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Politique

DELEVOYE ET LE GOUVERNEMENT ROULENT POUR LES ASSURANCES : DEHORS !

Delevoye lié aux assurances privées : Démission du gouvernement ! Retrait de la réforme !

En fait de transparence, Delevoye est un gros cachotier. Il a dissimulé à la Haute Autorité pour la transparence de la vie politique sa présence au Conseil d’Administration de l’IFPASS et ses liens avec le monde des assurances hautement intéressé par le projet de réforme des retraites. Pris en flagrant conflit d’intérêt, le Haut-commissaire doit quitter l’IFPASS, mais aussi le gouvernement. Macron et Philippe, à deux jours de dévoiler leur réforme, couvrent le dissimulateur… Dehors Macron et son monde ! Exit la réforme !

lundi 9 décembre 2019

Crédit photo - AFP - KENZO TRIBOUILLARD

L’art de la dissimulation, une « qualité » très partagée en haut lieu

C’est fou la capacité d’oubli qui frappe les grands de ce monde quand il s’agit de déclarer des liens et prises d’intérêt en tout genre qui pourraient entacher leur indépendance financière ou morale dans l’exercice d’une mission politique. Créée en octobre 2013, la Haute autorité pour la transparence de la vie politique est censée, avec l’administration fiscale, contrôler les déclarations de situation patrimoniale mais aussi émettre, notamment à la demande du premier ministre, des avis sur les questions de déontologie et de conflits d’intérêt des personnels politiques du gouvernement.

Nommé Haut-commissaire aux retraites depuis le 3 septembre dernier, Delevoye a procédé le 15 novembre, soit un mois et demi après sa nomination, à la déclaration obligatoire auprès de la Haute autorité. Cette déclaration, certifiant sur l’honneur l’exactitude des renseignements fournis, ne faisait mention, au titre des « fonctions bénévoles susceptibles de faire naître des conflits d’intérêt », que de sa « fonction de président de la Chartreuse de Neuville-en-Montreuil (monastère du Pas-de-Calais) et de l’association française des orchestres ». Nulle part il n’était indiqué que le Haut-Commissaire était également administrateur au sein de l’Institut de formation de la profession de l’assurance depuis le 14 décembre 2016.

Le projet de réforme intéresse les assureurs

Or, à l’évidence, une telle fonction aurait dû figurer dans la déclaration. Il va de soi que la réforme des retraites touche de très près les intérêts du secteur des assurances. Le directeur général d’AG2R La Mondiale n’en a d’ailleurs pas fait mystère en déclarant en octobre dernier dans les colonnes du Journal du dimanche que « La réforme des retraites ouvre des perspectives ». Pour certains même, cette réforme des retraites n’est ni plus ni moins que le cheval de Troie du monde de l’assurance qui convoite le pactole que représenterait le recours aux cotisations volontaires et à la retraite par capitalisation de travailleurs dont les pensions seraient désormais réduites à la portion congrue.

Ce conflit d’intérêt apparaît donc moins comme une « malheureuse coïncidence » que comme la vérité profonde de la réforme.

Delevoye botte en touche…avec le plein soutien du pouvoir »

Pris la main dans le sac, Delevoye cherche la parade. Il faut dire que son excuse n’est pas vraiment convaincante, du genre du gamin à l’école qui dirait avoir oublié son cartable. Pour lui c’est un simple oubli et il s’en excuse. Tellement peu convaincant que, très vite, LREM vient à la rescousse : « Il n’y a aucune rémunération liée à cette fonction d’administrateur », a assuré sur FranceInfo Laurent Saint-Martin, député La République en marche (LREM) du Val-de-Marne, membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Et d’ajouter « D’abord, Jean-Paul Delevoye a tout de suite reconnu qu’il s’agissait d’un oubli. Et il le regrette, a poursuivi Laurent Saint-Martin. Vous avez bien mentionné le caractère bénévole de cette activité d’administrateur, je crois que c’est essentiel pour écarter tout soupçon de conflit d’intérêt, dans un institut de formation. Jean-Paul Delevoye s’est exprimé là-dessus ». Flagrant délit d’incohérence, ce coup-ci, puisque justement la déclaration à la Haute Autorité devait aussi porter sur les missions bénévoles. Mais dans leur fébrilité à sauver la peau de Delevoye, ils n’en sont pas à ça près !

