Poésie

Croissance ton nom est souffrance

Leonava Whale

Croissance ton nom est souffrance

Leonava Whale

Ouvriers chinois, migrants de l’intérieur, ils se nomment eux-même la génération sans future ou la génération sans espoir. Ils sont jeunes, ils ont quitté leur campagne pour chercher une meilleure vie en ville. Mais très vite ils déchantent : ils vivent l’enfer de l’usine, l’enfer de la solitude, l’enfer tout court. Ouvriers de Foxconn ou de n’importe quel autre géant industriel, il ne leur reste plus rien, ou si peu. Des mots qui dansent dans leurs têtes et quelques feuilles pour les noter. Une nouvelle génération de poètes ouvriers émerge en Chine. Elle permet de comprendre avec les tripes la vie d’un ouvrier chinois.

Ces images sont connues de tous, les chaînes de travail modernes dans des hangars sans fin, où des milliers de travailleurs construisent des petits bijoux technologiques. Images de travailleurs chinois aussi nombreux qu’anonymes, cantonnés à une parcelle de la chaîne de production, répétant les mêmes gestes en boucle tous les jours. Pourtant, nous ne connaissons rien de leur vie, de leurs rêves, ou de leurs espoirs. Certains de ces travailleurs prennent la parole. En posant mots et maux sur le papier, une nouvelle génération de poètes ouvriers chinois nous donne des clefs pour comprendre et approcher au plus près leur réalité et donc la réalité du monde d’aujourd’hui.

La génération de poètes chinois précédente, dont l’écrivain Bei Dao faisait partie, était engagée : Je te le dis, monde, / je – ne – crois – pas ! / et si sous tes pieds ils sont mille à te défier / compte moi comme le mille et unième. Elle l’était au côté des gardes rouges et de la révolution culturelle, au début, puis déçue, désillusionnée, elle était devenue contestataire. Ces « poètes obscurs » utilisaient des figures de style, des termes cryptiques et des thèmes hermétiques pour critiquer la régime en évitant la censure. La nouvelle génération ne se cache plus, elle connaît les besoins du miracle économique chinois : l’exploitation de millions de travailleurs. Mais elle a perdu tout espoir.

Leurs poèmes trouvent leur source dans le champ lexical du travail et de l’industrie. Froids comme le métal, acérés comme un couteau, ils ne cherchent pas à dépeindre un univers onirique ou qui permette de s’évader. La vérité, cruelle, aiguisée, agressive, est assumée. Le travail c’est la mort. N’étant eux-mêmes qu’un rouage remplaçable dans l’organisation du travail, ils se déshumanisent. Utilisés comme prolongation de la machine, ils se réifient dans leurs poèmes en mettant en avant l’aliénation du travail à la chaîne.

Un homme tombe par terre

C’est le cas de Xu Lizhi, qui quitte son domicile familial dans la province Guangdong en 2010 pour aller travailler à l’usine de Foxconn, à Shenzen. L’entreprise est connue parce qu’en 2010, les médias du monde entier y relaient une importante vague de suicides. Foxconn, c’est la multinationale de la sous-traitance taïwanaise la plus importante de Chine qui exploite plus de 1,4 millions de travailleurs. Pilier important de la chaîne de production internationale, elle est la représentation du progrès foudroyant des capacités d’exportation chinoises. Au bout de quelques temps, Xu quitte son travail chez Foxconn en espérant trouver ailleurs autre chose que des vis, des machines et des tapis roulants. Sa tentative de monter un petit commerce avec un ami échoue. Il rêvait de devenir libraire, mais ne trouve pas de poste. Alors, le 26 septembre 2014, à l’âge de 24 ans, sans argent, il doit se résigner : frapper à nouveau à la porte du géant de l’électronique. Il est affecté au même atelier, au même poste, à la même position. Le 30 septembre, après sa journée de travail, il se dirige vers le centre commercial où se trouve sa librairie préférée, monte sur le toit qui surplombe le dix-septième étage et se jette dans le vide. Ses amis réussissent à sauver ses poèmes et les publient.
En voici quelques uns qui ont été publiés dans l’édifiant La machine est ton seigneur et ton maître [1] :

