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Politique

Coup de gueule

Cri d’une manifestante en colère

De nos droits les plus élémentaires, humains, internationales et constitutionnels que nous reste-t-il ? Depuis le début de son mandat, chaque jour qui passe à bien son lot de surprise et son médiatique rebondissement, des affaires tellement énormes qu'elles en deviennent grotesques, à qui cela profite t'il ?

jeudi 7 février

Le 1er mai 2018 nous fêtions le travail dans une promenade bucolique dans les quartiers habitués à voir des marcheurs affairés et disciplinés avançant d’une masse compacte d’un point A à un point B et cela depuis plusieurs décennies.

Ce premier mai est le début d’une grande saga d’épisodes rocambolesques pleine de péripéties. Le théâtre vivant de la comédie humaine tel que l’avait écrit Balzac, commence dès lors qu’Alexandre Benalla entre en scène à deux endroits de Paris ce jour-là, aux jardins des plantes en début d’après-midi et plus tard à rue de la Contrescarpe, arborant fièrement un brassard de Police au bras dont on apprendra deux mois plus tard qu’il en avait usurpé la fonction.

Qui est t’il ? Pourquoi s’est-il défoulé sur des manifestants ? On ne sait pas et peut être ne le saura-t-on jamais, qu’importe en réalité, ce qui est à dénoncer c’est que c’est à ce moment précis que la liberté de manifestations a pris un sacré uppercut.
Un homme de l’ombre et dans l’ombre du gouvernement a balayé tous les fondements de cette devise "liberté, égalité et fraternité", dont on essaie de nous faire croire l’existence, même si on est conscient des impostures dont la classe dominante et les gouvernements à leur service font preuve en permanence.

Liberté et justice de classe :

En effet, que l’on s’appelle Benalla ou Dettinger le traitement judiciaire n’est pas le même quand on défend une femme violentée par les forces de l’ordre et un homme qui usurpe une fonction et cogne sciemment sur des opposants politiques.

L’un dans une vidéo présente ses excuses sur son geste et se rend de lui-même aux autorités.

L’autre se gargarise d’avoir déjouer la police et la justice du haut de ses 26 ans et se vante d’être intouchable car sous la tutelle du gouvernement.

Un mépris de classe sans pareil quand Jupiter demande pour l’un l’indulgence pour son poulain jeune et fougueux et pour l’autre du dédain, pointant avec arrogance le fait qu’il est impossible pour Christophe Dettinger de savoir aligner deux mots sans avoir été coaché par un avocat d’extrême gauche, car son discours n’est pas celui d’un gitan.

Que connaît-il de la communauté gitane au juste ?
Les a t’il rencontré et proposé de faire un de ses Grands Débats ? Peut-être estime t’il qu’ils n’en sont pas à la hauteur.

C’est comme faire un grand débat avec les quartiers populaires et ne pas inviter les principaux concernés c’est à dire les gens des quartiers populaires. Peut-être qu’eux aussi ne savent ni écrire ni parler donc à quoi bon les inviter ?

La plupart n’ont même pas le droit de voter, mais travaillent, payent des impôts mais ils ne sont d’aucun intérêt pour Jupiter et ses acolytes qui utilisent ce stratagème pour être en campagne électorale sur le dos du mouvement social des gilets jaunes.

Que reste-t-il de nos libertés ? liberté de circulation, liberté de manifester ?

Plus grand chose, nos droits les plus élémentaires fondent comme neige subissant le réchauffement climatique du roi Soleil.

Une loi anti-casseur qui ne concerne uniquement les manifestants, mais qu’en est-il des vrais casseurs, ceux qui cassent nos acquis sociaux, que doit-on dire à ces gens qui ont tout et qui brisent la vie de ceux qui n’ont rien ? Pourquoi aucune loi anti-casseurs ne leur est appliqué ? Il faut être au service de la classe dominante pour avoir le privilège et le DROIT de casser LIBREMENT des tibias, de crever des yeux, d’arracher des mains, gazer femmes et enfants en toute impunité et sous les yeux de la "communauté internationale". Une jambe, une main, un œil ou une vie d’une personne issue des classes populaires est-elle à ce point sans valeur aucune ? La vie de Zineb, la vie d’Adama, de Zyed et Bouna ? L’oeil de Frank, Jérôme et de Mme Kebe n’ont aucune valeur ?

