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Politique

Grève, blocage !

« Dénoncer les tentatives de blocage » : Macron prépare le terrain à une offensive contre le droit de grève

A la veille d’une première journée interprofessionnelle qui s’annonce massive dans de nombreux secteurs, Macron a appelé ses ministres à dénoncer « les tentatives de blocage du pays ». Une ligne qui ouvre la voie à une offensive contre le droit de grève.

mercredi 18 janvier

Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites commence ce jeudi avec une première journée de grève interprofessionnelle qui s’annonce massive, le gouvernement fourbit ses armes contre la mobilisation. Face à une opinion largement acquise au rejet de la réforme, l’heure est à l’offensive anti-grève et anti-grévistes.

Ce mercredi, Macron a ainsi fixé la ligne à ses ministres en les appelant à « dénoncer les tentatives de blocage du pays ». BFM rapporte ainsi ses propos en conseil des ministres ce matin : « Il faut faire le distinguo entre les syndicats opposés à la réforme qui appellent à manifester dans un cadre normal, et ceux qui sont dans une démarche délibérée de bloquer le pays, voire de cibler des parlementaires ».

Une référence claire aux mises en garde de la CGT Mines et Energie qui a menacé de couper le courant aux parlementaires opposés à la réforme. Ces propos ont horrifié les chiens de garde médiatiques du pouvoir qui détestent se voir rappeler que ce sont les travailleurs qui font tourner la société au quotidien, et qu’ils ont donc les moyens de bloquer tout et tout le monde.

La consigne de Macron à ses ministres vise donc à renforcer la campagne anti-grévistes qui a déjà commencé ces derniers jours. D’ores et déjà, on a ainsi pu entendre des éditocrates appeler à « ficher S le secrétaire général » de la CGT Mines et Energie, tandis que les ministres et pontes de la macronie enchaînent les plateaux pour rappeler que la grève ce n’est pas le « blocage ».

A lire : Retraites : la macronie menace déjà d’attaquer le droit de grève en cas de « blocage »

Un discours qui pourrait préparer des attaques importantes contre le droit de grève. Le gouvernement n’a en effet pas hésité à réquisitionner les raffineurs en novembre dernier, tandis qu’en décembre il menaçait de limiter le droit de grève au moment de la mobilisation des contrôleurs.

Le message est clair : la grève d’accord mais seulement s’il s’agit de grèves qui ne bloquent pas la production, et puis des grèves courtes, en bref des grèves qui ne servent à rien. L’insistance de Macron pour « dénoncer les blocages » montre de quoi il a peur. Ce que lui et les patrons craignent c’est que les travailleurs fassent une démonstration de leur force (à l’image des raffineurs au mois d’octobre), prennent confiance en eux et musclent leurs revendications, en allant chercher la retraite à 60 ans et des augmentations de salaire !

Ce n’est qu’en bloquant le pays, en généralisant la grève à tous les métiers que l’on pourra faire reculer le gouvernement. Un peu partout, des travailleurs sont d’ores et déjà conscients qu’une succession de journées isolées ne suffiront pas pour battre Macron. Ainsi, les raffineurs ont proposé un plan pour construire une grève reconductible en faisant d’abord 24 heures de grève le 19 janvier, 2 jours le 26 janvier, puis 3 jours le 6 février pour aller vers une grève illimitée.

Macron craint les blocages, donnons-lui raison : l’intersyndicale doit désormais appeler à rejoindre ce plan pour que cette mobilisation contre la réforme des retraites soit à la hauteur de la haine accumulée contre ce gouvernement et les capitalistes !



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