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Crise au Venezuela : Guaido dans une nouvelle tentative de coup d’État

Juan Guaido a appelé ce matin les forces armées à organiser un coup d'État dans une vidéo où il apparaît avec Leopoldo Lopez, dirigeant de l'opposition de droite, libéré clandestinement de sa prison à domicile, ainsi que d'un groupe de militaires.

mardi 30 avril

Aux premières heures de ce mardi matin, Juan Guaidó, autoproclamé "président intérim" avec le soutien de Donald Trump, a annoncé que "la famille militaire a fait le pas" pour le rejoindre et parvenir à "la cessation définitive de l’usurpation [le gouvernement de Maduro]", appelant les forces armées à mener à bien un coup d’État.

La nouvelle tentative de coup d’État de Guaidó a été rapidement soutenue par le sénateur républicain Marco Rubio et la droite régionale avec la Colombie et l’Argentine en bons élèves de l’impérialisme.

L’appel a été lancé dans une vidéo dans laquelle il apparaît avec un groupe d’une vingtaine de soldats et le leader de droite Loepoldo López, lui même jusqu’à présent emprisonné pour avoir incarné la dernière offensive impérialiste sur le Venezuela en 2014 et 2017, qui aurait été libéré de sa prison personnelle par des soldats dissidents.

Dans la vidéo, qui a été enregistrée près de la base aérienne La Carlota, qui sert de quartier général au Commandement général de l’aviation, Guaido appelle à manifester d’ores et déjà au lieu d’attendre le 1er mai qu’il voyait comme une “journée historique”.

Dans ses déclarations, tout a indiqué une nouvelle tentative de coup d’Etat : "Le 1er mai, l’arrêt définitif de l’usurpation, commence aujourd’hui [...] A tous ceux qui nous écoutent : c’est le moment, l’heure est venue... Nous allons récupérer la démocratie et la liberté au Venezuela”.

"Aujourd’hui, en tant que président du Venezuela, en tant que commandant en chef légitime des Forces armées, j’appelle tous les soldats, toute la famille militaire, à nous accompagner dans cet exploit comme nous avons toujours fait, dans le cadre de la Constitution, dans le cadre de la lutte non-violente". L’appel n’a pas tardé à recevoir une réponse du gouvernement. En effet, le gouvernement Maduro, et ce malgré la crise profonde qu’il traverse, a affirmé directement à travers son ministre de Communication, Jorge Rodriguez, qu’il "affrontait et désactivait" un plan de coup d’Etat en allusion à la déclaration faite par Guaidó.

Il a indiqué que : "Nous informons le peuple vénézuélien qu’en ce moment nous sommes en train de nous confronter et de désactiver un groupe réduit de troupes militaires traîtres qui se sont positionnées dans le distributeur d’Altamira pour promouvoir un coup d’état contre la Constitution et la paix de la République".

De hauts représentants du gouvernement ont également pris la parole, comme Diosdado Cabello, le ministre de la Défense, Padrino López qui a fait état d’une "normalité" dans les casernes, ainsi que le procureur général de la République. Maduro ne s’est quant à lui pas encore prononcé.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a lui aussi rappelé son camp, en appelant l’armée à défendre "les institutions légitimes contre l’usurpation de la démocratie", c’est à dire en défense absolue de son pantin que représente Guaido, suivi par le secrétaire d’État Mike Pompeo ainsi que plusieurs gouvernements de la droite latino-américaine. En effet, la droite régionale a rapidement manifesté son soutien à la nouvelle tentative de coup d’Etat. Les gouvernements de la Colombie, de l’Argentine, du Panama et le Secrétaire général de l’OEA ont été les premiers à envoyer leur soutien à Guaidó, montrant ainsi leur alignement sur les politiques dictées par Washington sans vaciller.

Le président colombien Ivan Duque a demandé aux Vénézuéliens de se joindre à la "recherche de la liberté" pour chasser Nicolás Maduro : "Nous appelons les militaires et le peuple vénézuélien à se placer du bon côté de l’histoire, en rejetant la dictature et l’usurpation de Maduro", a déclaré Duque sur son compte Twitter. Le gouvernement argentin a lui "salué avec espoir" la libération de Leopoldo López. Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, a soutenu aujourd’hui l’"adhésion" de l’armée vénézuélienne à Guaidó

L’Union Européenne (UE), elle, qui a exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’avancée du coup d’Etat américain et à la droite vénézuélienne, a déclaré qu’elle suivait les événements et a réitéré sa demande de nouvelles élections. "Je réitère notre position de longue date selon laquelle il doit y avoir de nouvelles élections présidentielles au Venezuela", a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, lors de la conférence de presse quotidienne de la Commission européenne.

Pour le moment, l’action ne semble pas avoir plus de force réelle dans les casernes, il n’y a toujours pas de déclarations concrètes dans d’autres lieux importants de l’armée. De plus, les militaires qui entourent Guaido portent des uniformes de la Garde Nationale et non de l’aviation. Le gouvernement a appelé ses troupes à se rassembler autour de la maison présidentielle, le Palais de Mariflores ainsi que ceux qui souhaitent le soutenir. La situation au cours de la journée n’a pas donné de réelle évolution et pourrait aboutir à un nouvel échec pour Guaido après un nouveau possible coup de bluff.

Une fois de plus il faut répudier et rejeter toute cette nouvelle tentative de coup d’Etat, ce qui n’implique aucun aval ni aucun soutien politique au gouvernement de Maduro. Comme le signale la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme, il faut faire face au coup d’Etat pro impérialiste et aux misères auxquelles Maduro soumet le peuple Venezuela pour forger une alternative propre aux travailleurs.




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