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Monde

Vers un nouveau rebond épidémique ?

Covid : L’Europe redevient le centre de l’épidémie selon l’OMS

Jeudi 4 Novembre, l’organisation mondiale de la santé annonçait que l’Europe redevenait le centre de l’épidémie. Cette quatrième vague pourrait déboucher sur 500 000 morts sur le vieux continent d’ici à Février selon l’organisation. Entre autoritarisme et inefficacité, l’échec de la gestion capitaliste de la crise est total sur le continent.

vendredi 5 novembre

Crédit photo : Une gare à Moscou, le 26 octobre 2021 afp.com/Kirill KUDRYAVTSEV

Un spectre hante l’Europe : le spectre du covid. Jeudi dernier, l’organisation mondiale de la santé (OMS) s’est alarmée de la hausse « très préoccupante » du rythme de transmission du Covid-19 en Europe. Le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, a déclaré que cette nouvelle vague pourrait causer un demi-million de morts dans la région en l’espace de 4 mois.

Plusieurs indicateurs illustrent cette reprise de l’épidémie en Europe. Selon les données par pays compilées par l’AFP, le nombre de nouveaux cas par jour est en hausse depuis six semaines avec environ 250 000 nouveaux cas quotidiens. De même, le nombre de décès dus au covid est en hausse depuis sept semaines consécutives avec en moyenne 3600 décès par jour. Enfin, selon les données de l’OMS Europe, le nombre d’hospitalisation pour covid a doublé en une semaine.

L’Europe centrale et de l’Est sont en première ligne de cette 4ème vague. La Pologne notamment avec 9746 nouvelles contaminations par jour, soit 34% du pic épidémique qu’a connu le pays en Avril dernier, a mis en place des mesures particulièrement strictes pour endiguer l’épidémie. Le 24 octobre, tout le pays a été déclaré en zone rouge, actant alors la fermeture de nombreux établissements sportifs, scolaires également, astreignant les restaurants et cafés à la vente à emporter, ou encore limitant tout rassemblement à cinq personnes.

En Lettonie, le pays recense 2151 nouveaux cas par jour et fait face à la plus grosse vague que le pays ait connu. L’état d’urgence y a été décrété lundi 1er novembre et devrait durer trois mois d’après les autorités. Selon Karlis Racenis, docteur à Riga, les structures hospitalières débordent : « nous sommes obligés de refuser les autres patients qui ont des diagnostics sans risque pour la vie. Les équipes d’urgences médicales ne peuvent même pas répondre à tous les appels ».

La Russie aussi est à son pic de contamination avec pas moins de 40 000 nouveaux cas par jours reportés. Poutine a déclaré une période chomée du 30 octobre au 7 novembre renvoyant les salariés chez eux mais sans les confiner pour autant. C’est la quatrième fois qu’il utilise cette mesure, malheureusement insuffisante dans un pays ou seulement 33% de la population est pleinement vaccinée.

Si la situation est plus calme à l’ouest du continent plusieurs pays s’attendent néanmoins à être frappé durement par cette quatrième vague. C’est le cas notamment de l’Allemagne dont le ministre de la santé Jens Pahn a annoncé clairement la couleur mercredi dernier en déclarant : « Nous connaissons actuellement une pandémie, essentiellement de non-vaccinés, et elle est massive ». De fait, le nombre de contaminations par jour en Allemagne est en hausse avec en moyenne 21 044 nouveaux cas par jour, ce qui représente déjà 82% du pic des infections que le pays avait atteint en Décembre de l’année dernière..

Pour répondre à cette situation le pays s’apprête à mettre en place une solution « à la française » - coercitive. En Allemagne cependant les landers sont compétents en matière de santé, chaque région met en place des restrictions d’accès pour les non-vaccinés, soit avec des interdictions soit en exigeant des tests PCR.

En France la situation est bien loin des nouveaux standards européens mais la tendance est aussi à la hausse. Avec 64 cas recensés pour 100 000 habitants au cours de la dernière semaine et 6 225 nouvelles contaminations par jour en moyenne, la situation semble s’envenimer lentement mais surement.

Cette nouvelle vague hivernale révèle une fois de plus les insuffisances morbides de la gestion de la crise sanitaire par les capitalistes. L’OMS avance pour sa part deux causes principales :1/ l’insuffisance de la couverture vaccinale et 2/ le relâchement sur les gestes barrières comme le port du masque et les mesures de distanciation. De fait ce sont objectivement les meilleures armes que nous ayons pour lutter dès maintenant, en l’état, et dans l’urgence contre cette vague.

Aussi ce constat pragmatique ne doit pas nous empêcher de questionner, par-delà le paradigme culpabilisateur de l’époque, pourquoi alors que nous parlons du centre capitaliste, où les vaccins sont globalement disponibles, les vaccins sont-ils boudés ? Plus généralement, pourquoi les gouvernements capitalistes dont les institutions sont les plus robustes sont-ils incapables d’emporter l’adhésion ?

La réponse n’a rien d’un mystère, c’est le choix même des gouvernements capitalistes que d’avoir préféré l’incitation à la loi et la contrainte au consentement, c’est précisément la gestion infantilisante et autoritaire de ces gouvernements qui exaspère l’Europe en toute matière. Si les médias bourgeois parlent tantôt de mesures liberticides légitimes car prises pour des raisons sanitaires, il faut se rendre au constat que la gestion capitaliste c’est, en dernière analyse, indissociablement la servitude, la maladie et la mort.

A l’heure où les forces du capital détournent leur regard du sort qu’elles réservent à la grande majorité de la population mondiale, il est impératif de défendre une stratégie sanitaire ouvrière qui vise clairement l’expropriation de l’industrie pharmaceutique et sa mise sous control démocratique. De même, alors que la bourgeoisie continue de fermer des lits d’hôpitaux et à démembrer le service public à contre-courant de l’histoire, il est impératif de lutter pour un service public de qualité, sorti des réquisits courtermistes du capital et de l’impératif de la profitabilité marchande.




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