Une vis tombe par terre

Une vis tombe par terre
Dans cette nuit noire des heures supplémentaires
Plongeon vertical, on l’entend à peine atterrir
Personne ne la remarquera
Tout comme la dernière fois
Une nuit comme celle-ci
Quand quelqu’un s’est jeté
Dans le vide

Xu Lizhi

J’ai avalé une lune de fer

J’ai avalé une lune de fer
Qu’ils appellent une vis
J’ai avalé ces rejets industriels, ces papiers à remplir pour le chômage
Les jeunes courbés sur les machines meurent prématurément
J’ai avalé la précipitation et la dèche
Avalé les passages piétons aériens,
Avalé la vie couverte de rouille
Je ne peux plus avaler
Tout ce que j’ai avalé s’est mis à jaillir de ma gorge comme un torrent
Et déferle sur la terre de mes ancêtres
En un poème infâme

Xu Lizhi

Foxconn a mis en place un management de type militaire. Les employés doivent vivre dans les appartements du groupe, soumis à un règlement intérieur très stricte (interdiction de boire de l’alcool, de ramener une personne extérieure, de découcher, etc.). Aux 8 heures de travail légal s’ajoutent souvent des heures supplémentaires obligatoires et illégales, pouvant aller jusqu’à 4 heures. De plus, les salariés doivent assister chaque matin au pitch du contremaître qui définit les objectifs (toujours plus importants) de la journée. Ces pitch durent souvent plus d’une demi-heure et ne sont pas rémunérés. En 2014, sous le feu des critiques médiatiques au vu du nombre de suicides, l’entreprise augmente légèrement les salaires et met en place une hotline pour les salariés suicidaires. Mais celle-ci sert surtout en fait à fliquer les employés « à l’esprit faible ». Enfin, des filets « anti-suicide » sont installés aux fenêtres des entrepôts leurs retirant la possibilité même de choisir leur mort. La liberté s’arrête ou commence le profit. Zhou Qizao, ami de Xu écrit le poème suivant en apprenant le suicide de son ami.

En apprenant le suicide de Xu Lizhi

La perte de toute vie
Est la disparition d’un autre moi
Une autre vis s’est desserrée
Un autre frère du travail migrant se jette du bâtiment
Tu meurs à ma place
J’écris des poèmes à ta place
Pendant ce temps, pendant que j’essaie de resserrer les vis
C’est aujourd’hui le 63e anniversaire de la nation
Qu’on va célébrer dans la joie
Un autre toi de 24 ans se tient dans le cadre gris de la porte, avec ce petit sourire
Vents d’automne et pluie d’automne
Un père aux cheveux blancs, portant l’urne
Anthracite qui contient tes cendres, rentre chez lui d’un pas chancelant

Zhou Qizao

Le déracinement comme point de départ

Pour comprendre la vie de ces ouvriers, au delà des lignes de montage et de l’aliénation du travail, il faut comprendre la situation des travailleurs migrants de l’intérieur. Le concept de travailleur migrant apparaît en 1984, pensé par l’universitaire Zhang Yulin. L’avènement des nouvelles villes industrielles en Chine orientale brasse et attire alors de nombreux paysans venant de la campagne et cherchant un travail. Ils sont alors considérés comme étrangers dans leur propre pays. La politique qui a permis cette migration à large échelle est le « Document 1 » présenté par le gouvernement le 1er Janvier 1984 et qui autorise les habitants des campagnes à migrer à la ville.

Bien que la migration interne en Chine ait toujours existé, elle était fortement encadrée depuis 1956, puisque les travailleurs avaient besoin de la permission des autorités locales pour obtenir une autorisation de travail ailleurs. Cela rendait impossible toute migration pour 85 % des chinois. Le gouvernement avait besoin de ces interdictions pour garder les paysans à la campagne et maintenir une production agricole suffisante. Pour Yulin, l’objectif d’une telle restriction était d’empêcher les résidents de quitter leur coopérative agricole en vue d’en rechercher une autre à travers le pays, avec de meilleures conditions de travail, ce qui aurait créé une tendance à l’amélioration des conditions de vies dans celle-ci. Pour lui une telle loi avait le même objectif qu’un mur autour d’un camp de travail : l’empêcher de le quitter.

