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Criminalisation de l’aide aux migrants : un maire italien condamné à treize ans de prison

Domenico Lucano, ancien maire de Riace dans le sud de l’Italie a été condamné à treize ans de prison jeudi dernier, accusé d’aide à l’immigration clandestine. En Italie comme en France, le soutien aux migrants se voit criminalisé.

lundi 4 octobre

Crédits photo : Kontrolab via Reuters

Maire depuis 2004 du village de Riace en Calabre dans le sud de l’Italie, Domenico Lucano avait été nommé en 2010 l’un des “meilleurs maires du monde” et il avait en 2016 été cité par le magazine Fortune comme l’une des personnalités les plus influentes. En effet, il est une figure de l’accueil des migrants en Italie qu’il mettait en place afin de lutter contre le dépeuplement de son village et pour développer des emplois. Il soutenait “la formation professionnelle des réfugiés » ce qui lui avait permis de « relancer des traditions artisanales locales, laissées à l’abandon faute de main-d’œuvre » comme l’explique le site Infomigrants.« Des ateliers-boutiques de céramiques, de broderie et de tissage, où se mêlent salariés italiens et réfugiés, voient le jour, et des postes se créent dans l’agriculture et les services d’entretien ».

Cependant, il est arrêté en 2018 et placé en résidence surveillée, sous le mandat de Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême-droite La Ligue, alors ministre de l’Intérieur. Il est accusé d’incitation à l’immigration clandestine, d’organisation de mariages blancs entre des migrants et des habitants du village, et d’irrégularités dans l’attribution de financements pour le ramassage des ordures, puisqu’il aurait préféré céder le contrat à des coopératives locales en lien avec des migrants.

Ce jeudi 30 septembre, son acharnement judiciaire s’est poursuit puisqu’il a été condamné à treize ans de prison, une sentence très lourde. Il doit aussi restituer 500 000 euros de financements européens. Un traitement aux antipodes de celui accordé au maire de Vintimille qui a la même époque expulsait un camp de migrants de sa ville à la frontière italienne avec l’aide de la police. Deux exemples qui démontrent le caractère résolument raciste de l’Etat italien et de sa justice, appliquant des politiques xénophobes, condamnant ceux qui viennent en aide aux migrants et soutenant ceux qui les répriment.

Une situation qui n’est pas sans rappeler l’affaire Cédric Herrou, finalement relaxé après cinq ans de lutte contre la justice, qui lui reprochait d’avoir aidé des migrants à s’installer en France. Ces attaques contre leurs soutiens est le corolaire de la politique de répression menée à l’encontre des migrants, sans cesse traqués et persécutés. Une situation face à laquelle la solidarité est plus que jamais indispensable !




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