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Débrayage chez FedEx pour réclamer la prime Macron refusée par la direction

Les salariés de FedEx ne se sont pas arrêtés depuis le début de la crise, travaillant sans protections sanitaires. Aujourd’hui, la multinationale leur refuse la prime de 1000 euros promise par Macron afin de renvoyer la population au travail.

samedi 9 mai

Crédits photo : REUTERS/MIKE BLAKE

Suite au refus catégorique de la direction de FedEx d’accorder une prime de 1 000 euros aux salariés mobilisés pendant la crise sanitaire, des débrayages ont eu lieu mercredi et jeudi matin afin d’appuyer la demande de cette prime généralisée pour les salariés du transport. « On a fait beaucoup de demandes à la direction pour recevoir la fameuse prime de Macron de 1 000 euros défiscalisée, mais son refus a été total alors qu’on n’a pas arrêté de travailler durant la crise », regrette un délégué FO.

"Nous, les transporteurs, on est la deuxième ligne !"

Depuis le début de la crise sanitaire, les salariés du secteur du transport et de la logistique, ne se sont jamais arrêtés de travailler avec en plus un bilan sanitaire très lourd : manque catastrophique de protections sanitaire jusqu’à fin avril et plus de 5 500 cas de Covid-19 déclarés et 35 décès dont un chez FedEx, affirmait la CFDT Fedex dans un communiqué.
Début avril, Macron demandait aux patrons de verser une prime défiscalisée de 1000 euros afin de « remercier » les employés mobilisés pendant la crise du coronavirus.

Selon Franceinfo, la direction de FedEx a, quant à elle, déclaré : « Nous ne sommes pas en mesure d’offrir une prime à nos employés car FedEx continue d’opérer dans un environnement très incertain avec des coûts de service accrus et des volumes qui ont fortement baissé » au cours des « dernières semaines, en particuliers sur les marchés qui ont été fortement touchés par le Covid-19 comme la France ».
Face à ce refus, la CFDT transport et logistique, premier syndicat du secteur, a lancé un appel à débrayer, auquel les salariés des sites de Tremblay-en-France, Bordeaux et Annecy ont répondu avec des débrayages à partir de 1 heure du matin.

La CFDT transport et logistique demandait au gouvernement d’aider les entreprises n’ayant pas les moyens d’accorder une prime à leurs salariés. Mais FedEx est une multinationale empochant chaque année des milliards avec un chiffre d’affaire de 65 450 millions de dollars en 2018. Elle doit être largement capable de verser une prime de 1 000 € à ses employés. Un tel compromis ferait le jeu de l’entreprise à accepter qu’elle soit pauvre et ruinée alors qu’elle exploite les salariés depuis si longtemps et qu’elle n’a même pas eu à arrêter avec le confinement ! D’autant que chez Fedex, on sait les travailleurs particulièrement préssurisés !

Mais pas de panique : car si FedEx n’a pas versé la prime tant attendue, elle a néanmoins imprimé un T-shirt pour chaque employé où il était noté « héros ». La réaction des employés ne s’est pas fait attendre : « Les salariés l’ont pris comme une provocation. Nous n’avons pas fermé un seul jour. On transporte des denrées alimentaires, des médicaments, des produits pour les laboratoires et les hôpitaux... Et malgré cela, FedEx ne veut rien entendre, pour l’instant la réponse est négative », déclare Yahya Sabri, délégué CFDT chez FedEx.

La prime appelée par le gouvernement laisse un libre choix aux entreprises de la verser ou non. Les entreprises qui font bosser des milliers d’employés en pleine pandémie dans des conditions criminelles et osent déclarer qu’elles sont en incapacité de verser une prime de 1000 € sont aussi celles qui empochent chaque année des milliards. Si ce qu’elles disent est vrai, alors qu’elles le prouvent en montrant leur comptabilité, qu’elles montrent combien elles ont gagné toutes ces années !




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