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Du Pain et des Roses

Provocation réactionnaire

Darmanin promu à l’Intérieur : l’accusation de viol n’est « pas un obstacle » selon l’Élysée

Parmi les importantes nominations du nouveau gouvernement, celle de Gérald Darmanin au Ministère de l'Intérieur. À propos de l'accusation de viol dont il fait l'objet, l'Élysée a déclaré qu'elle ne constituait « pas un obstacle ». Une énième provocation de la Macronie, qui montre ainsi son mépris pour les mobilisations féministes et les victimes de violences sexistes.

mardi 7 juillet

 Crédits photo : POOL / REUTERS 

Ce lundi 7 juillet a eu lieu l’annonce du gouvernement de Jean Castex, nommé Premier ministre vendredi dernier. Après avoir rendu une visite surprise au commissariat de la Courneuve en guise de première démonstration publique et assuré un soutien sans faille ainsi que des « actes forts » dans ce sens aux policiers dans cette période de révolte contre les violences policières, Jean Castex a ainsi nommé Gérald Darmanin comme nouveau Ministre de l’Intérieur.

Christophe Castaner, le grand chef d’orchestre de la répression contre les Gilets Jaunes, contre les grévistes de cet hiver et contre toute contestation sociale, le ministre qui a défendu contre vents et marées l’institution policière en pleine polémique, n’était apparemment pas à la hauteur de la priorité donnée à la politique sécuritaire par le nouveau Premier ministre.

C’est donc Gérald Darmanin qui a été promu pour le remplacer. Ainsi, c’est une figure parmi les plus ouvertement réactionnaires de la Macronie qui accède à l’un des postes clefs du nouveau gouvernement. On se souvient par exemple de ses déclarations homophobes au sujet du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels.

Mais outre son homophobie décomplexée, si Gérald Darmanin a fait parler de lui ces derniers temps, c’est parce qu’il fait l’objet d’une accusation de viol, pour laquelle l’enquête vient d’être ré-ouverte. La cour d’appel de Paris avait ordonné la reprise des investigations sur l’accusation de viol portée contre lui par une ex-militante de l’UMP en 2017 sur des faits commis en 2009.

Interrogés sur la nomination au gouvernement d’un homme visé par de telles accusations, des proches de l’Élysée ont expliqué, sans honte aucune, que cela n’avait « pas fait obstacle » à la promotion de Darmanin, avant d’ajouter au sujet de l’enquête qu’« il semble que les choses aillent dans le bon sens ». Un cynisme décomplexé quand on sait que moins de 2% des affaires de viols aboutissent à des condamnations et que l’accusé est pour le moins haut placé ; et n’a donc pas grande crainte à avoir vis-à-vis de la justice comme l’ont encore démontré les récents dénouements de l’affaire Balkany.

Dans le contexte d’un renouveau des mobilisations féministes, notamment autour de la question des violences sexuelles et sexistes, l’annonce du remaniement avec des personnalités si ouvertement réactionnaires à des postes clefs du gouvernement apparait comme une énième provocation pour l’opinion publique, les victimes de violences sexistes et les militantes féministes. Le gouvernement du président qui avait déclaré en grande pompe faire des femmes la « cause numéro un du quinquennat » en 2017 démontre une fois de plus qu’il n’y a rien à attendre de l’État en ce qui concerne la lutte contre les oppressions.




Mots-clés

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