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Politique

Cinquième vague

Criminel ! Attal refuse de rétablir la gratuité des tests malgré la reprise certaine de l’épidémie

En France, la reprise de l’épidémie et la formation d’une cinquième vague deviennent une certitude (19.778 nouveaux cas en 24 heures, un nombre inédit depuis le mois d'août). Ce matin, pourtant, le porte-parole du gouvernement réaffirmait sur France Inter sa position contre le rétablissement de la gratuité des tests. Une position criminelle, compte tenu de la recrudescence de l’épidémie.

mardi 16 novembre

Crédits photo : Christophe Archambault/AFP

Depuis plusieurs semaines, l’Europe est redevenue l’épicentre de la pandémie de coronavirus. En effet, les chiffres des contaminations, des hospitalisations et des décès sont de plus en plus alarmants dans des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Si la France n’a pas directement suivi cette dynamique de reprise de l’épidémie, les indicateurs montrent le début de la cinquième vague dans le pays, avec une augmentation très forte et rapide des contaminations. On dénombrait notamment ce mardi, en France, 19.778 nouveaux cas en 24 heures (+58% par rapport à mardi dernier), un nombre inédit depuis le mois d’août).

Selon les chiffres publiés hier par les autorités sanitaires, le taux d’incidence a dépassé le seuil de 100 cas pour 100 000 habitants entre le 7 et le 13 novembre. Les chiffres sont encore plus alarmants si l’on tient compte du fait que le 11 novembre était un jour férié et qu’il y a eu, comme le souligne Santé Publique France, « [une] moindre activité des lieux de prélèvement, par comparaison avec une semaine sans jour férié ».

Attal défend et revendique le déremboursement des tests

Interrogé par France Inter sur la reprise de la pandémie, et assumant que la France est en « état d’alerte », le porte-parole du gouvernement a répondu à l’exigence de tests gratuits par un refus totalement irresponsable et criminel. Selon lui, « il n’y a pas de raison que les Français, avec leurs impôts, financent des tests qui visent à aller au restaurant, qui visent à aller au concert, qui visent à aller au cinéma ».

Mais loin d’être pour le loisir, la seule et principale fonction des tests est de détecter et d’isoler les cas positifs et de briser ainsi la chaîne de contamination. Dès lors, les rendre payants est littéralement un acte criminel. Avec cette phrase, Attal voudrait nous faire croire que les seules personnes qui paient les tests sont les non-vaccinés qui veulent aller au restaurant, comme une manière encore une fois de stigmatiser les non-vaccinées. Or, le remboursement des tests pour les personnes non vaccinées n’est autorisé que pour les personnes symptomatiques ou à risque avec une prescription médicale, et il n’est pas nouveau que l’on puisse être contaminé tout en étant asymptomatique.

De plus, comme nous l’avons dit hier, « si les personnes symptomatiques semblent continuer de se faire tester, le délai entre l’apparition des symptômes et le test s’est allongé depuis le déremboursement pour atteindre aujourd’hui un délai de 2,5 jours : “cette augmentation pourrait s’expliquer par le passage nécessaire chez un médecin prescripteur préalable au test pour les personnes non vaccinées”, précise Santé Publique France ».

Une politique criminelle qui ne peut qu’aggraver la situation sanitaire, et la 5e vague

La politique gouvernementale de culpabilisation des non-vaccinés ne peut être qu’un obstacle supplémentaire à la compréhension de la situation sanitaire « réelle », et à un état des lieux nécessaire pour combattre cette cinquième vague qui nous menace. Les tests payants sont une mesure irresponsable visant à maintenir l’autoritarisme sanitaire du gouvernement par une forme de chantage lié au pass sanitaire, mais elle montre déjà ses limites et ses dangers. Pour donner un exemple, même le gouvernement allemand qui a brillé ces derniers mois par son refus total de prendre en compte les alertes quant à l’évolution de la situation sanitaire se retrouve à court dans une situation inextricable. Au pied du mur, le gouvernement allemand a décidé de revenir sur sa mesure de déremboursement des tests, en les rendant gratuits pour lutter contre la forte vague qui frappe le pays.

À ce sujet, l’épidémiologiste Antoine Flahault affirme, dans une interview du Parisien, qu’« en période de vague épidémique, on ait intérêt à réinstaurer la gratuité des tests à titre temporaire, afin de mieux identifier et d’isoler ceux qui seraient porteurs du virus. Toutes les mesures qui freineront la diffusion de ce virus redoutable cet hiver seront donc bienvenues, et d’un coût final souvent bien moindre que celui de journées de soins intensifs ou de confinement du pays ».

Comme mentionné plus haut, la situation est critique dans plusieurs pays, et en France le nombre de cas augmente rapidement. À cet égard, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, affirme dans une interview pour Le Figaro que si la vitesse de croisière du taux de reproduction du virus, aujourd’hui supérieur a 1, se fixe à 1,3 « une tension hospitalière est à craindre pour la deuxième moitié de décembre ».
Face à cette situation, l’autoritarisme du gouvernement devient de plus en plus criminel et irresponsable. Après presque deux ans de pandémie, il est plus que clair que le dépistage massif est essentiel pour briser les chaînes de contamination. Face à la cinquième vague, nous devons exiger des tests gratuits pour tous et des investissements massifs dans les hôpitaux !




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