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Notre classe

Ni licenciements, ni baisse de salaires !

Derichebourg : Rassemblement mardi à 14h30, soyons nombreux à soutenir les salariés !

La bataille des salariés de Derichebourg face à leur direction se poursuit. En agitant la menace des licenciements et du chômage, l'entreprise tente de remettre en cause les primes et de faire baisser les salaires à travers un APC, accord de performance collective. Alors que les négociations devant aboutir à la signature de l'accord devraient se terminer ce mercredi 10 juin, les salariés appellent à la grève et à un nouveau rassemblement ce mardi à 14h30 pour dire non aux APC et aux licenciements. Soyons nombreux à les soutenir !

lundi 8 juin

La politique du patronat visant à faire payer la crise aux salariés est en marche. Dans l’aéronautique, après Daher, c’est la direction de Derichebourg qui lance ses attaques contre les salariés. Celle-ci tente ainsi d’imposer un Accord de Performance Collective, APC, qu’elle présente comme le « moindre mal » d’une fausse alternative imposée par le patronat : choisir entre un "Plan de Sauvegarde de l’Emploi" (autrement dit, un plan de licenciement) immédiat de 700 salariés ou une suppression de leurs acquis sociaux pour au final aller peut-être vers un "PSE" plus léger.

Une fausse alternative que refusent et dénoncent les salariés : « si on accepte l’APC et la destruction de nos acquis on ne pourra jamais s’opposer aux licenciements. Si l’APC est approuvé, le PSE va passer comme une lettre à la poste », comme nous l’a expliqué l’un des travailleurs au dernier rassemblement, organisé par les salariés mardi 4 juin.

En effet, ce que propose la direction n’est autre que reculer sur les acquis sociaux aujourd’hui pour mieux se faire licencier demain. Les APC n’ont jamais servi à maintenir les emplois, le cas de Continental suite à la crise de 2008 en est l’exemple. A Clairoix, un "accord de compétitivité" prévoyait de travailler 39h/semaine payées 35, en échange du maintien des emplois pendant 5 ans. Mais un an après, la direction annonçait un plan de licenciement...

Ainsi, depuis le début la riposte des salariés est claire : le refus de l’APC - qui devrait engendrer pour les salariés une perte de presque 300 euros sur leurs fiches de paie chaque mois - ainsi que le refus des licenciements.

Le 4 juin dernier, sous la pression des 200 salariés rassemblés, le délégué de FO qui comptait signer l’accord contre la volonté de la majorité des salariés, voire de ses adhérents, a reporté de quelques jours la signature de l’APC. La direction quant à elle a rappelé, à travers son PDG Pascal Lannette et dans un mépris considérable, sa volonté de faire payer la crise aux salariés et d’imposer en force l’APC. L’accord pourrait dès lors être signé ce 10 juin.

Face à cela, les salariés témoignent de leur détermination à se battre « Il faut refuser toute négociation. La société a gagné des millions pendant des années, il faut qu’elle mette la main à la poche pour sauver les emplois ».. Ce mardi 9 juin est organisé un nouveau rassemblement ainsi qu’une journée de grève, lancée par le syndicat l’UNSA SMNSAC aérien.

Rassemblement et appel à la grève qui s’accompagneront d’une Assemblée, impulsée par le collectif de salariés qui vient de se monter et qui réunit plus de 250 salariés de l’entreprise en moins de 48 heures. Ce collectif, lancé par des salariés syndiqués (Unsa CFE-CGC et FO), et non syndiqués, va dans le sens de l’amplification du rapport de force et vise à construire un cadre qui permette à l’ensemble des salariés, syndiqués ou non, de s’engager dans une lutte unitaire contre la direction.

Une combativité exemplaire, qui nous montre la voie à suivre dans le contexte de crise économique, à savoir refuser toute négociation sur le nombre de licenciements et d’acquis sociaux supprimés. Une combativité qu’il est nécessaire de soutenir. Dans cette logique, des travailleurs d’autres boîtes de l’aéronautique, à l’instar de Gaëtan Gracia, militant CGT et travailleur dans le sous-traitant les Ateliers de la Haute Garonne, appelle à rejoindre le rassemblement :

Les attaques qui éclatent au sein de ce sous-traitant aéronautique de premier rang annoncent en effet une offensive plus générale contre l’ensemble du secteur aéronautique, qui va être touché de plein fouet par la crise économique. Beaucoup de travailleurs pointent en effet lors des derniers rassemblements que si « Derichebourg tombe, les autres entreprises du secteur, vont tomber comme des dominos ». La situation des travailleurs de Derichebourg est l’affaire de l’ensemble des travailleurs de l’aéronautique, et, au delà, de l’ensemble de notre classe. D’autant plus au vu du poids du secteur aéronautique à Toulouse, dont les suppressions d’emplois impacteront, indirectement, d’autres secteurs.

Face à la politique que mène le patronat, main dans la main avec le gouvernement, qui vise à faire payer la crise aux salariés, il est primordial que l’on apporte une réponse unitaire. Soyons nombreux ce mardi 9 juin pour les soutenir et montrer que nous ne laisserons pas la crise sanitaire et économique être un prétexte pour licencier et précariser. Contre la division que le patronat cherche à imposer, coordonnons nos luttes, donnons une réponse unitaire. Les travailleurs ne doivent pas payer la crise : ni licenciements ni baisse de salaire !

Pour les soutenir, vous pouvez également signer leur pétition publique, ici




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