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Jeunesse

Embrigadement des plus jeunes

Dans le Gard, un concours de dessins à la gloire de la police

Un concours de dessins à l’initiative du préfet du Gard avait pour thème « les forces de sécurité intérieure » et visait à instrumentaliser de jeunes élèves pour redorer le blason de la police et de la gendarmerie. Après presque un an de mobilisation des Gilets jaunes, les nombreux blessés et la mort de Steve cet été, cette opération de communication a suscité une vive colère.

jeudi 10 octobre

A Nîmes, dans le Gard, le préfet a organisé un concours de dessin à destination entre autres des élèves de maternelles et de primaires, ayant pour thème « les forces de protection intérieure ». Ces « forces de protection » regroupent sous un même nom, les pompiers et la sécurité civile mais aussi les gendarmes et la police. C’est une véritable opération d’embrigadement des plus jeunes qui se cache derrière ce concours, mais aussi une opération de communication qui vise à redorer l’image des forces de répressions. Les dessins d’enfant prenant la place des images de violences policières qui se sont multipliées ces derniers mois.

Il faut prendre la mesure de la portée de ce concours. Il a été demandé à des enseignants de prendre sur leur temps de cours pour faire de leurs élèves des « porte-paroles » de la police et de la gendarmerie. Dans la continuité des appels du pied de Blanquer vers les entreprises privées, pour qu’elles jouent un rôle dans l’éducation, il semble que l’école soit de plus en plus mise au service de l’idéologie néo-libérale et de la propagande gouvernementale. Cette volonté de mettre la jeunesse au pas se traduit également par la mise en place du SNU (service national universel).

Cette opération de communication marque aussi le tournant sécuritaire et la perméabilité de l’école à la Police, voulus par Blanquer. En effet, lors d’une interview à Europe 1 ce jeudi matin, il s’est prononcé pour la plus grande fermeté et un renforcement des liens entre la police, l’école et la justice dans le cadre du « plan violence ». Ce « sursaut » suite à la mort d’un collégien aux Lilas plus tôt cette semaine montre qu’encore une fois la seule réponse dont est capable le gouvernement reste un renforcement croissant de la police et de la justice.

Face à cette hypocrisie, les Gilets jaunes de Nimes se sont mobilisés. Plusieurs dizaines d’entre eux ont ainsi manifesté devant la préfecture, dénonçant l’instrumentalisation des enfants pour valoriser la police et la gendarmerie. Alors qu’on ne compte plus les blessés et mutilés du côté des Gilets Jaunes, mais aussi des militants écologistes, cette mise en scène a quelque chose d’odieux. Surtout quand on pense à Zineb Redouane, tuée à Marseille par un tir de grenade, Steve, mort à Nantes pendant la fête de la musique ou bien Brigitte Legay blessée à Nice.

Crédit photo : FTV




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