Trente ans plus tard, le développement de l’industrie et le développement d’une économie de marché dans le pays a créé une demande importante de main d’oeuvre dans les villes. Par conséquent, le gouvernement supprime les restrictions de déplacement pour permettre aux paysans de s’installer en ville et de devenir ouvriers. Aujourd’hui, on estime que plus de 274 millions de Chinois ont quitté les campagnes pour s’installer en ville, créant de nombreux problèmes de manque de logements, d’enfants abandonnés, de familles séparées, de surpeuplement des villes, etc.
En 2015, les lois sur l’enregistrement des travailleurs et les permis de résidences temporaires ont été abolis. Le terme de travailleur migrant est devenu juridiquement caduque, alors que la réalité des difficultés de migration intérieure sont restées les mêmes.

La poésie des travailleurs migrants est appelée Labor Poetry, « poésie ouvrière ». L’existence d’un « Labor » implique la vente de la force travail à un patron. C’est un langage capitaliste, entré dans le pays depuis Hong-kong vers Guangdong dans les années 1980. Avec l’extension de l’économie capitaliste en Chine, ces termes ont peu à peu remplacé le vocabulaire socialiste lié au travail. La poésie ouvrière apparaît dans les années 1990 quand un petit nombre d’ouvriers avec quelques connaissances en littérature ont commencé à écrire sur leurs conditions de travail loin de leur foyer. Cela a créé une nouvelle catégorie de littérature écrite par ceux qui viennent des couches les plus basses de la société.

Parmi eux se trouve, Xie Xiangnan, qui a quitté Hunan pour aller travailler à Zhejiang. Travailleur de la construction, travailleur à la chaîne, docker, monteur dans une usine de papier, réparateur de machines, etc., il multiplie les expériences de travail et commence à écrire pour en parler. Après avoir dormi pendant une semaine sur un banc de pierre à côté de la gare de Guangzhou il écrit une série de poèmes dont « Guangzhou Train Station ». Dans celui-ci, il mentionne deux peintures – « La liberté guidant le peuple » et « Lénine à la tribune » – qui sont présentes dans les manuels scolaires des écoliers chinois. Dans la peinture de Delacroix, la femme représentant la liberté marche avec les insurgés dans la fumée du champ de bataille. Cette représentation contraste avec la seconde peinture où Lénine est surélevé face à une foule hors champ, délivrant son message par le haut. Xie voit dans cette situation une métaphore de la gare de Guangzhou.

Guangzhou Train Station (Traduction [2])

I remember the painting « Liberty Leading the People, »
a fairly safe picture, it appeared in our middle school history book
along with « Lenin on the Rostrum, » in which people gather below the stage
and raise up their weapons. I seem to remember hearing a sound leaping
from the page—
there was a huge crowd at the Guangzhou train station in March 1996 too
the bags piled on the square were like packages of explosives
and I almost imagined the digital clock towering overhead
was our beloved Lenin. Two foreign men in suits stood
beside a sign, an advertisement for American cigarette
and in march 1996, I was a kid from the country who didn’t smoke
pushed off the train by the flow of people, I was like a log
just pulled out of the forest. The earth and sky had already changed
a five-kuai meal could only fill up one corner of my stomach
and people kept bumping into me—brushing past
with the same face, like uncontrollable revolutionary fever
an old man in a armband had caught a woman and was going to fine her
while girls loitered in the countryard and laid out their wares in the night
fruit and motor scooters, newsstands and scalpers flashed past my eyes
how many people were there ? Or maybe it was just me : waiting
for « Beloved Lenin » to open a breach in time
to take the unfamiliar clothing—and put it on like a pro. [3]

Le langage révolutionnaire a disparu et le monde a changé. Les masses ne sont plus celles d’insurgés, mais de travailleurs pressés, il n’y a plus un leader révolutionnaire, mais une immense horloge numérique qui guide le peuple.

