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Aux patrons de payer leur crise !

Crise dans l’aéro. L’hécatombe continue avec 320 suppressions de postes à Figeac Aero

La crise dans le secteur de l’aéronautique se poursuit avec de nouvelles attaques contre les travailleurs. Ce jeudi, l’entreprise Figeac Aero, dans le Lot, a annoncé un PSE prévoyant de supprimer 320 postes, en plus de ne pas en renouveler 147.

vendredi 28 août

Crédits photo : AFP

Ce jeudi, l’équipementier aéronautique Figeac Aero a annoncé un gros PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), prévoyant de supprimer 320 postes sur 966 CDI, ce qui représente un tiers des effectifs. Cette annonce n’a pas été une grande surprise pour les salariés de la sous-traitante, qui s’attendaient à un APC ou PSE rapidement, suite aux pressions de la direction. Cette attaque s’inscrit dans la lignée de toutes les autres dans le secteur de l’aéronautique actuellement, avec des licenciements et baisses de salaire qui tombent au compte goutte depuis le mois de juin. Comme s’il n’y avait pas d’autres choix que de licencier, le patronat justifie ces attaques comme une fatalité de la crise économique. Pourtant, l’aéronautique a été un secteur particulièrement rentable ces dernières années, et l’argent existe (il s’agit de savoir ce que les capitalistes et les actionnaires en ont fait). L’Etat dépense même des milliards d’euros pour accompagner les licenciements, pour accentuer la concentration du capital induite par la crise, pour contenir les éléments de colère les plus radicaux (par le chômage partiel par exemple), main dans la main avec le patronat. Encore une fois, ce sont les travailleurs qui vont injustement payer la crise. Selon un salarié syndiqué de l’entreprise avec qui nous sommes entrés en contact, « pour nous il n’y a pas lieu d’avoir des suppressions d’emplois. La variable d’ajustement ce sont les salariés ».

Par ailleurs, si le PSE annoncé par Figeac Aero consiste en 320 suppressions de CDI, il faut ajouter à cela une baisse d’effectif supplémentaire de 147 postes depuis le début de l’année 2020. Elle concerne les CDD et les contrats d’intérim qui n’ont pas été renouvelés. Selon le communiqué de la CGT Figeac Aero, en prenant en compte ces deux chiffres, on arrive à une baisse totale des effectifs de l’entreprise de 44 % pour l’année 2020. Un chiffre énorme puisqu’il s’agit de presque la moitié des salariés qui se retrouvent sans emploi. Dans son communiqué, le syndicat dénonce d’ailleurs ce pourcentage élevé, qui est même supérieur au pourcentage annoncé par les donneurs d’ordre Airbus et Safran, c’est à dire entre 30 et 40 %. Le reste du patronat aéronautique n’est pas en reste mais notons tout de même le zèle particulier dont fait preuve la direction de Figeac Aero !

Il y a des contradictions fortes, qui ne font qu’augmenter l’incompréhension des travailleurs et l’illégitimité de ces plans de licenciements. Selon le syndicaliste CGT de Figeac Aero que nous avons contacté, les perspectives de la direction pour 2021 seraient d’atteindre le même chiffre d’affaire qu’en 2014/2015, il y avait alors environ 1 000 salariés. Comment atteindre le même chiffre d’affaire avec des centaines de travailleurs en moins ? On imagine facilement comment cela implique des conditions de travail plus dures pour ceux qui auront « la chance » de ne pas se faire licencier, et que les salariés ne seront pas non plus à l’abri d’une baisse de salaire ou d’un APC qui viendrait se combiner à ce PSE. Pour cela, il faut refuser toute suppression de poste, au-delà des licenciements secs.

Les négociations avec les syndicats concernant ces licenciements sont prévues jusqu’en janvier 2021, et les licenciements sont censés prendre acte en mai 2021. Malgré tout, les leçons de la bataille des Derichebourg nous montrent qu’il ne faut pas entrer dans ce jeu de négociations et attendre pour mobiliser. Le temps joue en faveur de la direction. La colère doit se transformer dans une réaction collective où les ouvriers puissent discuter et envisager des perspectives ensemble, un rassemblement, une assemblée générale, et même si le niveau de combativité le permet, vers la grève. Même si certains collègues peuvent sentir une forme de démoralisation, le refus des suppressions d’emplois (qui sont trop importantes pour imaginer s’en sortir par des solutions individuelles) doit s’accompagner de la prise de conscience de la force de l’action collective des travailleurs de l’entreprise

La lutte des ouvriers de Derichebourg (les premiers à avoir subi un APC), doit être un exemple pour envisager une lutte d’ensemble des ouvriers des entreprises de l’aéronautique, donneuses d’ordres ou sous-traitantes, pour obtenir zéro licenciements et zéro baisse de salaire, à minima. L’ensemble des boîtes du secteur vont être touchées par les mêmes attaques, il est évident que des rencontres et des coordinations pour refuser les PSE et les APC sont possibles et nécessaires pour faire reculer le patronat aéronautique.




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