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Les services de psychiatrie face à la crise : angoisse, burn-out, suicides...

Les services de psychiatrie ferment un à un face au manque de moyens dans les hôpitaux et la destruction des services publics qui ont par conséquent été incapables de contenir la crise.

lundi 11 mai

Crédits : AFP / Valery Hache

Les services de psychiatrie sont depuis longtemps sous tension, soumis à des logiques de rentabilité comme le reste de l’hôpital public. Les lits d’hospitalisation manquent, et le manque de personnel rend la prise en charge des patients en souffrance psychique mauvaise. Il y a donc moins de temps pour s’occuper des patients, d’échanger, de s’entretenir avec eux, d’écouter leur souffrance. Les traitements psychotropes sont par conséquent plus utilisés pour calmer et réduire les tensions induites par ce manque de moyen dans la relation du personnel au patient.

C’est dans ce contexte de manque de moyens, et de grèves dans les hôpitaux ces dernières années, qu’intervient l’épidémie de coronavirus qui frappe les travailleurs en première ligne, les secteurs précaires de la société.

Cette crise a bouleversé le fonctionnement de la psychiatrie, en effet beaucoup de structures extra-hospitalières permettant le maintien à domicile dans de bonnes conditions de patients atteints de maladie psychique chronique ont fermé. Les centres médico-psychologique, relais à la suite d’une hospitalisation ou pour avoir un suivi psychiatrique de ville, tournent au service minimum de même que les services d’hospitalisation. De plus le manque de matériel de protection (masques, gants, surblouse) rend encore plus difficile les conditions de soins. A l’heure actuelle les patients hospitalisés en psychiatrie présentant des symptômes sont testés et si positifs sont envoyés dans des services spécialisés de psychiatrie pour les personnes porteuses du Covid-19. Ces services ont ouvert assez tardivement et doivent économiser au maximum le matériel de protection.

Le confinement et la crise ont conduit à un isolement social des personnes, mais aussi à une augmentation de l’angoisse du confinement, d’être enfermé chez soi, de contaminer d’autres personnes. Ces angoisses n’ont malheureusement que très peu d’espace pour s’exprimer actuellement du fait de la fermeture des structures extra-hospitalières et du fonctionnement au service minimum de la psychiatrie.

Malgré ces mesures de nombreux personnels de santé ainsi que des personnels hospitaliers ont été contaminés par le coronavirus, développant parfois des formes graves allant jusqu’à la mort.

Les nombreux licenciements et les conditions de travail de plus en plus précaires dans la santé et dans les autres secteurs accentuent ces tendances à l’anxiété qui peuvent entraîner des burn-out, voir des suicides et encore plus dans les secteurs les plus précaires. De surcroît ce sont ces secteurs de la société qui ont été obligés de se confiner dans des appartements ambiguës avec des familles nombreuses et qui subissent la répression policière quotidienne notamment dans les quartiers populaires.

Cette crise devrait par la suite amener à une sollicitation importante des services de psychiatrie intra et extra-hospitaliers pour pallier aux manques de moyens des services publics et de la situation catastrophique dans les hôpitaux, la perte de proches car il n’y avait pas assez de place en réanimation, mais aussi l’incertitude et la souffrance de la précarité.

La souffrance psychique ainsi que la maladie mentale n’a jamais été bien vue dans la société capitaliste. Sûrement en partie du fait que ces maladies et ces souffrances sont souvent induites par les rapports d’exploitation, par une violence économique, sociale, physique et psychologique.




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