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Indécence

Crise sanitaire : Macron se pavane en terrasse malgré sa gestion catastrophique

Le président, comme de nombreux ministres et députés ont posé aujourd’hui en terrasse pour « célébrer » la deuxième étape du déconfinement. Alors que l’épidémie est loin d’être maîtrisée en France comme dans le monde, cette fanfaronnade montre une fois de plus l’indécence du gouvernement.

mercredi 19 mai

Crédits photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

« Tous en terrasse » s’exclamait ce matin sur Twitter Bruno Le Maire, ministre de l’économie, posant fièrement dans un café L’Equipe à la main. Tout comme Emmanuel Macron, Jean Castex ou encore Marlène Schiappa, les têtes du gouvernement ont lancé ce mercredi une vaste campagne de communication pour montrer la « réussite » de leur plan de déconfinement face à l’épidémie du Covid. Un plan de communication, qui, au-delà de son ridicule (comme si Macron allait se promener dans les cafés du 8ème arrondissement alors qu’il a à sa disposition un jardin de deux hectares en plein Paris…) montre une nouvelle fois la légèreté d’un gouvernement qui, malgré les indicateurs sanitaires et les alertes des épidémiologistes, se célèbre en vainqueur du coronavirus.

Alors que la troisième vague a à nouveau fait des milliers de morts, portant le nombre de décès en France à plus de 108.000 et poussant les services de réanimation au-delà de leurs limites, le gouvernement avance dans son plan de confinement. Ce 19 mai, les terrasses, musées, théâtres, et commerces ont été ouverts à nouveau. Face à l’enthousiasme du gouvernement, les épidémiologistes, de leur côté, restent cependant prudents voir méfiants vis-à-vis du ralentissement des mesures de freinage. Interrogée par Ouest France, Karine Lacombe, infectiologue à l’hôpital Saint Antoine à Paris regrette cette ouverture, prématurée selon elle : « Elle arrive probablement trop tôt. Deux, trois, quatre semaines, c’est difficile à dire. On aurait souhaité qu’il y ait beaucoup moins de personnes en réanimation, voire en hospitalisation traditionnelle avant de rouvrir. » Si pour elle la situation n’est pas comme l’an dernier, grâce notamment aux vaccins, elle finit cependant, comme tous ses collègues par conclure « qu’il faudra voir les indicateurs ».

Et malheureusement, côté indicateurs, s’il est vrai que les contaminations sont en baisse depuis un mois, on peut difficilement être aussi optimiste qu’Olivier Véran, qui « espère tourner la page du Covid en novembre ou décembre ». Le 18 mai, la France avait ainsi détecté 207 cas par millions d’habitants, loin devant ses voisins européens ou même la moyenne de l’Union Européenne, qui est à 130 par millions. Alors que l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont détecté autour de 120 cas par millions, le Royaume Uni en était à 30 cas par millions. Des chiffres qui montrent le retard de la France dans la lutte face à l’épidémie, notamment au niveau de la campagne de vaccination.

Surtout, c’est l’absence d’une véritable stratégie sanitaire qui a de quoi inquiéter alors que le gouvernement célèbre sa réouverture. Dans les écoles, sur les lieux de travail, dans les lieux d’études, le gouvernement n’a prévu aucun moyens supplémentaires ou mesures pour éviter un éventuel retour de l’épidémie. A ce titre, les nouveaux variants, notamment la souche indienne, ne semblent pas ou peu inquiéter le gouvernement, alors que beaucoup s’alarment de son haut niveau de contagion et de sa virulence plus importante, qui pourrait toucher plus gravement encore les personnes plus jeunes, qui ne sont même pas encore vaccinée contre la souche initiale. Visiblement, le gouvernement se préoccupe une fois de plus avant tout de la continuité de l’économie et de sa communication. Pour une véritable stratégie sanitaire, c’est sur nos propres forces qu’il faudra compter en cherchant à imposer des moyens et des mesures à la hauteur, sous contrôle des travailleurs et usagers.




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