Le monde est à nous

Ces poètes migrants s’inscrivent dans la tradition chinoise des intellectuels itinérants vivant de petits boulots, vivant en bas de la société. Contrairement à la plupart des écrivains modernes, ils doivent faire un travail qu’ils détestent, loin des endroits qu’ils aiment pour survivre. Dans leurs écrits ils ne s’intéressent pas aux grandes questions philosophiques ou politiques, ils parlent avec un langage simple de leurs expériences quotidiennes et peignent des tableaux d’une vie que peu de lecteurs occidentaux connaissent.
Il serait faux de penser que ces travailleurs, parce qu’ils parlent de leur quotidien, ne s’intéressent pas au monde qui les entoure. En effet, nombreux sont ceux qui sont bien conscients que leur quotidien est une triste réalité qui ne leur appartient pas. L’exploitation au travail, le corps détruit par les machines et les cadences infernales, les salaires de misère sont autant de thématiques qui peuvent être comprises par les ouvriers du monde entier, des entrepôts d’Amazon en France aux mines de cuivre au Chili. C’est le cas du poète Guo Jinniu qui, dans une interview, explique son rapport à l’écriture :
« La poésie est la seule chose sur terre qui ne me rejette pas et que je ne rejette pas. Je veux écrire sur les gens et sur la vie, la poésie n’est pas indépendante à ça, elle est étroitement liée à la vie. Peut-être que c’est moi qui écrit, peut-être pas. Peut-être que ce que j’écris me représente moi et mes collègues, peut-être que ça représente la situation de milliers d’ouvriers. » [4]
Ses textes, il en a bien conscience, ne sont pas le résultat d’un génie littéraire ou de sa capacité à percevoir le monde d’une manière plus subtile ou affinée que ses contemporains. Si c’est bien lui, Guo Jinniu, qui les écrit, ses textes appartiennent aux ouvriers du monde entier. Ils ne parlent pas de sa vie à lui, mais de la vie de sa classe. Il continue ainsi :
« Par exemple, j’ai écrit un poème à propos d’une rivière polluée. Peut-être que cette rivière ce n’est pas celle que je connais, peut-être qu’elle appartient à tout le monde. Quoi qu’il en soit tu es un travailleur migrant. Est-ce que tu es le seul à penser à ça ? Peut-être que de nombreuses autres personnes y pensent. Peut-être qu’un jour tu rentres chez toi et c’est pollué, mais ce n’est pas seulement chez toi. C’est pollué pour tout le monde, la pollution est un problème national. Ce n’est pas quelque chose que les gens ordinaires peuvent résoudre. On pourrait le résoudre en un an, mais dépolluer une rivière pourrait prendre des centaines d’années. Ou peut-être qu’elle ne le sera jamais. Ce que j’ai vu, ce que j’ai noté, je dois en parler aux autres. »
C’est pour cette raison que ces poèmes sont si politiques alors même qu’ils ne font que décrire le quotidien. En effet, en abordant des thématiques telles que la pollution, la nature, des réflexions sur la protection des écosystèmes, ils posent la question des responsabilités. À qui appartient vraiment une rivière ? Au conglomérat qui la possède ? Aux industriels qui la polluent ? Aux habitants qui en sont dépendant pour survivre ?

Luzu village’s past (Traduction [5])

A slab of concrete plus another slab, isn’t it still the earth ?
The seeds know
Industrial polluants drain into a river, but isn’t still a river ?
The fish know.
Made in China [6]

La question des racines, de l’endroit où l’on a grandi, a une dimension importante pour ces poètes. Déracinés toujours, seuls souvent, détruits parfois, ils utilisent la poésie pour renouer avec leur terre natale et leur histoire. Guo de continuer :
« Peut-être que les corps des poètes dérivent naturellement. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai fait que dériver. J’ai un job régulier, mais je dérive toujours. Je dois choisir encore. J’ai du quitter la maison quand j’étais jeune, j’ai du choisir d’aller quelque part d’autre, mais même quand tu n’es qu’un chaton, tes chaînes sont toujours attachées où tu as grandi. C’est une chaîne informe et ça n’importe pas où tu flottes actuellement. »