Contacté par le Parisien, le Haut-commissaire aux retraites finit donc par reconnaître effectivement une « erreur » et pas seulement un « oubli » et admet que, même bénévole, cette mission pose peut-être problème. « J’ai rempli moi-même cette déclaration. S’il y a incompatibilité, je vais rectifier cela et démissionner de ce mandat exercé de façon extrêmement faible » promet-il.

Puis c’est au tour de Matignon et de l’Elysée de monter au créneau. Interrogé par le Huffington post Matignon affirme que la question de la démission ne se pose « évidemment pas ». Quant à l’Elysée, il choisit de minimiser et soutient de fait Delevoye en affirmant que Macron est plus occupé ailleurs avec le sommet international à propos du conflit entre la Russie et l’Ukraine… très très loin donc de ces négligeables remous internes.

Quant à Berger, seul soutien parmi les directions syndicales de la retraite par points, il déclare que la démission de Delevoye de l’IFPASS n’a pas de quoi le troubler ; ce qui le préoccupe surtout c’est que ses propositions soient suivies par le gouvernement.

Il s’agit bien d’un vrai scandale et Delevoye n’est pas seul en cause

Mais la réalité incontestable les rattrape tous très vite. C’est bien d’un conflit d’intérêt majeur qu’il s’agit, d’un véritable scandale qui vient déboulonner Delevoye, principal artisan de la réforme des retraites. L’affaire est tellement sérieuse que le Haut-commissaire démissionne illico du Conseil d’Administration de l’IFPASS. Une rapidité d’exécution qui tranche avec le temps qu’avait mis Macron à lâcher Benalla.
Les dirigeants syndicaux mesurent très vite l’ampleur de la situation et prennent acte. Aucun n’ose aujourd’hui s’afficher avec Delevoye, alors qu’ils y avaient été invités. Preuve de la gêne dans laquelle ils sont précipités, un des proches du secrétaire général de la CFDT explique au Huffigton post : « On a eu l’invitation très tard, on voyait l’annonce dans les journaux avant d’être prévenus ». Une ficelle un peu grosse pour un malaise évident.

Pas de négociations ! Delevoye doit partir et embarquer sa réforme avec lui

Tant qu’à faire de démissionner de l’IFPASS, c’est tout simplement à sa mission de Haut-commissaire à la réforme des retraites que Delevoye devrait renoncer. Alors que cette semaine se voudrait, pour le gouvernement, une semaine de négociations, quel crédit apporter au super négociateur longue durée de la réforme alors qu’il a dissimulé des liens dont il savait pertinemment qu’ils sont difficilement compatibles avec sa mission ? Un discrédit tel que seuls s’y rendront certains seconds couteaux des directions syndicales dont la CGT et FO représentés par des "négociateurs". Sud a refusé de s’y joindre. Le mot d’ordre s’impose : "pas de négociations" !

Quant au premier ministre qui avait le pouvoir de questionner la Haute Autorité et rechercher toutes les informations concernant Monsieur retraites, vraisemblablement au courant bien avant que l’affaire n’éclate, il ne semble pas s’être beaucoup soucié des liens et fréquentations du Haut-commissaire .

Après ces révélations il n’y a décidément, pour l’ensemble des travailleurs et de la population, qu’à poursuivre sur la lancée du 5 décembre et se mobiliser tous ensemble pour dire : « Démission de Delevoye et de ses soutiens ! », « Pas une seule négociation », « Retrait total de la réforme », « Grève générale ! », « Dehors Macron et son monde ! »




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Réforme des retraites   /    Politique