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Politique

A la veille du 9

Début de réveil des travailleurs précaires ?

Juan Chingo A la veille du 9, le gouvernement est très préoccupé par le développement des grèves et des manifestations étudiantes, notamment du fait de leur caractère imprévisible et explosif. Le spectre du CPE n'a pas seulement touché le premier ministre mais aussi, tout particulièrement, le président. S'il venait à s'entendre l'éternel et interchangeable slogan « Hollande t'es foutu la jeunesse est dans la rue », les chances du président pour concourir honorablement à sa succession en 2017 pourraient bien être compromises.

mardi 8 mars 2016

Mais le climat général dans le pays est propice à une « jonction » des revendications. C’est pourquoi la surprise pourrait venir de la mobilisation des syndicats dans les transports, dans un climat de tension qui ne s’est pas vu depuis des années et qui est bien supérieur à celui de la grève de juin 2014. Voilà ce qui constitue l’autre grand risque pour le gouvernement. Comme le dit un ex-président de l’UNEF-ID : « En 1986 contre le projet de loi Devaquet et en 1995 contre la réforme des retraites, ça a pris parce que, dès le départ, les cheminots étaient là ».

Moins visible mais possiblement plus significative et plus dangereuse pour le régime serait l’entrée sur scène des travailleurs précaires. Car cette attaque touche le quotidien des gens. Dans les ateliers de montage du groupe PSA, par exemple, ce sont les intérimaires qui sont en effervescence, incitant les travailleurs en CDI à arrêter le travail, afin que ces derniers puissent participer aux manifestations dès le matin ou qui demandent à leurs représentants syndicaux ce qu’ils sont en mesure de faire pour être en grève ce jour là.

On voit également ce phénomène au sein des Assemblées Générales étudiantes, dans lesquelles le personnel de ménage aborde les étudiants et annonce vouloir marcher demain aux côtés de la jeunesse, y compris pour ceux qui travaillent ce jour-là.

« L’étincelle qui allume la colère est cette loi dont il faut exiger le retrait, et rien de moins », a déclaré un agent de ménage à l’AG de Paris 8, mardi. Déjà sur les réseaux sociaux, les témoignages de la campagne #OnVautMieuxQueCa mettent en avant cette colère qui s’accumule contre la précarisation du travail. Auparavant, depuis le site revolutionpermanente.fr, nous avions également dépeint cette réalité avec des témoignages sur les conditions de travail des caissières, des employés de McDonalds, des ouvriers agricoles et viticoles et dans l’industrie du verre. Le réveil des jeunes travailleurs précaires, s’il reste pour l’instant initial, n’a rien de négligeable. Si ce secteur de la classe ouvrière, celui qui souffre des pires conditions de travail se met en mouvement, la mobilisation pourrait acquérir une dynamique inédite et explosive, dépassant la vague de mouvements sociaux qui ont secoué la France depuis 1986/1995 jusqu’à la défaite de la contre-réforme des retraites de 2010.

Les révolutionnaires ont confiance dans l’énergie et l’esprit combatif de la jeune génération du prolétariat et parient sur le fait d’aider à reprendre confiance en ses propres forces et dans son avenir. C’est fondamental pour que cette jeune classe ouvrière réussisse à obtenir les premières victoires de la lutte et ainsi redonner l’espoir révolutionnaire aux meilleurs éléments de la vieille génération qui accumule des défaites depuis des années. Cela signifierait renouveler la combativité de l’ensemble du prolétariat.




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