En revanche, les dents d’un policier qui défend vos intérêts en ont. Ne prétextez pas qu’on ait "une dent" eux mais même la loi du talion a pris un raccourci et s’est transformé en œil pour dent.

Que reste t-il de la liberté de faire GRÈVE ?

Une journée de mobilisation le 05 février passée sous silence médiatique.

Quel pacte, quel arrangement a été fait pour placer cet événement aux oubliettes ?

Peur de l’insurrection des travailleurs ?

Peur de la grève générale illimitée ? Peur de la cohésion Gilets Jaunes et Gilets Syndicales ?

L’action de blocage du site de Rungis la nuit du 04 au 05 février 2019 a été un succès grâce à cette volonté de convergence et du tous ensemble qui existe très fortement à la base.

OUI Tremblez messieurs les patrons véreux qui n’avez pas de scrupules pour anéantir la vie d’une famille en jetant dehors un salarié !!!! Tremblez, le temps viendra où cette force deviendra plus importante et plus renforcée. Depuis des années les directions des organisations syndicales se sont plongées dans la compromission et le "dialogue social", devenus gargantuesques et bedonnants grâce à leurs enveloppes gouvernementales quand elles deviennent majoritaires aux élections professionnelles. Vendant leur âme à ces vautours qui sous couvert du dialogue social fracassent à grand coup de bulldozer les droits des travailleurs.
On nous vole nos manifestations, on nous vole nos grèves, on nous vole notre pouvoir de décision, on nous vole nos acquis.

La liberté de presse et d’information :

Rien n’est épargné par ce gouvernement et la presse indépendante en a fait les frais.
Mediapart, symbole de la révélation au grand public de l’acte 2 de l’affaire Benalla, et sans qui les enregistrements audios n’aurait pas pu circuler, paye aujourd’hui les fait d’avoir ouvert la boîte de Pandore. Perquisitions arbitraires sur on ne sait quel motif mais on se doute bien de qui émane cette demande. "La liberté d’informer" contrôlée par des actionnaires amis du gouvernement mais de quelle liberté parle t’on ? Des émissions orientées, des questions journalistiques et des plateaux complètement verrouillés. Donner l’illusion de la démocratie mais qu’en est-il réellement ? Qui sont ces gens à qui l’ont donné sciemment la lumière, dont on manipule les propos, dont on arrive par une simple maladresse de langage a détourné le sens et le contexte d’une intervention. C’est aussi pour ça que les médias indépendants n’ont jamais eu autant le vent en poupe que ces derniers temps. Les gens savent que l’information n’est pas toujours traitée de manière objective. Ainsi dans les manifestations, le traitement médiatique est complètement faussé, comme l’inexistence de la manifestation pour la grève du 5 février d’un point de vue médiatique, les manifestations des femmes gilets jaunes sont très peu médiatisées sur les chaînes publiques, ou quand elles le sont c’est quasi uniquement pour parler de ces "femmes gentilles et pacifiques", contrairement aux méchants gilets jaunes des samedis.

Ensuite il y a les chiffres des mobilisations manipulés pour donner un effet d’essoufflement du mouvement. Ou le fait d’avancer des théories hasardeuses pour diviser le mouvement de l’intérieur. Autant de stratagèmes et de stratégies de guerre médiatique entre le gouvernement et les manifestants.

Mais les masques sont en train de tomber, les masques de ceux qui tentent de nous faire croire qu’ils défendent des droits humains et universels, la liberté d’opinions et d’expressions, la solidarité, la paix et l’humanisme.

Gouvernement, grands patrons, actionnaires et bureaucraties syndicales c’en est trop !!!! Dehors !!!!!!!! Nous n’avons pas besoin de vous pour fonctionner, ni faire fonctionner nos secteurs de travail, ni même notre pays.

NOUS DÉNONÇONS CE MÉPRIS DE CLASSE, NOUS DÉNONÇONS CE GOUVERNEMENT,
NOUS NE SOMMES PAS RIEN,
NOUS SOMMES LA FORCE DE TRAVAIL DE CE PAYS SANS QUI LES GRANDS PATRONS NE S’ENRICHIRAIENT PAS.
NOUS SOMMES TOUT.
ET NOUS SOMMES ENSEMBLE CONTRE LES INÉGALITÉS, LES INJUSTICES, LA VIOLENCE ET LE MENSONGE D’ÉTAT.

Torya, une manifestante.




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