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Politique

Violences policières

De Rugy sur la répression : « On n’est plus au temps des manifestations »

Vendredi 28 juin le groupe écologiste Extinction Rebellion menait une action de blocage à Paris. Pourtant assis, la police à réprimé fort pour les faire déguerpir, usant de gaz lacrymogène à moins de 10 cm de leur visage. De Rugy s’est alors empressé d’excuser la violence policière en affirmant que « on n'est plus au temps des manifestations ».

mardi 2 juillet

Les images de ce vendredi 28 juin sur le pont de Sully sont choquantes. L’action de blocage réalisée par le groupe Extinction Rebellion était pourtant pacifiste et visait à le rester autant que possible, une aubaine pour les policiers qui s’en sont donné à cœur joie pour dégager la chaussée, à coup de spray lacrymogène pointé sur les visages.

Sur la vidéo qui a été beaucoup relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias, on voit ainsi des militants écologistes faisant un sit-in se faire maltraiter par des policiers décontractés, marchant autour d’eux et usant de leurs gazeuses comme si de rien n’était. La violence des images est frappante tant l’insolence de la police y est palpable.

Face au tollé provoqué par la scène, François De Rugy, ministre de la transition écologiste a réagi en justifiant la violence de la police envers ces militants écologistes, affirmant que « le temps n’en est plus aux manifestations », et fustigeant des manifestants qui ne revendiqueraient « rien ».

Alors que l’acte II du quinquennat de Macron était annoncé sous le signe de l’écologie et que l’assemblée nationale a voté ce jeudi « l’urgence écologique et climatique », le gouvernement montre son vrai visage dans la rue, la volonté de défendre une écologie par en haut, en harmonie avec les intérêts du patronat, et la répression de toute forme de contestation.

Une répression qui trouve le soutien de De Rugy, transfuge d’EELV dans le gouvernement, quitte pour ce dernier à renier ses anciennes prises de position ? Ainsi, en 2014 alors qu’il était encore député, François De Rugy s’était opposé à Bernard Cazeneuve concernant l’expulsion violente de la ZAD de Sivens qui avait causé la mort de Rémi Fraisse. Une prise de position plus symbolique qu’autre chose pour l’écolo qui a toujours été très « macron-compatible ».

Alors que des milliers de jeunes ont bloqué leurs lycées et manifesté pour le climat ces dernières semaines, et que le gouvernement se prétend l’allié de l’écologie, la répression qu’il déploie contre les actions autant que le mépris affiché par le Ministre de la Transition écologique en disent long sur la réalité de la position du gouvernement, alternant entre promesse d’un capitalisme vert, écologie anti-pauvres, avec comme ligne de conduite la défense des intérêts du patronat dont la soif de profit nous conduit pourtant à la catastrophe.

Crédit photo : Charles Platiau / Reuters.




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