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Covid-19 : quelles sont les raisons de l’inquiétante hausse des cas en Lozère ?

Au cours de la semaine, la Lozère a connu une remontée épidémique importante. Si à l’heure actuelle le niveau de contamination reste faible, et si la situation sanitaire ne peut être comparée à celle où la majorité de la population n'était pas vaccinée, cette situation reste à suivre car en combinant formation de clusters à l’école et zone où la vaccination est relativement faible, elle donne à voir les conditions d’un rebond localisé de l’épidémie.

mercredi 13 octobre

Depuis cette semaine, la Lozère connaît un important rebond épidémique, avec un taux d’incidence qui a plus de doublé, atteignant 106 cas pour 100 000 habitants, alors que le seuil d’alerte est fixé à 50. Une nouveauté depuis la vaccination. Le département retrouve en effet un niveau de contaminations similaires à celui de la mi juillet ou de début septembre, soit au début et à la fin de la quatrième vague. Une situation qui contraste avec le reste de la France, où le virus stagne à un niveau très bas, sans pour autant disparaître. A noter cependant, une différence majeure avec la séquence qui précédait est le très bas taux de mortalité, lié notamment à l’avancée sur la vaccination.

Une hausse des cas relative mais à surveiller

Malgré cela, la gravité de ces chiffres reste à relativiser. En effet, la Lozère étant un département très peu peuplé, avec 76 000 habitants, une incidence de 106 cas équivaut donc à moins de 80 cas positifs. Pour autant, les causes de cette remontée méritent qu’on y prête attention.

Tout d’abord, la hausse des contaminations s’explique par la formation de clusters dans deux écoles primaires, alors que le masque n’est plus en vigueur depuis le 4 octobre dans les départements où le virus circule peu, signe de l’absence de protocole sanitaire. Si les pouvoirs publics ont remis en place l’obligation de porter un masque dans les endroits où le pass sanitaire est en vigueur - preuve que cette mesure était une fausse solution sanitaire - cette absence de protocole pourrait amener la situation à se reproduire dans d’autres endroits. À ce titre, le cas des écoles primaires inquiète car les enfants de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés. La question de la vaccination est en effet un facteur dans ce retour de l’épidémie en Lozère, département moins vacciné que le reste de la France, avec 69,3 % de la population qui dispose d’un schéma vaccinal complet (quand la moyenne nationale est à 73,3 %).

Cette situation a rendu possible une nouvelle diffusion du virus, commencée dans les écoles, mais qui a pu se répandre en direction de personnes plus âgées, à cause du taux de vaccination plus faible. Le directeur de la délégation départementale de la Lozère à l’Agence régionale de santé (ARS) expliquait en ce sens à France Bleu Touraine que « Malgré des clusters dans les établissements scolaires, on a une augmentation de plus de 500 % pour le taux d’incidence pour les 45/65 ans, qui n’est pas lié à ces clusters-là ».

Bien que le cas de la Lozère ne pose en soi pas un problème majeur, il est à surveiller parce qu’il montre dans quelles conditions l’épidémie pourrait reprendre : une poussée dans les établissements scolaires, qui progresse sur des terrains où la population est plus faiblement vaccinée.

Une reprise partie dès écoles : le protocole sanitaire du gouvernement en cause

A cet égard, le traitement réservé aux écoles est inquiétant à plusieurs titres. D’abord parce que l’absence de protocole dans les écoles primaires, là où les enfants ne sont pas vaccinés, rend possible des retours, même partiels, de l’épidémie. Ensuite parce que rien n’est prévu pour contrer ces éventuels rebonds du virus. Face à la remontée des cas en Lozère, le suivi des cas dans les écoles a été particulièrement défaillant. Le représentant de l’ARS reconnaît ainsi : « On ne sait pas vraiment quelles mesures sont à mettre en place dans les écoles si l’incidence repasse au-dessus des 50 pendant 5 jours ». Cet exemple met en lumière l’impréparation du gouvernement, qui a abandonné tout protocole sanitaire dans les écoles, et l’absence complète de plans pour remédier à un éventuel regain épidémique.

Si la hausse des cas en Lozère reste contenue car c’est un département rural avec une faible densité de population, ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que si un tel scénario venait à se reproduire dans des zones avec de plus fortes concentrations d’habitants et d’activités, la reprise épidémique pourrait ouvrir la voie à une cinquième vague. Un tel rebond, s’il est encore à confirmer, doit être surveillé de près.

Aussi, le risque dans les mois suivants, d’autant plus avec l’arrivée de l’hiver, est que surviennent des montées brusques du taux d’incidence, avec une contamination qui parte depuis les écoles pour s’étendre à d’autres classes d’âge. Dans ce scénario où le Covid ne disparaît pas, se maintient à des niveaux faibles mais remonte vite par moment, les enfants sont particulièrement vulnérables. Un équilibre précaire qui pour l’heure reste maîtrisable, même qui pourrait toucher les personnes les plus vulnérables, les personnes non-vaccinées.

Sans crier à la catastrophe, il est nécessaire d’être attentif à l’exemple de la Lozère et de manière générale aux débuts de reprises épidémiques, même partiels, qu’on peut observer. À l’heure où le gouvernement exagère un jour et minimise le lendemain la situation sanitaire, au gré de ce qui arrange sa communication, il est évident que la prolongation du pass sanitaire et sa stratégie autoritaire ne répondent en rien aux nécessités de se préparer à un probable rebond épidémique, voire pire, à un variant qui serait à même d’échapper le vaccin.




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