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Défaite humiliante pour Theresa May. Le Parlement Britannique rejette l’accord sur le Brexit

L'accord conclu entre l'UE et Londres sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE présenté par la première ministre conservatrice Britannique Theresa May a été rejeté par le Parlement avec 230 voix d'écart. La BBC l'analyse comme « la plus vaste défaite d’un gouvernement en exercice ».

mercredi 16 janvier

Après 5 jours de débats, 432 députés britanniques ont voté contre le plan du Brexit proposé par le gouvernement May qui définit les conditions de sortie sur un certain nombre de questions : contrôle douanier, accords commerciaux, normes sur un certain nombre de produits, circulation et droits des citoyens européens et point de passage frontalier controversé en Irlande du Nord.
C’est un résultat bien pire que ce Theresa espérait. La stratégie de repousser le vote qui devait avoir lieu en décembre parce qu’elle ne disposait pas d’une majorité suffisante a été mis en échec. En effet, un mois plus tard, les débats se sont mal engagés obligeant la première ministre à utiliser la peur et le menace d’une paralysie parlementaire pour raisonner les députés.
Mais rien n’y a fait. Le journal Daily Mail souligne que « l’étendue de la rébellion semble avoir augmenté au cours du débat – au mépris des prédictions du gouvernement. D’autres rebelles sont apparus pendant le délai d’un mois ordonné par Mme May ». Le texte de l’accord de retrait de près de 600 pages est exactement le même que celui qui devait faire l’objet d’un vote en décembre alors qu’aussi bien les pro-européens que les eurosceptiques se sont positionnés contre. Dans le premier groupe se trouve l’arc des partis d’opposition (Labour, Liberal Democrats, Scottish Nationalist and Green Party) et l’aile européiste du parti de May. Dans le second : les « pro-brexit » du Parti conservateur (environ 50 à 60 députés) et ceux du Democratic Unionist Party (DUP) en Irlande du Nord.

Dès l’annonce des résultats, May a déclaré à la Chambre des communes qu’elle avait l’intention de présenter un nouveau plan, le Plan B, s’il n’y avait pas de motion de censure sur son gouvernement.
May a tenté de minimiser la défaite prétendant dialoguer avec les formations favorables à la recherche d’alternatives à son accord « Brexit » avec l’Union européenne (UE), car "il est clair que la Chambre (des communes) ne soutient pas cet accord, mais le vote de ce soir ne nous dit rien sur ce qu’elle soutient".

Dès les résultats du vote, le parti travailliste de Jeremy Corbyn a déposé une motion de censure contre le gouvernement Therese May. De nombreux analystes britanniques se demandent si Theresa May remettra sa démission étant donné qu’elle a perdu sa politique principale - sa "raison d’être". Depuis deux ans, elle a démontré son incapacité à mener à bien la sortie de l’UE. « Pourra-t-elle continuer à se battre malgré le rejet de l’accord du Brexit ? » s’interroge le Financial Times.

Et maintenant ?

On s’attendait à une défaite, mais pas d’une telle ampleur. C’est la pire défaite parlementaire de l’histoire du pays. Mais Theresa May n’a donné aucun signe de son intention de démissionner. « Le Parlement s’est prononcé et le gouvernement actuel l’écoutera », déclare-t-elle. Cependant, pour beaucoup, ses paroles ressemblent à une rhétorique vide de sens.

De justesse, ce mercredi, le Parlement britannique a rejeté la motion de censure contre le gouvernement conservateur. 325 députés ont exprimé leur confiance contre 306 députés qui ont voté en faveur de la motion de censure. A la suite du vote, Theresa May a déclaré que « ce gouvernement renouvelle la promesse qui a été faite au peuple de ce pays de respecter le résultat du référendum et de quitter l’Union européenne ».
Theresa May a jusqu’à lundi 21 janvier pour présenter un nouveau plan d’action en accord avec Bruxelles et aura « peu de temps pour reprendre son élan ». Un jeu difficile : l’UE a fortement exclu toute possibilité de rouvrir de nouvelles discussions sur l’accord de retrait. Pour beaucoup, le plan B est inexistant. Après deux ans de négociations, ce qui n’a pas été réalisé jusqu’à présent ne le sera pas au milieu d’une crise d’une telle ampleur. Alors que le Parlement britannique a déjà rejeté le premier accord de compromis avec l’UE, le scénario d’une rupture avec l’UE sans accord est envisageable mais ce serait catastrophique pour l’économie britannique. L’inquiétude règne aussi côté UE. Le négociateur en chef des européens, Michel Barnier, a exprimé ses « regrets », rappelant que le texte avait été négocié « sur la base des lignes rouges du gouvernement britannique ».

Theresa May a annoncé qu’elle souhaitait s’entretenir avec des députés de tous les partis « pour identifier les éléments nécessaires en vue d’obtenir le soutien de la Chambre des communes ». De son côté, l’opposition du parti travailliste dirigée par Jeremy Corbyn appelle le gouvernement à démissionner en espérant des élections législatives anticipées et appelle au vote d’un deuxième référendum.

Crédit : AFP PHOTO/PRU




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