masques pour tout.e.s, de la distanciation sociale dans tous le milieux scolaires et universitaires ainsi que dans les lieux de travail et de transport. Et ceci demande un investissement massif dans la santé et non pas pour la police ou le grand patronat.




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