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Politique

Chômage et licenciements

Crise économique : 500 000 emplois supprimés lors du 1er trimestre en France avec l’effondrement de 40% de l’intérim

Sur le 1er trimestre 2020, de janvier à mars, 497 400 emplois ont été détruit dans le secteur privé, soit une baisse de 2,5 %, provoquée par un effondrement de 40 % de l’intérim sous l’effet du confinement. Le gouvernement répond par un plan de sauvetage des profits patronaux tandis que les salariés subissent le chômage de plein fouet.

jeudi 11 juin

Crédits : AFP/Joël Saget

500 000 emplois détruits sur le premier trimestre 2020. C’est ce que l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) publie dans sa dernière estimation ce jeudi 11 juin. Avec cette chute de 2% de l’emploi salarié, l’économie française atteint son niveau le plus bas depuis 2017. Cette chute, consécutive à la crise économique accompagnant la pandémie de Covid-19, concerne presque exclusivement le secteur privé qui a vu la suppression de 497 400 emplois. En première ligne de cette destruction de près de 2,5% des emplois : l’interim avec 318 100 emplois détruits, ce qui représente une chute 40,4% par rapport à la fin 2019. Ces statistiques sont historiques puisque en comparaison, lors de la crise des subprimes en 2008-2009, l’emploi intérimaire avait baissé de 13,9% au quatrième trimestre 2008 puis de 13% au premier trimestre 2009. La baisse concerne tous les secteurs, mais elle est plus forte dans la construction (- 60,5%) et l’industrie (- 40,7%) que dans le tertiaire (- 31%).

Mercredi, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a dit s’attendre à ce que la crise économique entraîne la suppression de « 800 000 emplois », soit « 2,8 % de l’emploi total ». « Ce choc est considérable, il doit appeler des politiques publiques massives pour soutenir, accompagner tous ceux qui sont touchés », déclare-t-il lors d’une audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. Il a également fait part de son souhait que « l’activité économique reprenne plus vite » et « retourne à la normale cet été ». Comme toujours, le gouvernement pense avant tout aux patrons et aux actionnaires et pas du tout aux salariés.

En effet, d’un côté, Bruno Le Maire donne l’illusion de vouloir aider les travailleurs et travailleuses alors qu’en réalité, c’est lui-même qui précarise les CDD et les emplois d’intérimaires par une loi d’assouplissement de leur encadrement juridique sur une durée de 6 mois afin de transformer les plus précaires, ceux qui ont été les premières victimes avec une surcharge de travail en plus d’un salaire à la baisse ou un fin de contrat direct, en variable d’ajustement face à la crise économique pour maintenir les profits des capitalistes. En réalité, il est dans une logique de « socialiser les pertes et privatiser les profits » et c’est ainsi qu’il a offert 15 milliards d’euros d’argent public aux banques et aux patrons de l’aéronautique soi-disant pour « sauver les emplois » : les salariés de Derichebourg dont les conditions de travail se dégradent et qui sont menacés de licenciements massifs en témoigneront. Cet argent ne sert que les intérêts économiques du patronat et des actionnaires au détriment du salariat, qui nous le voyons, commence à subir les politiques d’austérité du gouvernement et les effets de la crise en tant que variable d’ajustement des profits patronaux.

Ainsi, l’effondrement de l’intérim montre bel et bien que toutes les mesures prises par Le Maire ne sont pas en faveur du monde du travail mais servent uniquement à maximiser les profits du patronat. Dans ce contexte de crise économique qui s’intensifie de plus en plus il s’agit de s’unir comme le font les salarié de Derichebourg et de Neuhauser afin d’intensifier la lutte pour l’interdiction des licenciements et le maintien des salaires pour faire payer la crise aux capitalistes.




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