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Politique

Un pantin nommé Macron...

Décapitation d’une poupée Macron : la police ouvre une enquête contre les gilets jaunes d’Angoulême

Vendredi 21 decembre, c'était l'anniversaire d'Emmanuel Macron. A « Manu », les gilets jaunes d’Angoulême avaient réservé un procès en guise de cadeau. Verdict : condamnation à la peine capitale, un pantin à son effigie a été décapité. Pour réponse à cette scène carnavalesque, la police a ouvert une enquête pour « provocation,crime et outrage ».

vendredi 28 décembre 2018

Macron n’a pas supporté. Voir sa tête sur une pique, c’est sur que ça doit pas être marrant. Surtout quand on est le président le plus détesté de l’histoire de la Vème république, ça peut même faire peur. Mais plus sérieusement qu’est que cela signifie ? Si l’on s’en tient aux faits, il s’agit de la décapitation d’une poupée. Rien de bien tragique. Une pratique carnavalesque, certes peu réjouissante pour le destinataire, mais qui reste totalement inoffensive.

Ce qui choque, c’est le symbole. Pas la pratique en elle même, mais le fait qu’elle touche au pouvoir en place. Le symbole d’un Jupiter tout puissant qui se fait couper la tête, tout de suite ca fait moins tout puissant. Et que fait Jupiter quand il voit que le pouvoir lui échappe ? Il réprime, par sa police, par sa justice. Et ça, les gilets jaunes commencent à bien le comprendre, souvent à leur dépens.

Ce vendredi 28 décembre donc, trois organisateurs de l’événement étaient convoqués par la police pour « provocation crime et outrage ». La veille, trois journalistes de « La Charente Libre » présents au moment des faits ont aussi été convoqués pour « provocation non suivie d’effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». Un long intitulé pour des journalistes qui ne faisaient que leur travail : informer. A croire que le roi est toujours sacré, qu’il vit assez mal la caricature tout autant que la liberté d’information et d’expression.

En réalité la stratégie répressive va souvent plus loin, en témoignent les nombreuses condamnations à de la prison ferme pour des dizaines gilets jaunes depuis le début du mouvement. Quand on ajoute à ça les violences policières que subissent les manifestants, on comprend bien pourquoi certains cherchent à se défouler sur une poupée en plastique.

Malgré tout, ce genre d’événement isolé, comme les images de gilets chantant la quenelle de Dieudonné, c’est aussi du pain béni pour la propagande gouvernementale. La stratégie n’est pas nouvelle ni compliquée : matraquer des images de violences, chercher la petite bête et la grossir pour en finalité caricaturer le mouvement et atténuer le soutien populaire.

Le récent tweet d’Édouard Philippe en est une belle illustration :
« Un simulacre de décapitation du chef de l’Etat… Des agressions d’une violence inouïe contre des policiers… Des gestes antisémites en plein Paris… Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales. »

La propagande anti gilets jaunes reste l’une des dernières armes du gouvernement pour tenter d’éteindre l’incendie. Ainsi, chaque petit dérapage devient une affaire d’Etat. Macron joue la carte du pourrissement mais ce n’est pas payant pour l’instant. Ce qui est sur, c’est que Jupiter n’est plus et ne pourra plus le redevenir.




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