Ces poètes sont bien conscients que ce qu’ils écrivent ne leur est pas propre. Ce sont tous leurs frères et sœurs migrants qui sont concernés et qui vivent les mêmes choses. Peut-être même qu’ils ne parlent pas de Shanghaï ou de Shenzhen, mais du monde contemporain dans son ensemble. Penser la Chine comme une exception dans le monde capitaliste globalisé serait une erreur. Le profit, la recherche de bénéfices toujours plus importants ne peut que tendre à une hausse tendancielle de l’exploitation à travers le globe. Les ouvriers migrants chinois, en passant des lignes de montages aux lignes de poèmes, nous en disent beaucoup plus sur le monde dans lequel nous vivons que beaucoup d’intellectuels occidentaux contemporains. Ces derniers se sont particulièrement illustrés avec leurs « journaux de confinement ». Logorrhées dont la médiocrité n’avait d’égale que le vide des propos abordés.
Les poètes ouvriers chinois, en s’inscrivant tant dans l’histoire de la littérature ouvrière que dans la tradition de la poésie chinoise, ont réussi un syncrétisme littéraire d’une rare qualité. Il est regrettable que ces textes ne soient pas davantage connus, publiés et traduits.

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NOTES DE BAS DE PAGE

[1La machine est ton seigneur et ton maître, Yang - Jenny Chan - Xu Lizhi. Editions Agone, 2015.

[2Ce poème n’étant pas disponible en français en voici une traduction sommaire :
Je me souviens du tableau « La Liberté guidant le Peuple, »
une image plutôt sans danger, qui apparaissait dans notre livre d’histoire à l’école
avec « Lénine à la tribune, » dans laquelle les gens se rassemblent devant l’estrade
et lèvent leurs armes. Je crois me rappeler entendre un son s’échappant
de la page –
il y avait une foule immense à la station de train Guangzhou en Mars 1996 aussi
les sacs empilés sur la place étaient comme des colis d’explosifs
et j’ai presque imaginé que l’horloge numérique nous surplombant là-haut
était notre cher Lénine. Deux étrangers en costumes se tenaient
à côté d’un panneau, une publicité pour des cigarettes américaines
et en mars 1996, j’étais un gamin de la campagne qui ne fumait pas,
pressé hors du train par le flot de gens, j’étais comme une bûche
à peine retirée de la forêt. La terre et le ciel avait déjà changé
un repas à cinq kuai ne pouvait remplir qu’un coin de mon estomac
et les gens continuaient à me rentrer dedans – me frôlant
avec le même visage, comme une incontrôlable fièvre révolutionnaire
un vieil homme avec un brassard avait attrapé une femme et allait lui donner une amende
tandis que des filles traînaient dans la cour et disposaient leurs marchandises dans la nuit
fruits et scooters, kiosques à journaux et vendeurs à la sauvette passaient en un éclair devant mes yeux
combien de gens y avait-il ? Ou peut être que c’était juste moi : attendant
que « notre cher Lénine » ouvre une brèche dans le temps
pour prendre le costume inconnu – et le mettre comme un pro.

[3 Iron Moon, An Anthology of Chinese Migrant Worker Poetry, édition de Qin Xiaoyou, traduction d’Eleanor Goodman. White Pine Press, 2016.

[4Propos tirés du documentaire Iron Moon the Poetry of Chine Migrant Workers, 2014

[5Ce poème n’étant pas disponible en français en voici une traduction sommaire :
Une dalle de béton plus une autre dalle, n’est-ce pas encore la terre ?
Les graines savent
Les polluants industriels se déversent dans une rivière, mais n’est-ce pas encore une rivière ?
Les poissons le savent.

[6 Iron Moon, An Anthology of Chinese Migrant Worker Poetry, édition de Qin Xiaoyou, traduction d’Eleanor Goodman. White Pine Press, 2016.
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