^

Notre classe

Interdiction des licenciements !

Derichebourg Aéro. La direction accentue la pression pour imposer les licenciements

Derichebourg Aéronautique Services profite de la situation sanitaire pour rogner sur les acquis des travailleurs, avec la menace d’un PSE pouvant toucher la moitié des salariés. Ce lundi 11 mai, lors du dernier CSE, et tel que le rapportait le syndicat UNSA SNMSAC aérien, la direction a montré la volonté « d’aller très vite avec un accord de performance collective à la fin mai ».

mercredi 13 mai

Crédits photo : Derichebourg

Lors du CSE de mercredi 6 mai, Pascal Lannette, PDG de Derichebourg Aéronautic Services (DSA), donnait deux options aux salariés : perdre ses acquis sociaux et perdre son emploi en septembre ou bien le perdre directement courant mai-juin. Après que nous en ayons fait la révélation en donnant la parole aux travailleurs de l’entreprise, le PSE et le chantage de la direction ont été reflétés par plusieurs médias comme France 3 Occitanie, l’Usine Nouvelle ou l’Humanité.

La direction, de son côté, continue déterminée à profiter de la situation pour enfoncer les acquis des travailleurs sous la menace d’un PSE pouvant toucher la moitié des salariés. En effet ce lundi 11 mai, lors du dernier CSE, et tel que le rapportait le syndicat UNSA SNMSAC aérien, la direction a montré la volonté « d’aller très vite avec un accord de performance collective à la fin mai ». Si le 6 mai, la direction proposait une perte définitive de l’ensemble des acquis sociaux, elle a décidé cette fois-ci de faire mine de marchander, en laissant le couteau sous la gorge des salariés « une perte définitive pour les indemnités transport et une perte peut-être provisoire pour le treizième mois, les primes d’équipe, la journée de solidarité et les salaires ». Quelle générosité ! Et le PSE est toujours à l’horizon !

Comme le soulignait l’UNSA Derichebourg, la très grande majorité des salariés est opposée tant à la casse des acquis sociaux qu’au PSE. Sur 300 salariés que le syndicat a pu sonder en urgence, seuls 10 ont dit être prêts à accepter - et encore, temporairement !- de revenir sur quelques acquis. Autrement dit, 97 % des salariés interrogés sont contre le chantage de la direction, que ce soit la perte des acquis ou des emplois !

C’est pour cette même raison que la direction a rejeté la proposition de mettre en place une consultation interne proposé par ce même syndicat. En effet, le début d’une dynamique collective dans l’entreprise pourrait poser les bases d’une réponse plus ferme du côté des travailleurs. Dans le « vote de principe » effectué à la fin de séance du CSE, l’UNSA SNMSAC aérien, mais aussi la CFE/CGC ont voté contre la discussion d’un accord de performance collective. Seul FO, comme le dénonce un des travailleurs, « a volé au secours de sa direction pour leur donner un blanc-seing ». Et cela alors que la direction n’a pas donnée les chiffres qui justifieraient selon elle les difficultés financières de l’entreprise « si ce n’est un "60.000 euros de perte par jour" lancé à la volée sans document pour le prouver ». Raison pour laquelle un expert-comptable va être mandaté.

Cependant comme le dénonce l’UNSA SNMSAC aérien l’entreprise ne fait que profiter de la crise pour « s’y engouffrer avec une avidité à peine voilée ». Comme le soulève l’UNSA, la direction s’est déjà attaqué aux indemnités de transport à plusieurs reprises, la dernière en 2014. Et cela alors que le secteur fait des dizaines de milliards d’euros de marge depuis 2009.

En effet, derrière le chiffon agité des difficultés financières et le discours de « sauver l’entreprise » ne se cache que la demande d’une rentabilité toujours plus élevée pour les actionnaires. Dans ce cas, pour l’unique actionnaire, Boris Derichebourg.
Comme le souligne l’UNSA SNMSAC aérien dans son communiqué : « Les sacrifices qui sont demandés aujourd’hui, ne sont pas les premiers, la liste est longue. Par contre, ils n’ont jamais été suivis de bénéfices pour les salariés quand des dividendes remplissaient les poches de l’actionnaire. Le groupe, que la direction vante avec tant de véhémence, n’est en fait qu’un boulet que nous traînons derrière nous et qui nous vampirise à la moindre occasion. »

Cette dernière réunion de CSE confirme encore une fois la volonté du patronat de la faire payer la crise en cours aux travailleurs. Comme nous l’avons détaillé plus haut, ce cadre est celui où la direction et FO sont à la manœuvre contre l’avis majoritaire des ouvriers qui refusent le PSE. Les ouvriers doivent-ils se laisser faire et laisser leur voix à des élus qui ont choisi de se ranger du côté de la direction et de ne pas se battre pour leurs intérêts ? Les licenciements, le chômage sont une arme des patrons, pour diviser les salariés, ils essaieront de faire croire que c’est chacun contre tous qu’il est possible de s’en sortir. La vérité est exactement à l’opposé, les ouvriers doivent opposer une réponse collective face à la direction, refuser tous les licenciements, toucher à un collègue c’est toucher à tous !

Pour cela, le plus rapidement possible, il faut rassembler les forces combatives, prendre contact commencer à se regrouper pour imposer un rapport de forces face au patron. On le voit, la direction veut aller vite, ne pas laisser le temps de la réaction. Les ouvriers les plus conscients de cette tâche devraient s’en saisir rapidement, car le temps joue contre eux. Après la colère initiale face au PSE, les directions comptent toujours sur le fait que les ouvriers s’habituent, que la situation se normalise, que la pression retombe, c’est parfois l’affaire de quelques semaines. C’est en agissant rapidement et avec le maximum de collègues pour refuser qu’il y ait des sacrifiés qu’il sera possible de lutter efficacement contre la direction : refuser les licenciements et refuser le chantage de la direction, pas de baisse de salaires, ni de réduction des acquis.




Mots-clés

Crise économique   /    Coronavirus   /    Derichebourg   /    Licenciement(s)   /    Aéronautique   /    Toulouse   /    Notre classe